Les Portes de la Maison des morts - Le Livre des Martyrs T02 de Steven Erikson

Couverture livre - critique littéraire - Les portes de la maison des morts, tome 2 du Livre des Martyrs de Steven Erikson

Récit

Deuxième tome de la saga épique de Steven Erikson, Les Portes de la Maison des morts nous emmènent sur le vaste continent de Sept-Cités, au cœur du Saint-Désert de Raraku où l'oracle Sha'ik rassemble son armée pour une rébellion des plus sanglantes : un maelström de fanatisme et de férocité qui façonnera des destinées et enfantera des légendes...

Félisine, la plus jeune fille de la Maison Paran, tombée en disgrâce, rêve de vengeance dans les mines d’Otataral.

Pendant ce temps, le sapeur Violain et l'assassin Kalam, deux Brûleurs de Ponts devenus hors-la-loi, se sont fixé comme mission de ramener la jeune Apsalar chez elle et, ce faisant, de confronter l'Impératrice Laseen.

Tandis qu’à Hissar, Coltaine, commandant de la 7ème Armée de Malaz, s'apprête à lancer ses fidèles Wickiens et ses troupes dans une ultime bataille pour sauver les populations jetées sur les routes par le chaos de la rébellion.

C’est ce moment que choisissent deux vagabonds séculaires pour revenir : Mappo le Trell et son compagnon Icarium de demi-sang Jaghut, porteurs d'un secret dévastateur qui menace de rompre ses chaînes à tout instant...

Avis de non objectivité (bis repetita)

Il s'agit de ma troisième lecture de ce tome, donc autant annoncer la couleur de suite : ce livre, c'est de la bombe. Achetez-le, lisez-le, vivez-le ! Faites vous happer par ce récit plein de magie et de fureur.

Bon promis, c'est la dernière fois que je vous fais le coup, pour les prochains, j'attends la traduction en VF depuis plus de 10 ans, donc ça sera (enfin ?) de la critique objective... Enfin objective dans le sens où je ne suis pas sûr de la note à mettre avant lecture hein. Je suis sûr que ça va me plaire.

Un poil excessif ? Vous doutez encore après avoir lu ce premier tome suite à ma première chronique ? Ah que voilà un esprit chagrin ! Et bien pas plus qu'avant, si ce n'est que ce tome est réputé mieux plaire que le précédent.
À titre personnel, je le trouve mieux construit, mais moins plaisant que le
premier. Cela dit, c'est purement cosmétique, vu que je note pas au centième de point.

Impression

Traduction

Concernant la traduction, ce second tome a été traduit pas un traducteur différent du premier tome. Même si une homogénéisation a été réalisé, il apparaît ça et là des différences.
Cela dit, ces variations, sans doute en partie liées à ce changement de traducteur (ils sont 2 à se répartir les 10 tomes de la saga), sont à mon avis principalement lié au changement d'écriture de l'auteur.
En effet, autant le premier tome a été écrit initialement comme base d'un script pour un film, ce dernier n'a pas du tout été conçu avec cette perspective. Ça et le fait que le temps aidant, l'auteur a évoluer aussi dans sa technique d'écriture.
Bref, en tout état de cause, rien ne m'a particulièrement choqué à ce sujet.

Côté coquilles et fautes, il y en a sans aucun doute, mais clairement rien qui ne me fasse regretter ou qui ne vienne gâcher cette lecture.

Pour les termes employés, hormis le « Yep » qui peut s'expliquer dans la bouches des originaires de Sept-Cités, j'ai effectivement eu un peu de mal avec sa fréquence d'emploi, y compris par des personnages qui n'avaient pas nécessairement besoin de l'employer - rapport à leurs origines.
Cela étant dit, c'est pas non plus le point le plus important du récit vous en conviendrez.

Un mot qui m'a paru bizarre au premier abord, est l'emploi du verbe « aspecter » (et de ses dérivés). Ça fait bizarre, cela dit, comme l'utilisation de ce mot se fait en rapport de tout ce qui est impacté, modifié ou mis en œuvre par une garenne de magie, au final, je trouve que ça permet d'établir un vocable associé à l'utilisation de la magie.
Je trouve ça dérangeant à la lecture, mais quelque part, ça permet aussi de mettre un aspect dérangeant dès lors que la magie intervient ce qui n'est pas totalement hors de propos dans le cadre du récit.

En un mot comme en cent : la traduction est tout à fait acceptable (si ce n'est plus - je ne suis pas expert du domaine) et ne m'a pas semblé dénaturer le texte d'origine. Bref, passez oûtre des éventuels commentaires bloquant sur le sujet, même s'ils peuvent être fondés pour certains, ils n'en reste pas moins que l'objectif de nous fournir une belle histoire dans la langue de Molière sans trahir l'auteur est atteint.

Une lecture moins filante

Un dernier point, et non des moindres, c'est que, comme pour le premier tome, un comparatif par rapport à l'édition précédente fait toujours apparaître l'abscence de séparations mises en place lorsque, au sein d'un même chapitre, on change d'acteur, de lieu ou de temps.
Croyez-le ou non, mais dans les anciennes éditions, rien ne séparait physiquement ces changements si ce n'est un saut de paragraphe. Au lecteur de prêter attention et de resituer les éléments lors de leur lecture (et je vous dis pas quand le changement se passait... vers la fin d'une page).
Dans la nouvelle édition, ces changements de points de vue narratifs sont marqués par une triple astérisque.
Si vous voulez voir ce que ça donne en comparaison... Mais c'est pas beau à lire (exemple issu du premier tome - mais c'est identique pour ce second tome).

Couverture

Côté couverture, on est de nouveau servi de manière exceptionnelle par monsieur Simonetti qui s'arrange pour pondre une superbe couverture. Magique et pleinement en conformité avec l'image que je me faisait de la scène.

Il est toutefois assez drôle de voir que la couverture ne s’appuie pas du tout sur la scène montrée par la version américaine, qui elle représentait la rébellion de Sha'ik et la voie des Mains, ni même sur le titre du tome puisque ce n'est pas la Maison des morts qui est représentée.
Et j'avoue que je serai interessé de savoir pourquoi cette scène-là entre toute a été choisie.
Dans tous les cas, j'ai clairement été séduit par cette couverture.

Scénario

Contrairement à l'opus précédent, l'histoire va ici moins s'attacher à des groupes de personnage, mais plus à l'histoire d'un continent, Sept-Cités, et par là des différents groupes qui le parcourent pendant la rébellion de Sha'ik.
Car changement de secteur, l'histoire se déroule sur le continent de Sept-Cités, chronologiquement après le tome 1 (et en même temps que le tome 3).
On va donc avoir un fil rouge bien plus conséquent, à savoir ici la rébellion de Sha'ik et la chaîne des Chiens de Coltaine, ainsi que les différents événements qui s'y raccrochent.

Côté histoire, c'est une histoire épique, une histoire tonitruante, une histoire à couper le souffle fait d'impossibles possibles en ode à la ténacité de l'Homme (pour le meilleur et pour le pire) qui nous est servie.

Des combats à couper le souffle, mais aussi des huis-clos psychologiques (ou psychotiques) et toujours, toujours, des histoires dans les histoires.
Les intrigues politiques, même si plus éloignées et moins au centre du récit, restent présentes et apportent leurs lots de stratégies à tiroirs et de traîtrises qui jaillissent à point nommé à l'encontre des différents partis.

Et toujours, quel amusement, quel plaisir que de voir un détail précédemment remarqué prendre forme ? Quel plaisir de voir remettre en question des scènes vécues plus tôt... et ouvrir des possibilités immenses. Sans parler des remises en question de fond qui apparaissent au fil des pages.

Et puis ce récit apporte aussi de quoi tourmenter nos nuits en nous fournissant de quoi échafauder des hypothèses pour le futur.

Par exemple, en spoiler une théorie qui, n'est pas un spoiler en soi car je ne sais pas si je vise juste ou non, mais basée sur des éléments qui proviennent du récit. À ne lire qu'après lecture du livre donc (ça vous donnera une raison de revenir sur ma chronique !).

Par exemple, la rencontre avec le prêtre Tanno qui engage tant de conséquences. Non seulement dans le déroulement du récit - que vous découvrirez en tant et en heure - mais surtout dans l'ouverture du futur. N'est-il pas dit qu'une chanson d'un prêtre Tanno peut mener à l'ascendance ? Hors si Violain refuse de se faire toucher pour ce faire, il est évident que le prêtre est passé outre dans la suite du récit. Est-ce réellement un prémisse à l'ascendance des Brûleurs de Ponts ? Déjà que les Marines qui ont accompagné Félisine et compagnie sont proches de l'Ascendance...

Bref, amateurs d'intrigues, vous serez servis, comme d'habitude.

Personnages

Côté personnages, même si on reste sur un grand casting, le nombre de personnages significatifs diminue un peu par rapport au premier tome d'une part, mais surtout se recentrent par thématique du récit. Appréhender qui est qui est donc beaucoup plus facile.

Pour le coup, on va avoir plusieurs groupes principaux à suivre :

Coltaine du clan du Corbeau

Coltaine, les Wickiens et la 7ème dans leur périple maudit

Vous cherchiez de l'épique ? Coltaine va vous en remontrer. Lui, ses clans, son armée et Druiker l'Historien impérial vont redéfinir la signification des mots « sacrifice » et « devoir », sans parler de l'humour caustique associée aux différents protagonistes.
Et pour le coup, si vous aviez du mal à vous attacher à des personnages avant, je gage que la 7ème saura compenser les faiblesse de l'armée de Dujek sur le sujet.

Héboric aux doigts légers

Félisine, Héboric et Baudin - le trio improbable

Prisonniers des mines d'Otataral, chacun pour des raisons qui leur sont propres, chacun à la recherche d'un objectif qui lui est propre. Les suivre c'est voir l'évolution psychologique de ces 3 compagnons qui ne se sont pas choisis et qui, pour survivre, devront apprendre à... S'entraider ? Non pas vraiment... À ne pas s’entre-tuer peut-être pour commencer.

Kalam Melkhar - brûleur de ponts

Les Brûleurs de Pont

Une partie de l'escouade est de la partie avec Violain (le sapeur) et Kalam (l'assassin) qui sont partis accompagner Apsalar - anciennement Mes Regrets, fille de pêcheur utilisée par Cotillon / La Corde, le dieu des assassins - à la recherche de son père, le tout accompagné du jeune Crockus - voleur et aussi amoureux d'Apsalar.
On notera que pour aucun des Brûleurs de Pont, cette balade ne semble facile et que les pièges du passé les guettent, Violain ayant fait parti de ceux qui ont conquis le continent par le passé, tandis que Kalam en est originaire avant d'intégrer les Brûleurs de Ponts. Je vous laisse donc imaginer qu'ils n'accompagnent sûrement pas Aspalar par pur altruisme.

À noter que j'ai trouvé que l'évolution de Crockus était « surprenante » au regard de son attitude dans les Jardins de la Lune.

Mappo le Trell et Icarium le demi-Jaghut

Mappo le Trell et Icarium le demi Jaghut

Sans doute le couple de personnage qui m'a fait le plus vibrer. Le mystère qui plane sur leur destiné se dévoile au fur et à mesure de leur périple, et le déchirement qui entache leur amitié est un supplice qui n'a d'équivalent en amertume que la force de leurs liens d'amitié et la durée de leur vagabondage.

Sha'ik et le Tourbillon

Le Saint-désert Raraku

Car au final, n'est-il pas le point central de toutes les histoires qui sont contées ? N'est-il pas celui qu'on découvre au fur et à mesure des périples de chacun ?

Un désert que le récit rend presque aussi complexe qu'une personnage à part entière... Avec un passé tout aussi riche.

Comme pour le premier opus, on croise de jeunes innocents en devenir, mais aussi des vieux briscards brisés par la vie, des jeunes que la vie brise dès le départ, et des vieux briscards qui se redécouvrent une vie.
Chacun des personnages dépeints ont leur propre motivation, leur propre psyché, leurs propres démons et part d'ombre. Le manichéisme n'existe pas. Nul n'est méchant ou gentil par essence. Mais chacun cherche quelque chose à assouvir.
Et c'est l'assemblage de toutes ces motivations, qui vont dans le même sens ou qui s'affrontent, qui donne un aspect si grandiose à cet opus.

Et puis comme j'aime les personnages décalés et cryptiques, un petit coucou à Iksaral Pust, dont la lecture de chacune de ses phrases est source de questionnement et potentiellement de révélations.

Univers

Côté univers, toujours aussi grandiose, toujours aussi bien décrit... et jamais fourni avec le mode opératoire. Au lecteur d'assembler les éléments, de convertir les bribes éparses pour construire le puzzle de ce background grandiose et qui ne fait que s’agrandir.

On notera aussi qu'en plus de s'étoffer, ce background se précise, car on y découvre des éléments qui viennent préciser des éléments introduits précédemment, ou au contraire complexifier ce qui semblait être relativement simple.
« Et derrière chaque réponse se cachent des questions » pourrait être le leitmotiv du background de cette saga.

Ainsi, on en apprendra plus notamment sur les Jaghuts et les T'Lan Imass, sur les Azaths, sur les Tistes Andii et sur les Garennes. Des notions déjà rencontrées dans le tome 1 mais qui se verront préciser à tout le moins.

Note

Un 20/20 pour ce tome.

Ce tome manie l'épique avec maestria. Je ne crois pas avoir encore croisé de livre de Fantasy m'ayant fait ressentir cela comme ça.

Ce tome est moins difficile d'accès que le premier opus, sans toutefois en venir à vous prendre par la main, ce n'est clairement pas le style de l'auteur.
Il est épique certes, mais il n'en reste pas moins au lecteur de réfléchir et d'assembler par lui même les éléments de complément de l'univers d'une part, mais aussi des différentes intrigues qui émergent ça et là.

À titre personnel, je le trouve légèrement en deçà du précédent tome, sans doute du fait d'un nombre d'intrigues au m² en baisse, mais on reste quand même sur un summum du genre.

Complexe, riche, et ô combien bien construit. Continuez avec moi dans ce superbe univers ! Laissez-vous tenter, vous ne serez pas déçu... Et rendez-vous rapidement pour la suite... inédite en VF !

PS : ah oui, j'ai rien dit à ce sujet, mais quand même... quel final !

Série : Le cycle malazéen

Le livre des Martyrs

  1. Les Jardins de la Lune (avis)
  2. Les Portes de la Maison des morts (avis)
  3. Les Souvenirs de la glace (non lu)
  4. La Maison des chaînes (prévu 2019)
  5. Les Marées de minuit (prévu 2020)
  6. Les Osseleurs (prévu 2020)
  7. Le Souffle du Moissonneur (prévu 2021)
  8. La Rançon des Molosses (prévu 2021)
  9. Poussières de rêves (prévu 2022)
  10. Le Dieu estropié (prévu 2022)

Novels of the Malazan Empire

  1. [Night of Knives (non traduit)]
  2. [Return of the Crimson Guard (non traduit)]
  3. [Stonewielder (non traduit)]
  4. [Orb, Sceptre, Throne (non traduit)]
  5. [Blood and Bone (non traduit)]
  6. [Assail (non traduit)]

Path to Ascendancy

  1. [Dancer's Lament (non traduit)]
  2. [Deadhouse Landing (non traduit)]
  3. [Kellanved’s Reach (non traduit)]

The Kharkanas Trilogy

  1. [Forge of Darkness (non traduit)]
  2. [Fall of Light (non traduit)]
  3. [Walk in Shadow (en cours d'écriture)]

The Witness Trilogy

  1. [The God is Not Willing (en cours d'écriture)]

Tales of Bauchelain and Korbal Broach

  1. [Blood Follows (non traduit)]
  2. [The Healthy Dead (non traduit)]
  3. [The Lees of Laughter's End (non traduit)]
  4. [Crack’d Pot Trail (non traduit)]
  5. [The Wurms of Blearmouth (non traduit)]
  6. [The Fiends of Nightmaria (non traduit)]


Les Jardins de la Lune - Le Livre des Martyrs T01 de Steven Erikson

Couverture livre - critique littéraire - Les jardins de la Lune, tome 1 du Livre des Martyrs de Steven Erikson

Récit

Saigné à blanc par des luttes intestines, d'interminables guerres et plusieurs confrontations sanglantes avec le seigneur Anomander Rake et ses Tistes Andii, le tentaculaire Empire malazéen frémit de mécontentement. Les légions impériales elles-mêmes aspirent à un peu de répit.

Pour le sergent Mésangeai et ses Brûleurs de Ponts, ainsi que pour Loquevoile, seule mage survivante de la 2ème armée, les contrecoups du siège de Pale auraient dû représenter un temps de deuil. Mais Darujhistan, la dernière des Villes libres de Genabackis, tient encore et toujours bon et l'ambition de l'Impératrice Laseen ne connaît aucune limite.

Cependant, il semble que l'Empire ne soit pas la seule puissance impliquée. De sinistres forces sont à l’œuvre dans l'ombre, tandis que les dieux eux-mêmes se préparent à abattre leurs cartes...

Autour du livre (ou l'introduction à ma critique)

Avis de non objectivité

Il s'agit de ma quatrième lecture de ce tome, donc autant annoncer la couleur de suite : ce livre, c'est de la bombe. Achetez-le, lisez-le, vivez-le ! Faites vous happer par ce récit plein de magie et de fureur.
Un poil excessif ? Que nenni. Mais au moins, maintenant, vous savez que cette chronique sera totalement partiale, ne serait-ce que parce que ça fait un peu plus de 10 ans que j'attends la traduction des autres tomes de la saga (le troisième devrait arrivé pour mai 2019... Youpi !).
Par ailleurs il s'agit de ma série de Fantasy préférée, parmi toutes celles que j'ai eu l'occasion de découvrir jusqu'à ce jour. Le décor est donc planté, place à l'action.

Historique (et futur) de la saga en France

Le Livre des Martyrs, anciennement dénommé Le Livre malazéen des glorieux Défunts est un best-seller outre-Atlantique, traduit dans 21 langues qui plus est. Les deux premiers tomes ont subis respectivement deux et une éditions en français mais réalisées par des éditeurs « généralistes » qui n'ont manifestement pas su (voulu ?) communiquer sur leurs parutions.
Au final, seuls les 2 premiers tomes ont été traduits en français, et aucune parution des tomes suivants n'était prévue.

Pis, le double échec éditorial, malgré le peu de publicité faite alors, ainsi sans doute le fait qu'il s'agisse d'une décalogie ont rendu le projet trop incertain pour l'ensemble des éditeur spécialisés en fantasy ces 10 dernières années (enfin c'est ce qu'elles répondaient quand on les harcelait pour relever le flambeau).
Jusqu'à dernièrement en tout cas car les éditions Léha, peut-être parce que toute jeune et ayant donc un nom à se faire, relèvent le défi et s'apprêtent à publier les 10 tomes de l'arc principal de Steven Erikson.

Les éditions Léha ont donc pour objectif de (re)traduire les 10 romans, à hauteur d'un tous les 6 mois (avec 2 traducteurs se relayant d'un tome à l'autre). Un rythme intense mais qui a le mérite de pouvoir coller les lecteurs à la sortie des différents tomes, sans sortir de leur tête. Un vrai plus à mon avis.
Peut-être qu'on pourra même avoir les autres romans de l'univers plus tard
(cf. en fin de chronique pour le détail des parutions dans l'univers), on peut toujours espérer, surtout si le succès de vente pour ce premier tome se confirme sur les tomes ultérieurs.

Étude comparative

Ayant lu les 3 éditions de ce premier tome, voici les quelques différences que j'ai pu voir.
Vous pouvez sauter directement au point suivant qui parlera de la critique proprement dite, cela dit, quitte à avoir lu les 3 éditions, autant vous conforter dans l'idée d'acheter la nouvelle, quelques arguments à l'appui.

Traduction

Comparativement aux 2 anciennes éditions, la traduction a été totalement reprise, avec des choix de traduction totalement différent. N'étant nullement qualifié pour disséquer les choix de traductions, tant d'un point de vue style en français que d'un point de vue traduction depuis l'anglais, je ne peux que dire que cela change la saveur de certains passages.

Parfois en mieux, la traduction des sobriquets qui servent de nom dans l'armée malazéenne donne une saveur particulière - notamment en cherchant à comprendre d'où ils peuvent venir / ce qu'ils peuvent signifier / ce qu'ils disent sur le personnage.

Parfois en moins bien, la traduction de la manifestation de la magie (warren en anglais) de labyrinthe (ancienne édition) à garenne (nouvelle édition) m'a semblé bien moins visuelle et moins adaptée. Peut-être est-ce plus proche du vrai sens que voulait donner Steven Erikson (la traduction étant faite par 2 passionnés de la saga), mais ça me semble moins parlant sur les 2 premiers tomes existant.

Dans tous les cas, les nouveaux choix de traduction ne m'ont pas spécialement gêné, sauf pour les noms des personnages, où j'ai du faire le recollement entre qui est qui par rapport aux anciennes éditions (enfin gêné est un bien grand mot).

Coquilles

Je ne suis clairement pas à la recherche d'icelles lors de mes lectures, mais la première édition en avait et la seconde édition en était truffée. Au point que j'ai revendu ma seconde édition immédiatement après lecture, la première étant clairement plus digeste.
Sur ce point, cette nouvelle édition n'en n'est pas exsangue, mais dans une très large moindre mesure. Ça fait plaisir de voir un traitement du texte plus en phase avec la qualité de l'écrit.

Au fil de la lecture

Un dernier point, et non des moindres, c'est la présentation des éléments dans le livre. Si le chapitrage et les extraits de textes obscurs, qui ne trouvent lien avec le chapitre qu'ils introduisent qu'à la fin de la lecture de ce dernier, sont similaires pour l'ensemble des éditions, il est un élément qui parait bête, simple, c'est les séparations mises en place lorsque, au sein d'un même chapitre, on change d'acteur, de lieu ou de temps.

Croyez-le ou non, mais dans les anciennes éditions, rien ne séparait physiquement ces changements si ce n'est un saut de paragraphe. Au lecteur de prêter attention et de resituer les éléments lors de leur lecture.
Dans la nouvelle édition, ces changements sont signalés par une triple astérisque. Ça n'a l'air de rien comme ça, mais lors de cette lecture, j'ai été étonné de sentir que je trouvais cette dernière plus simple, plus fluide que lors de mes précédentes lectures (et comme ça doit faire environ 10 ans que je ne l'avais pas relu, ce n'étaient pas liés aux souvenirs... Enfin pas plus que lors des précédentes relectures).
Et ce n'est qu'en remarquant ce point, que je me suis souvenu que J.-Ph. Mocci (fondateur des éditions Léha) m'avait fait remarqué ce point.
Et donc oui, le simple fait de marquer ces changements rend beaucoup plus fluide la lecture et décharge le cerveau de ce qu'il a à traiter dans le cadre de la lecture. Et ça c'est quand même plus que bien vu l'univers et l'histoire en présence.
Suite à demande, vous pouvez voir une retranscription d'un passage dans la 1ère et 3ème édition pour vous faire une idée plus concrète (garanti sans spoil).

Bref, à choisir, prenez cette nouvelle édition qui est meilleur sur bien des points - sans vouloir entrer dans le débat du choix de traduction de différents termes (oui parce-que Violain, c'est sympa, mais je préférai Crincrin... Ah oui, j'avais dis que je ne rentrai pas dans le débat).

Impression

Après ces digressions, parlons du livre, et pour commencer de sa couverture.
L'illustrateur a fait un boulot exceptionnel, retranscrivant parfaitement l'atmosphère associée à la scène en question (le siège de Pale, vous verrez, vous y arrivez rapidement).
Y ressentez vous l'oppression du conflit, le gigantisme ? Et bien gardez cela en tête car ce livre n'est que gigantisme (je vous ai dit que je ne serai pas objectif).
Par ailleurs, je vous laisse vous faire une idée sur quelle est la couverture la plus belle entre les 3 éditions françaises :
Couverture livre - critique littéraire - Les jardins de la Lune, tome 1 du Livre des Martyrs de Steven Erikson - 1ère édition Couverture livre - critique littéraire - Les jardins de la Lune, tome 1 du Livre des Martyrs de Steven Erikson - 2ème édition Couverture livre - critique littéraire - Les jardins de la Lune, tome 1 du Livre des Martyrs de Steven Erikson - 3ème édition

Je parlais donc de gigantisme...

Personnages

Gigantisme pour commencer par le nombre de protagonistes « importants » entrant en jeu. Par important, il faut comprendre qui ont une réelle influence sur l'histoire.

  • L'Empire malazéen en premier lieu, envahisseur cherchant à conquérir le continent.
  • Les locaux qui cherchent à résister à l'Empire.
  • Les Tiistes Andiis et Sangdelune, la jolie lune flottante que vous pouvez apercevoir sur la couverture.
  • Mais aussi des dieux (oui au pluriel) qui veulent intervenir directement ou par le truchement de « représentant » plus ou moins volontaires.
  • Et d'autres encore, mais je vous en laisse la surprise.

Anomander Rake

Bref, une véritable palette de personnages importants. Ça peut constituer une difficulté, mais chaque personnage possède bien sa vie propre, ses qualités et défauts, sa manière d'être.
Par ailleurs, il est à noter en fin de livre un lexique / guide des factions qui pourra rapidement resituer certains personnages en cas de besoin.
D'ailleurs, ne vous attendez pas à découvrir un héros en devenir, dont une quête l'attend pour éveiller ce quelque chose d’exceptionnel qu'il a en lui. On y croise de jeunes innocents en devenir certes. Mais aussi et surtout des vieux briscards brisés par la vie, des hommes et femmes au sommet de leur art, et possesseurs de doses de cynisme assez jouissives.

Gigantisme dans le traitement des puissances en jeu.
« Le pouvoir appelle le pouvoir » est un des credos mis en application dans ce livre. Et chose remarquable, les plus puissants présents ne sont jamais sans équivalents en terme de puissance. Enfin en terme de puissance brute peut-être, mais comme tout est affaire de circonstances... Nous n'assistons donc pas à l'arrivée d'un deus ex machina, alors que pourtant, des dieux entrent dans l'arène... et n'en sortent pas nécessairement indemne. C'est un des points que j'ai particulièrement apprécié. Si l'on cherche à s'impliquer, on prend des risques dans ce monde. Cet adage s'applique aux plus faibles comme aux plus puissants.

Scénario

Gigantisme aussi, vis à vis du traitement de l'histoire.
Des histoires dans les histoires. Des intrigues politiques qui s’emmêlent les unes aux autres, des stratégies à tiroirs, des allégeances changeantes, les traîtrises qui jaillissent pour retomber en laissant un goût de suspens sur comment l'ensemble de l’œuvre va en être affecté.
Quel amusement, quel plaisir que de voir un détail précédemment remarqué prendre forme ? Que tel autre, passé dans l'oubli, ressort nous imposant un retournement de situation puissant comme un 33 tonnes sans freins, et qui pourtant, a toujours été là, en filigrane, en arrière plan...
Bref, une histoire pleine de faux-semblant, pleine de plans qui ne survivent pas à l'engagement et pleine de rebondissements à vous faire de multiples entorses au cerveau.
Amateurs d'intrigues, vous serez servis.

Carte du continent Genabackis

Univers

Gigantisme enfin question univers, on l'on est encore bien servi (ou à tout le moins on peut facilement présumer de la portée gigantesque de celui-ci sur la base de certains prémisses exposés).
Mais autant avertir, on entre en direct dans le monde. Je suis adepte du procédé, mais ici personne ne va vous tenir la main pour découvrir l'univers. Pas d'inquiétude, on le découvre au fur et à mesure, en partant sur la base d'un monde médiéval fantasy classique, on n'est pas spécialement dépaysé. Puis les actions des différents personnages nous font découvrir le monde, ses spécificités, les forces en présence.

Enfin on goûte au système de magie de cet univers, les fameuses garennes. À la fois totalement intégrées dans l'univers, faisant directement parti de la réalité tout en y étant pas. Source de la magie personnelle des mages et sorciers (qui ouvrent une porte vers la garenne et mettent en forme l'énergie magique qui en sourd) mais aussi domaine d’existence que l'on peut parcourir et traverser.
Évidemment plusieurs types de garennes existent, fournissant des pouvoirs associés à son domaine même si l'ensemble reste mystérieux à souhait, vu qu'on ne tombe pas sur un cours de magie magistral (on est plutôt sur le genre « travaux pratiques »).
Ainsi plusieurs grands types de garennes émergent :

  • Les garennes dites récentes, correspondant principalement aux garennes que peuvent utiliser les humains. Ainsi par exemple, la garenne Denul associée au domaine de la guérison est la garenne utilisée par les mages guérisseurs. Les plus fréquentes sont précisées dans l'annexe, mais une chose est sure, le nom de la garenne n'est pas une grande aide pour mémoriser le domaine auquel elle est associée. Par ailleurs, certains domaines peuvent être assez proches (ténèbre et ombre par exemple) même si les différences sont dans les faits significatives.
    La plupart des mages ne peuvent s'ouvrir qu'à une seule garenne, rarement plus de deux. Cela dit, le nombre de garenne accessible à un mage ne préfigure pas de sa puissance. En effet la maîtrise complète d'une garenne (traduit par le rang de haut-mage chez les malazéens) surpasse en puissance le fait de pouvoir accéder à plusieurs garennes. Ces derniers sont juste plus versatiles du fait de l'accès à plusieurs domaines de sort différent. Ainsi par exemple le Haut-Mage Tayschrenn maîtrise les garennes Thyr (domaine de la lumière) et Telas (domaine du feu).
  • Les garennes anciennes. Elles sont associées à une ancienne race et, sauf exception, seuls un membre de cette race peut utiliser la garenne associée. A contrario les membres de ces races semblent ne pouvoir utiliser que la garenne qui est associée à la leur.
  • La garenne du chaos, dite garenne remplissant le vide entre les autres garennes. Sans domaine affiliée et donc capable du pire (parce que pour le meilleur, dans cette saga, vous repasserez).
  • Les garennes ne fournissant pas spécifiquement de magie : utilisées pour les propriétés de la garenne elle-même. Ainsi on croisera la garenne de l'Empire malazéen qui lui sert à parcourir de grandes distances en peu de temps ou bien celle d'Aral Gamelon, garenne des démons qui est utilisée pour faire venir certains de leurs habitants parmi les nôtres (et je vous laisse imaginer la fête qui va avec) en passant des contrats avec eux.

Et le reste...

Humm, que vous dire de plus, oui, je classe ce livre en Dark-Fantasy, tant l'univers est sombre pour beaucoup des personnages et tant chaque chose a un coût souvent loin d'être modéré.

Ah oui, il était d'usage de dire que ce tome est difficile d'accès. Flamboyant ou que sais-je encore mais difficile. C'est moins le cas.
Évidemment, les intrigues vous demanderont de la concentration tant un élément mentionné 150 pages plus tôt peut être un indice important qui vous fera dire « mais bien sûr, pourquoi je ne l'ai pas vu venir ».
Évidemment, il faut savoir jongler avec le nombre de personnages et les intrigues qui les relient entre eux.
Mais pourtant ce n'est clairement pas l'un des livres les plus exigeants que j'ai pu lire. Et l'une des raisons qui fait que ce qui se disait sur ce point est à mon sens caduque, c'est la séparation des changements de points de vue / de personnages évoqués plus haut. Un changement de peu mais qui rend l'ensemble beaucoup plus lisible et structuré. Et ça se sent énormément (cf. un exemple retranscrit ici - garanti sans spoil).

Note

Un 20/20 pour ce tome.
Fan de cette saga, et de ce tome en particulier, vous ne vous offusquerez pas de cette note, surtout au regard du fait que j'aime les livres présentant des intrigues complexes.
Ici un nouvel univers vous tend les bras. Complexe, riche, et ô combien bien construit. Pénétrez avec moi dans ce superbe univers ! Laissez-vous tenter, vous ne serez pas déçu.

Série : Le cycle malazéen

Le livre des Martyrs

  1. Les Jardins de la Lune (avis)
  2. Les Portes de la Maison des morts (avis)
  3. Les Souvenirs de la glace (non lu)
  4. La Maison des chaînes (prévu 2019)
  5. Les Marées de minuit (prévu 2020)
  6. Les Osseleurs (prévu 2020)
  7. Le Souffle du Moissonneur (prévu 2021)
  8. La Rançon des Molosses (prévu 2021)
  9. Poussières de rêves (prévu 2022)
  10. Le Dieu estropié (prévu 2022)

Novels of the Malazan Empire

  1. [Night of Knives (non traduit)]
  2. [Return of the Crimson Guard (non traduit)]
  3. [Stonewielder (non traduit)]
  4. [Orb, Sceptre, Throne (non traduit)]
  5. [Blood and Bone (non traduit)]
  6. [Assail (non traduit)]

Path to Ascendancy

  1. [Dancer's Lament (non traduit)]
  2. [Deadhouse Landing (non traduit)]
  3. [Kellanved’s Reach (non traduit)]

The Kharkanas Trilogy

  1. [Forge of Darkness (non traduit)]
  2. [Fall of Light (non traduit)]
  3. [Walk in Shadow (en cours d'écriture)]

The Witness Trilogy

  1. [The God is Not Willing (en cours d'écriture)]

Tales of Bauchelain and Korbal Broach

  1. [Blood Follows (non traduit)]
  2. [The Healthy Dead (non traduit)]
  3. [The Lees of Laughter's End (non traduit)]
  4. [Crack’d Pot Trail (non traduit)]
  5. [The Wurms of Blearmouth (non traduit)]
  6. [The Fiends of Nightmaria (non traduit)]


La république des voleurs - Les Salauds Gentilshommes, T03 de Scott Lynch

http://www.livraddict.com/biblio/livre/les-salauds-gentilshommes-tome-3-la-republique-des-voleurs.html

Récit

Après le plus grand casse de leur carrière, Locke et son inséparable complice, Jean, ont réussi à s’échapper. Mais Locke ne s’en est pas tiré indemne : empoisonné, il est mourant. Aucun alchimiste n’est en mesure de l’aider. Alors que le moment fatidique approche, une mystérieuse Mage Esclave lui propose un marché qui le sauvera ou mettra un terme à ses souffrances. Locke hésite, jusqu’à ce que la mage mentionne le nom d’une femme qu’il a connue par le passé. L’amour de sa vie. Sa rivale en matière d’habileté et d’intelligence. Et, s’il accepte cette mission, son plus dangereux adversaire.
À l’approche des élections de la cité des mages, les différentes factions recrutent leurs stratèges. Locke doit faire un choix : affronter ou séduire celle qu’il n’a jamais pu oublier. Leurs vies dépendent peut-être de sa décision…


Impression

Suite du
premier tome et second tome qui m'avaient tous deux emballés, nous voici happés dans les tourments de la vie tumultueuse de nos chers voleurs. Et pour une fois, ce n'est pas Locke qui va chercher les ennuis, mais les ennuis qui vont venir les chercher... Ça change non ?

D'un point de vue stylistique, on continue avec le partage de l'histoire entre le présent (les élections à Khartain) et le passé (la pièce de théâtre dont est tiré le titre de cet opus) au travers de flashbacks s’intercalant dans l'histoire (j'allais dire principale... mais pas vraiment, chacune ayant son propre intérêt).
Cette narration en 2 histoires entremêlées est de nouveau réalisée d'une main de maître par Scott Lynch, qui arrive à raccrocher chacune des histoires en un ensemble de va et vient formant comme une chorégraphie... Voire même la trame d'une pièce de théâtre.

Côté histoire, cette fois-ci point de grand coup monté pour suivre les préceptes du 13ème. Jean et Locke se voient confier une mission qu'ils ne peuvent refuser... D'autant que c'est pour le compte des fameux mage-esclaves de Khartain (employeur pour le moins présomptueux et peu ouvert à la discussion).
Il s'agit de faire gagner la prochaine élection, théâtre d'un jeu de pouvoir entre 2 factions des mage-esclaves.
Une aventure clairement moins rocambolesque que les deux précédentes, mais qui se rattrape en nous fournissant son lot de découvertes concernant les fameux mage-esclaves si craints et mystérieux que l'on croise dans les 2 précédents tomes.
On y apprend aussi un peu plus sur le passé de Locke... Ce qui n'est pas simple, vous en conviendrez et on découvrira un Jean qui prend une plus grande envergure que dans les précédents tomes (enfin je trouve).

Dans le passé, on retrouvera la bande du premier tome (sans Moucheron) mais avec les frères Senza plus excités que jamais, la puberté obligeant.
Et cerise sur le gâteau, on apprendra à découvrir qui est la fameuse Sabetha, personnage occupant l'esprit de Locke mais qui n'était jamais présente.

Ah mais aurai-je oublié de vous le préciser ? L'adversaire de Locke et Jean pour les élections... ne sera personne d'autre que l'élue du cœur de Locke. La découverte de qui est Sabetha passé et présente sera donc le fil rouge de cet opus.

Côté background de l'univers, on le complète un peu plus puisqu'on découvre une nouvelle cité, avec ses propres règles, sa propre culture et qui est le chef-lieu des mage-esclaves. Tout un programme.
De manière identique aux 2 précédents tomes, un background cohérent, fourni et envouteur.

Côté plume, on retrouve tout ce qui nous a plu dans les précédents tomes, la complexité de l'intrigue en moins, mais clairement compensé par des découvertes sur le passé de Locke, Sabetha ainsi que des éléments importants concernant le monde.

Les personnages sont toujours aussi bien décrits. Bourrés de talents, mais emplis de défauts. Toujours aussi inaccessiblement réalistes.

Enfin, la fin de ce tome est magnifique, tout en interrogations... et laisse présager de funestes choses pour le 4ème tome (qui devrait sortir fin septembre en VO si mes souvenirs sont bons).

Au final, une véritable jouissance que de lire (que dis-je de se laisser porter) par ce livre.

Note

Un 20/20 pour ce livre.
Ambiance, personnages, style d'écriture et background, tous s'associent en parfaite harmonie pour nous servir une histoire captivante, moins par les rebondissements (bien que présents et entraînants) comparativement aux précédents tomes, mais surtout par les découvertes sur le monde et nos héros qui accompagnent cette lecture.
Comparés au précédents tomes (1 et 2), le rythme y est tout aussi intense et les intrigues moins complexes (mais toujours aussi agréables à suivre).
Ce troisième tome réussit donc à maintenir la qualité et l'intérêt de ce cycle, ce qui lui permet de conserver son 20/20.

Pour conclure... vivement la lecture du 4ème tome !

Série : Les Salauds Gentilshommes

  1. Les Mensonges de Locke Lamora (avis)
  2. Des horizons rouge sang (avis)
  3. La république des voleurs (avis)
  4. La ronce d'Emberlain (non traduit)
  5. [The Ministry of Necessity (non écrit)]
  6. [The Mage and the Master Spy (non écrit)]
  7. [Inherit the Night (non écrit)]
  8. [The Bastards and the Knives (non traduit)]

Le sang - Le dernier souffle, T02 de Fiona McIntosh

Couverture livre - critique littéraire - Le dernier souffle - tome 2 - le sang

Récit

Le destin de trois royaumes ne tient plus qu'à un fil lorsqu'un jeune guerrier se lance dans une quête éperdue pour lever la terrible malédiction qui pèse sur lui. Le général Wyl Thirsk de Morgravia a vu son meilleur ami se faire décapiter, sa sœur torturée et l'homme qui l'a élevé envoyé à une mort certaine - tout ça par la faute de son souverain, le sinistre et cruel Celimus. Et voici que ce roi haïssable vient de jeter son dévolu sur Briavel - le royaume voisin dont la jeune et jolie reine Valentyna paraît condamnée à une alliance politique que son cœur refuse. Pour sauver celle qu'il aime de ce piège mortel, Wyl n'a plus d'autre choix que... trahir et se battre. Mais le destin est retors et Wyl va être emporté bien loin des machinations diaboliques de l'odieux Celimus. Comme la guerre menace aux frontières Nord où le roi des Barbares ourdit ses complots contre le Sud, Wyl doit absolument trouver celui par qui lui est venu le don - et enfin maîtriser ce maléfice qui a plongé sa vie dans le chaos et menace de détruire les trois royaumes.

Impression

Je donne le ton : attention coup de cœur (la suite) !
Car pour commencer par le résumé, ce second tome continue dans la lancée du premier, l'introduction en moins. C'est donc du très très bon
(vous pouvez notamment relire ma chronique du premier tome).

Pour resituer la chose, nous nous trouvons dans un monde médiéval et classique à l'extrême.
La magie y est toujours présente, mais bien que plus présente que dans le premier tome, on découvre aussi son coût qui explique notamment le fait qu'elle se fasse si rare. Et ça, c'est ce qui permet d'avoir un roman où la magie ne fera pas tout (et c'est bien... enfin je trouve).

Durant ce livre on continuera de suivre les aventures du général Wyl (le bon) et de son archétype opposé le roi Celimus, sadique et maléfique à souhait. Encore une fois, même si on s'enferme dans la classique lutte du bien contre le mal, présente dans les grands classiques de la fantasy, l'ensemble de l'histoire apporte fluidité et envie de découvrir la suite qui permet à ce que ça ne soit pas un écueil.
Et pour cause, même si l'univers et les protagonistes sont des archétypes de la Fantasy (preux chevalier, prince jaloux et sadique, mercenaire au grand cœur), l'histoire qui leur est associée n'est pas qu'une adaptation d'un classique du genre. La trame de l'histoire sort des sentiers battus et accompagne ces archétypes pour en faire... autre chose.

Côté rythme, ce dernier est plus intense que dans le premier tome. De fait, passé l'introduction, place au déroulement du récit. Cela étant dit, il ne s'agit pas d'un rythme démentiel. Et bien que celui-ci soit assez soutenu, on trouve le temps de bien pouvoir intégrer les différentes implications des différents revirement pour les différents groupes de personnages que l'on suit.
L'intrigue qui se densifie avec l'arrivée de nouveaux protagonistes et de certaines révélations est toujours aussi prenante et on ne peut continuer à lire pour voir où tout cela va terminer.

Côté plume, comme pour le premier tome, il est à la fois vif et brusque dans les combats, mais sait aussi se faire poétique et contemplatif à d'autres moments. Une véritable osmose avec l'histoire que cette plume supporte.

Même si j'avais prévu à l'avance pas mal de points de l'histoire, la façon dont les choses se déroulent dans les détails permet de garder tout l'intérêt à l'histoire.

Note
Un 20/20 pour ce livre. Vous l'aurez compris, et comme pour le premier tome, entre une plume qui s'adapte au récit, des personnages bien décrits et dont les affres nous donnent envie de suivre leurs frasques, j'ai été subjugué par ce livre que je vous recommande fortement. Restant dans les grands canons de la Fantasy médiévale, l'auteur a su ajouté des éléments qui permettent à cet univers de se démarquer. À très bientôt donc, pour le dernier tome de cette saga.

Série : Dernier souffle (Le)

  1. Le Don (chroniqué)
  2. Le Sang (chroniqué)
  3. L'Âme (chroniqué)

Des horizons rouge sang - Les Salauds Gentilshommes, T02 de Scott Lynch

Couverture livre - critique littéraire - Salauds Gentilshommes - des horizons rouge sang

Récit

Locke Lamora, l'ancienne Ronce de Camorr, et son comparse Jean Tannen ont fui leur cité natale. Ils ont embarqué à bord d'un navire et gagné la cité-État de Tal Verrar, où ils prévoient bientôt de réaliser leur forfait le plus spectaculaire : s'attaquer à L'Aiguille du péché, une maison de jeu réservée à l'élite et voler son incommensurable trésor. Il n'existe qu'une façon de s'approprier l'argent de cet établissement: le gagner aux divers jeux qu'il propose à ses clients. Un domaine que Locke et Jean croient connaître sur le bout des doigts. Mais, une fois encore, les deux compères se retrouvent embringués dans des aventures imprévues... et devront se frotter à la flotte pirate de la redoutable capitaine Zamira Drakasha. Une véritable sinécure pour des voleurs qui ne distinguent pas bâbord de tribord ! Et pendant ce temps, les Mages Esclaves fomentent leur revanche contre celui qui les a humiliés et croit avoir échappé à leur châtiment: un certain Locke Lamora.

Impression

Suite du premier tome qui m'avait emballé, nous voici happés dans les tourments que ne cessent de chercher / attirer / revendiquer nos deux voleurs.

Et bien que la suite d'un superbe roman peut parfois laisser un goût amer (c'est sans doute pour cela que j'ai attendu autant de temps avant de lire la suite... enfin ça et ma PAL...), monsieur Scott Lynch arrive a évité cet écueil d'une part, mais surtout il arrive même à faire mieux que le précédent tome ! C'est dire.

Encore une fois on retrouve un livre complet : back-ground, personnages, style d'écriture, etc. sont présents pour monter cette histoire vers le grand plaisir qu'elle est.

Côté back-ground, on reste dans l'univers créé précédemment, mais on change complètement de décors. Et de nouveau, on découvre des lieux parfaitement décrits, avec, pour chacun, une véritable "écologie", et qui ne ressemblent en rien à Camorr précédent lieu de forfaiture de nos voleurs de haute voltige.

Encore une fois, rien n'est décrit gratuitement. Et même si tout sert à densifier la réalité du background, tout va servir à un moment ou un autre. De façon marginale ou pas, rien n'est gratuit, tout est pensé... et ça donne une grande richesse et texture à l'ensemble.

Côté personnage, on est servi par le truculent Locke Lamora et son fidèle compagnon Jean Tannen.
Si vous avez déjà lu le précédent roman, on ne peut que retrouver avec délectation ce "couple" et leurs mille et une péripéties.
Seulement voilà, ces personnages ont :
1/ une envie irrésistible (si ce n'est un devoir religieux) d'aller soulager les riches de leur vie par trop confortable ;
2/ déjà dans leur passé beaucoup de casseroles... dont certaines se rappellent à leur bon souvenir... et pas des moindres.

Et c'est sans doute ce qui fait l'apothéose de ces personnages :
1/ terriblement bien décrits, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs hésitations, leurs peurs et leurs secrets ;
2/ si humains d'une part, et si inhumains de part leurs capacités par ailleurs ;
3/ mais surtout, qui ne sont pas protégés par quelque divinité penchée sur leur sort : j'entends qu'ils risquent beaucoup de chose, ont beaucoup de talents et de chance... Mais qu'est-ce qu'ils mangent en retour aussi.
Et je pense que c'est vraiment ce dernier point, le fait que l'auteur ne protège pas ses personnages, qui fait qu'on ne peut rester insensible à leur situation.
Car s'il est une chose vraie dans ce cycle, c'est qu'on paye toujours un jour... Et parfois avec les intérêts.

Niveau écriture enfin, on se retrouve avec une histoire pleine de rebondissements. Les intrigues se mélangent, sans toutefois être difficiles à suivre et les rebonds de l'histoire font prendre la sauce.
Il faut évidemment aimer les histoires à tiroirs, les faux semblants et les plans un minimum tortueux... Mais l'art est aussi dans le fait de ne jamais perdre son lecteur dans cet imbroglio d'intrigues.

Dernier point, identique au précédent tome : ce livre mêle tour à tour l'histoire d'aujourd'hui et des retours en arrière sur le passé des personnages principaux. La force est d'avoir réussi à les placer au bon moment. Chacun de ces retours en arrière permet d'une part de mieux connaître les protagonistes, mais aussi d'expliquer la situation actuelle de part le passé.
De ce fait, on nous propose des personnages denses, détaillés, et avec une histoire qui influence l'ensemble.

Au final, une véritable jouissance que de lire (que dis-je de se laisser porter) par ce livre.

Note

Un 20/20 pour ce livre.
Ambiance, personnages, style d'écriture et back-ground, tous s'associent en parfaite harmonie pour nous servir une histoire captivante.
Comparé au précédent tome, le rythme y est plus intense et les intrigues un peu plus complexe. Ce second tome réussi donc à récupérer les points qui manquaient au précédent opus pour atteindre le 20/20.

Pour conclure... vivement la lecture du 3ème tome !

Série : Les Salauds Gentilshommes

  1. Les Mensonges de Locke Lamora (avis)
  2. Des horizons rouge sang (avis)
  3. La république des voleurs (avis)
  4. La ronce d'Emberlain (non traduit)
  5. [The Ministry of Necessity (non écrit)]
  6. [The Mage and the Master Spy (non écrit)]
  7. [Inherit the Night (non écrit)]
  8. [The Bastards and the Knives (non traduit)]

Le Don - Le dernier souffle, T01 de Fiona McIntosh

Le Don - Le dernier souffle, T01 de Fiona McIntosh

Récit

Encore adolescent, Wyl Thirsk doit assumer le rôle pour lequel on le destinait depuis sa naissance : commandant en chef des armées de Morgravia! Une responsabilité qui le conduit à la cour du prince Celimus, un despote sadique. Là, un geste de bonté envers une sorcière condamnée au bûcher vaudra à Wyl un don miraculeux, ainsi que la colère de son seigneur et maître.
Contraint de lui obéir, Wyl est envoyé au Nord où la guerre menace, pour une mission suicidaire à la cour ennemie... avec pour seule arme un mystérieux pouvoir dont il ne soupçonne pas même l'existence. Or, s'il n'embrasse pas le Dernier Souffle, il signera sa perte... et celle du pays qu'il a juré de défendre.


Impression

Je donne le ton : attention coup de cœur !

Bienvenue dans un monde médiéval et classique à l'extrême.
La magie y est présente, mais en touche éparse, notamment parce qu'on avait la fâcheuse habitude de cramer les pratiquant de la sorcellerie.

Durant ce livre on suivra les aventures du général Wyl, que l'on pourrait apparenter à l'homme bon dans toute son archétype opposé à son futur roi le prince Celimus, sadique et maléfique à souhait.
On pourrait supposer que sur cette base on s'enferme dans la classique lutte du bien contre le mal, présente dans les grands classiques de la fantasy, mais le Don vient "gâcher" ce classicisme en forçant notre blanc général Wyl a manœuvrer dans les zones grises... Ce qui a le bon goût de pouvoir assister à l'évolution du preux chevalier en celui que le destin a obligé à faire des choses mauvaises (enfin destin... ou libre arbitre, je vous laisse vous faire votre propre idée).

Côté rythme, celui-ci n'est pas forcément soutenu tout le temps, mais l'auteur sait manier son intrigue et ses rebondissements, ce qui fait que même pendant les périodes "cool" du récit, l'envie de continuer encore un chapitre est toujours présente. Je vous laisse donc imaginer quand le récit s'emballe.

Côté plume, c'est la première fois que je lis un livre de cet auteur, et j'apprécie vraiment son style d'écriture. À la fois vif et brusque dans les combats, il sait se faire poétique et contemplatif à d'autres moments. Une véritable osmose avec l'histoire que cette plume supporte.

Même si j'avais prévu à l'avance pas mal de points de l'histoire, la façon dont les choses se déroulent dans les détails permet de garder tout l'intérêt à l'histoire.

Note

Un 20/20 pour ce livre. Vous l'aurez compris, entre une plume qui s'adapte au récit, des personnages bien décrits et dont les affres nous donnent envie de suivre leurs frasques, j'ai été subjugué par ce livre que je vous recommande fortement. Restant dans les grands canons de la Fantasy médiévale, l'auteur a su ajouté quelques éléments qui permettent à cet univers de se démarquer. Évidemment, je lirai rapidement la suite de cette trilogie.

Série : Dernier souffle (Le)

  1. Le Don (chroniqué)
  2. Le Sang (chroniqué)
  3. L'Âme (chroniqué)

Les ch’tits hommes libres - Romans du Disque-Monde (T02) de Terry Pratchett

Les ch’tits hommes libres  - Romans du Disque-Monde (T02) de Terry Pratchett

Récit

Ce pays, on l'appelle le Causse : une succession de collines vertes peuplées de moutons. C'est là que vit Tiphaine Patraque, neuf ans, fille d'une longue lignée de bergers. Elle a décidé qu'elle deviendrait sorcière. Les épreuves ne lui manqueront pas : un monstre dans la rivière, un cavalier sans tête sur le chemin du village... et la disparition de son petit frère. Armée d'une poêle à frire, du livre de magie de sa mémé (les maladies du mouton) et d'une détermination farouche, elle part affronter la reine des fées. Seule ? Non. Myards ! Avec le concours des Nac mac Feegle, les ch'tits hommes libres à la peau bleu, voleurs, bagarreurs, ivrognes et belliqueux. Ni rwa ! Ni rinne ! Ni djeus ! Ni maets ! Fini de s'faire avwar !

Impression

Alors... Difficile de chroniquer un Pratchett. Mon avis serait que si vous aimez les Annales du Disque-Monde et l'univers de Pratchett... et bien vous pouvez le lire les yeux fermés (enfin, faut les ouvrir quand même... mais vous comprendrez à la lecture de ce livre).

Comme dit ci-dessus, difficile de chroniquer du Pratchett. En effet, Pratchett et son humour, on aime ou pas... et comment résumer un livre qui part dans tous les sens ?
Mais dans tous les cas c'est toujours très bien écrit (et traduit ! Impressionnant le travail du traducteur pour trouver comment reprendre les gags et jeux de mots... qui parsèment, que dis-je jonchent, l'ensemble des Annales. Je pense que sans Patrick, les Annales auraient bien moins de succès en France).

Mais revenons à nos moutons, ce livre est clairement un coup de cœur. Nous découvrons les débuts de Tiphaine Patraque, jeune demoiselle de 9 ans, astucieuse, intelligente et observatrice et de comment elle va devenir sorcière du causse à la suite de sa Mémé.

Cette histoire parle de rêves, de rêves dans les rêves, de rêve dans les... bref.
On saute de monde en monde, de rêve en rêve.  On y découvre tous les délices de lorsque l'on a à faire aux sorcières de Pratchett : têtologie et regards perçants... mais en version apprentissage. C'est que du plaisir.

Et bien sûr Myards, on retrouve les Nac mac Feegle, plus bleus et roux que nature. Un vrai plaisir à déguster.

Note

Un 20/20 pour ce tome plus enfantin que d'habitude mais qui revisite certains classiques. Une bonne tranche d'humour... ça fait du bien.

Série : Disque-Monde (Annales et autres récits)

Cartographie des cycles composant le Disque-Monde - Article générique sur le Disque-Monde

Cycle de Rincevent

  1. La Huitième couleur (lu et non chroniqué)
  2. Le Huitième sortilège (lu et non chroniqué)
  3. Sourcellerie (lu et non chroniqué)
  4. Drame de Troll (nouvelle) (chroniqué)
  5. Faust Éric (lu et non chroniqué)
  6. Les Tribulations d'un mage en Aurient (lu et non chroniqué)
  7. Le Dernier Continent (lu et non chroniqué)
  8. Le Dernier Héros (lu et non chroniqué)
  9. Allez les mages ! (lu et non chroniqué)

Cycle scientifique

  1. La Science du Disque-Monde (non lu)
  2. Le globe (non lu)
  3. L'horloge de Darwin (non lu)
  4. Le jugement dernier (non lu)

Cycle de la Révolution industrielle

  1. Les Zinzins d'Olive-Oued (lu et non chroniqué)
  2. La Vérité (lu et non chroniqué)
  3. Le Régiment monstrueux (lu et non chroniqué)
  4. Timbré (lu et non chroniqué)
  5. Monnayé (lu et non chroniqué)
  6. Déraillé (non lu)
  7. Le guide de Mme Chaix (non lu)

Cycle des Sorcières

  1. La Huitième fille (lu et non chroniqué)
  2. Trois sœurcières (lu et non chroniqué)
  3. Les recettes de nounou Ogg (non lu)
  4. Mécomptes de fées (lu et non chroniqué)
  5. Nobliaux et Sorcières (lu et non chroniqué)
  6. Masquarade (lu et non chroniqué)
  7. La mer et les petits poissons (nouvelle) (chroniqué)
  8. Carpe jugulum (lu et non chroniqué)
  9. Les Ch'tits Hommes libres (chroniqué)
  10. Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants (lu et non chroniqué)
  11. Un chapeau de ciel (non lu)
  12. L'Hiverrier (non lu)
  13. Je m'habillerai de nuit (lu et non chroniqué)
  14. La Couronne du berger (non lu)

Cycle anciennes civilisations

  1. Pyramides (lu et non chroniqué)
  2. La Mort et tout ce qui s'ensuit (nouvelle) (chroniqué)
  3. Les Petits Dieux (lu et non chroniqué)

Autres

  • L'art du Disque-Monde (non lu)
  • La carte du Disque-Monde (non lu)

Cycle du Guet

  1. Au guet ! (lu et non chroniqué)
  2. Le théâtre de la cruauté (nouvelle) (chroniqué)
  3. Le Guet des orfèvres (lu et non chroniqué)
  4. Pieds d'argile (lu et non chroniqué)
  5. Va-t-en-guerre (lu et non chroniqué)
  6. Le Cinquième Éléphant (lu et non chroniqué)
  7. Ronde de nuit (lu et non chroniqué)
  8. Jeu de nains (lu et non chroniqué)
  9. Rejet par l'Université de procédés diaboliques (nouvelle) (chroniqué)
  10. Minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de fédération de scouts d'Ankh-Morpork (nouvelle) (chroniqué)
  11. Où est ma vache ? (non lu)
  12. Coup de tabac (chroniqué)
  13. Le monde merveilleux du caca (non lu)

Cycle de la Mort

  1. Mortimer (lu et non chroniqué)
  2. Le Faucheur (lu et non chroniqué)
  3. Accros du roc (lu et non chroniqué)
  4. Le Père Porcher (lu et non chroniqué)
  5. Procrastination (lu et non chroniqué)

Un feu sur l'abîme - Zones of Thought T01 de Vernor Vinge

Un feu sur l'abîme - Zones of Thought T01 de Vernor Vinge

Récit

L'expédition straumlienne est tombée sur un trésor aux confins de la Galaxie : une mine de programmes inconnus dans les Archives d'une civilisation disparue.
Mais, en l'explorant, elle éveille une Perversion, une Intelligence Artificielle qui ne songe qu'à soumettre et à détruire. Toutes les civilisations. Toutes les formes de vie.
Deux enfants parviennent à s'échapper. Ils emportent avec eux le seul remède possible. Mais ils sont incapables de diriger leur navire...


Impression

Début de la série "les zones de pensée" (Zones of Thougt) les différents romans qui le constituent sont en fait des romans tout à fait autonome. Ici pas de cliff hanger à la fin. Cette histoire est autoporteuse... et ça fait du bien.
Dans ce tome, nous sommes plongés dans du grand space opéra.
La hard-SF n'est pas de rigueur : ici quelques lignes directrices permettant de planter le décor et imposer un cadre à ce qui est faisable ou non. Le comment n'est clairement pas expliqué.

Nous sommes dans notre belle galaxie, peuplées de nombreuses races extraterrestres. Les humains du domaine Strauli, archéologue de leur temps fouillent des archives d'une ancienne race disparue... et tombent sur un os. Une Perversion dont le but est de contrôler la galaxie.
Toutefois un antidote existe... mais il va faloir aller le chercher.

Une histoire somme toute classique sur le genre quête pour survivre à un grand désastre (plus proche d'une quête de fantasy). Mais c'est le voyage qui importe. En effet, on y découvre l'organisation de la galaxie entre différentes races. L'existence des zones de pensées... qui limitent les technologies utilisables. Et quelques espèces extraterrestres, dont les Dards, qui ne sont intelligents que par meutes de 4 à 6. Une vraie découverte.

L'on suit donc cette épopée à travers la galaxie, les zones de pensées, et les âges technologiques... à un rythme qui ne s'essouffle jamais. Batailles (spatiales), commerce, communications, invasions,... On se prend très vite dans cet univers... et on ne lâche plus le livre avant la fin. Superbe

Note

Un 20/20 pour ce superbe space-opera qui a le brio de s'appuyer sur les classiques du genre et qui arrive pourtant à nous happer dans cette histoire sans déjà vu ou perte d'intérêt. Les pages passent en vitesse, malgré les 800 et quelques pages du livre. À lire assurément.


Série : Zone of Thought

  1. Un feu sur l'abîme (avis)
  2. Au tréfonds du ciel (lu et non chroniqué)
  3. Les Enfants du ciel (avis)
  4. [After the Battle on Starship Hill: Prologue to The Children of the Sky (non traduit)]
  5. {Traitement du combat contre la Gâle (sera-t-il écrit un jour ?)}

Vide temporel - Trilogie du Vide T02 de Peter F. Hamilton

Vide temporel - Trilogie du Vide T02 de Peter F. Hamilton

Récit

Le Commonwealth intersolaire est en ébullition. Le mouvement Rêve vivant est sur le point de lancer un vaste pèlerinage pour pénétrer dans le Vide, cet univers artificiel logé au centre de notre Galaxie. Ce projet risque de déclencher une phase d'expansion incontrôlable qui dévorera tous les mondes aux alentours. Alarmées, des puissances extraterrestres mobilisent leurs flottes, tandis que les factions post-humaines du Commonwealth se déchirent pour imposer leur vision de l'avenir.
À l'origine de tout, il y a Edeard, Celui-qui-marche-sur-l'eau, qui vit au cœur du Vide. Il est le messie du Rêve vivant, celui dont la croisade contre la corruption, l'injustice et la violence inspirent des milliards d'êtres humains. Ses pouvoirs extraordinaires croissent de jour en jour. Son triomphe est proche et la véritable nature du Vide sera bientôt dévoilée.

Impression

Ce  livre, second tome de la trilogie du Vide, se passe dans le même univers que la tétralogie de l'Etoile de Pandore. 1 500 ans plus tard très exactement.
Les progrès de la science humaine fait qu'on y retrouve nombre des protagonistes de cette tétralogie, mais sa lecture n'est pas obligatoire pour attaquer cette trilogie.
Suite du premier tome
(critique à lire ici), on y découvre un Commonwealth en plein ébullition : le Rêve vivant et ses partisans s'organisent dans le but de réaliser un pèlerinage vers le vide, les différentes factions humaines prennent parties pour ou contre le pèlerinage, et les espèces extra-terrestres s'agitent fortement... en effet ils craignent que le pèlerinage n’entraîne une expansion du Vide... risquant d'engloutir toute la galaxie.

Ce second tome dévoile en partie les cartes : les parties impliquées commencent à se dévoiler. Les affrontements (pas nécessairement sur le plan physique) commencent. Les intrigues se nouent... et s'embrouillent.
La tension monte, les enjeux aussi... et tout ce beau monde est de plus en plus impliqué. Vous l'aurez compris, la politique, les envies contraires et les psychologies de tout ce petit monde (humains et non humains) attisent les tensions pendant que les stratégies commencent à se mettre en branle... de plus en plus rapidement.

Comme dans le premier tome, on a toujours cette alternance SF/Fantasy entre le monde dans le Vide et le monde à l’extérieur, qui donne une saveur toute particulière à ce space-opéra.

La nature de ce fameux Vide se révèle au fil du récit, même si il reste beaucoup à découvrir à la fin de ce tome, ce qui ne fait qu'attiser notre envie de lire la suite pour connaître le dénouement de ces intrigues, ainsi que la raison de la présence de ce Vide.

Note

20/20 : Intrigues, un space-opera bien mené, une jonction SF / Fantasy sur fond d'enquêtes et de questionnement sur le devenir des humains... Cela est prenant, et quand on commence, on ne repose plus le livre.
J'attends la fin avec impatience.

Série : Cycle du Commonwealth

La Saga du Commonwealth

  1. Pandore abusée (lu et non chroniqué)
  2. Pandore menacée (lu et non chroniqué)
  3. Judas déchaîné (lu et non chroniqué)
  4. Judas démasqué (lu et non chroniqué)

La trilogie du vide

  1. Vide qui songe (chroniqué)
  2. Vide temporel (chroniqué)
  3. Vide en évolution (chroniqué)

Les naufragés du Commonwealth

  1. L'Abîme au-delà des rêves (non lu)
  2. Une nuit sans étoiles (non lu)

Vide qui songe - Trilogie du Vide T01 de Peter F. Hamilton

Vide qui songe - Trilogie du Vide T01 de Peter F. Hamilton

Récit

Au centre de notre Galaxie s'ouvre le Vide, un univers artificiel créé il y a des milliards d'années par des êtres inconnus, voilé par un horizon événementiel insondable. Son fonctionnement entraîne la disparition de la matière des étoiles qui l'entourent. Les humains du Commonwealth se sont joints aux Raiels et autres extraterrestres pour surveiller ce phénomène.
Le prophète Inigo représente peut-être la clé de cette énigme, avec ses rêves d'une vie merveilleuse sur un monde caché au sein du Vide. Quand il disparaît sans laisser de traces, ceux qui croient en ses visions se mobilisent pour accomplir un pèlerinage jusqu'au Vide, malgré les risques.
Entre-temps, au cœur même du Vide, le jeune officier de police Edeard apprend à maîtriser ses dons télépathiques particulièrement puissants. Ce qu'il ignore, c'est qu'il existe tout un univers au-dehors. Et qu'on y entend ses messages.


Impression

Ce  livre, premier tome de la trilogie du Vide, se passe dans le même univers que la tétralogie de l’Étoile de Pandore. 1 500 ans plus tard très exactement.
Les progrès de la science humaine fait qu'on y retrouve nombre des protagonistes de cette tétralogie, mais sa lecture n'est pas obligatoire pour attaquer cette trilogie.

Comme à son habitude, Peter F. Hamilton nous livre un univers où s'affrontent diverses factions. Cet univers est non seulement fouillé (pour ne pas dire très riche), mais il arrive à nous l'introduire sans que l'on ne s'y perde. De plus les éléments étant apportés au cours de l'histoire, aucune lourdeur pour expliquer cet univers n'est présente. Au contraire, on guette, avide, les indices et informations disséminées dans le récit pour assembler les pièces du puzzle.

Pour un rapide aperçu, les humains ont colonisés de nombreuses planètes, reliées entre-elles par des trous de ver, ou bien par des vaisseaux supra-luminique qui font la liaison entre elles.
Les humains se répartissent en 3 grandes factions (appelées branches): la branche naturelle (le nom se comprend de lui même) ; la branche avancée, représentant ceux qui ont modifiés leur génome ; et la branche haute qui en plus de ces améliorations, ont incorporées des biononiques augmentant encore leurs capacités.
À cela s'ajoute des extra-terrestres, et le Vide au cœur de notre galaxie, dont l'expansion est la crainte de nombre d'espèces.
Et voila qu'une partie de l'humanité prévoit de rejoindre le Vide, faisant craindre, par ce fait, une expansion du Vide qui pourrait détruire la galaxie entière.

Ce que j'ai particulièrement bien aimé, c'est qu' au cœur de ce vide, une société humaine typée médiévale vit, possédant des pouvoirs de télépathie, télékinésie,... Cette alliance de SF / Fantasy est particulièrement plaisante... d'autant que le monde hors Vide, a connaissance de certains des aspects du monde du Vide.

Note

20/20 : Intrigues, un space-opera bien mené, une jonction SF / Fantasy sur le fond d'enquêtes et de questionnement sur le devenir des humains... Cela prend bien, et quand on commence, on ne repose plus le livre.
La suite après la lecture du prochain tome, mais je ne peux que conseiller le début de cette trilogie.

Série : Cycle du Commonwealth

La Saga du Commonwealth

  1. Pandore abusée (lu et non chroniqué)
  2. Pandore menacée (lu et non chroniqué)
  3. Judas déchaîné (lu et non chroniqué)
  4. Judas démasqué (lu et non chroniqué)

La trilogie du vide

  1. Vide qui songe (chroniqué)
  2. Vide temporel (chroniqué)
  3. Vide en évolution (chroniqué)

Les naufragés du Commonwealth

  1. L'Abîme au-delà des rêves (non lu)
  2. Une nuit sans étoiles (non lu)