Glaive imparfait - Étoiles perdues T03 de Jack Campbell

Couverture livre - critique littéraire - Glaive imparfait - Étoiles perdues T03 de Jack Campbell

Récit

Midway libéré, mais Midway menacé, Midway subverti, Midway contraint à résister à des dangers dont on ignore quand et d’où ils surgiront.
Le général Drakon va partir en mission dans le système voisin d’Ulindi où un potentat local aux visées impérialistes s’est emparé du pouvoir. Piège, Ulindi, car le Syndicat n’a pas dit son dernier mot ; piège encore, la menace de soulèvement que la présidente Iceni va devoir affronter seule… L’étau se resserre. Comme toujours, l’issue serait un pas nouveau vers la démocratie, mais le parcours et la culture de nos deux dirigeants rebelles ne leur rendent pas cette démarche naturelle…

Impression

Suite du "fork" de l'univers de la
Flotte perdue.
Troisième tome de cette série que je chronique, sachez qu'il s'agit d'une série de SF militaire sans grande prétention, mais qui se laisse lire et que je trouve très rafraîchissante par son côté "linéaire". Droit au but, sans trop de fioritures si on peut dire.

La série principale (La flotte perdue) relate le retour d'entre les morts de "Black Jack", et de comment il mène l'alliance à la victoire. Puis comment se déroule l'après-guerre côté vainqueur dans une fédération qui n'a connu rien d'autre que la guerre pendant plus de 100 ans dans la suite directe (Par-delà la frontière).
Dans étoiles perdues, on reprend l'histoire côté Syndic après la paix entre les Mondes syndiqués et l'Alliance et on suit notamment l'histoire des personnes qui vont mener la rébellion sur la planète de Midway face aux reste des Syndics.

Contrairement aux précédents opus de ce fork, l'histoire y est beaucoup plus entrainante.
Même si un fond de délire paranoïatesque subsiste, il n'est plus la caractéristique principale de l'histoire, et on peut enfin s'élever vers ce que fait de mieux cet auteur, c'est à dire nous faire vivre des batailles.
Bonus, l'attirance (mièvre) entre les 2 « chefs » de la rébellion de Midway est certes toujours d'actualité (on a jamais été aussi proche qu'il se passe quelque chose comme on dit), mais ça ne prend que très peu de place. On pardonne donc sans problème à l'auteur.

Côté psychologie, on est toujours dans le même tonneau : personnages caricaturaux mais comme c'est le troisième tome qu'on roule avec eux, de la profondeur commence à s'installer.
Bref, vous l'avez deviné, c'est pas pour la psychologie que je lis cette saga.

En se recentrant sur l'action, notamment de belles batailles terrestres, l'auteur redonne du souffle à ce fork, à tel point que j'ai eu l'impression de relire un des premiers tomes de la saga, tellement j'ai été pris dans l'histoire. Du grand plaisir donc.
Mâtiner l'ensemble de jeu de bluff et d'une planète (Midway), assez forte pour commencer à se faire respecter dans l'espace local, mais pas assez grosse pour être sûre de se protéger des Syndics revanchards... Le tout sans oublier que les Énigmas ne sont pas les voisins les plus sympathiques au monde et qu'il faut donc veiller au grain.
L'ensemble de ces contraintes et les actions en cours côté Midway génère ce qu'il faut pour se prendre (enfin ?!) réellement au livre et trembler quand les traquenards se pointent.

Note

Un 17/20 pour ce livre. Un troisième tome qui regagne en qualité, au point de se retrouver pas loin des meilleurs tomes de la saga.
Initialement je continuais de lire ce fork pour continuer l'immersion dans l'univers de Jack Campbell ainsi que découvrir l'envers du décors, côté vaincus de la grande guerre, mais ce tome me donne plein d'espoir quant à la fin de ce fork avec le prochain tome.

Série : La flotte perdue

La flotte perdue

  1. Indomptable (déjà lu)
  2. Téméraire (déjà lu)
  3. Courageux (déjà lu)
  4. Vaillant (déjà lu)
  5. Acharné (déjà lu)
  6. Victorieux (déjà lu)

Par-delà la frontière

  1. Intrépide (déjà lu)
  2. Invulnérable (déjà lu)
  3. Gardien (avis)
  4. Inébranlable (avis)
  5. Léviathan (avis)

Étoiles perdues

  1. L'Honneur terni (avis)
  2. Bouclier périlleux (avis)
  3. Glaive imparfait (avis)
  4. Lance brisée (non lu)

The Genesis Fleet

  1. Avant-garde (non lu)
  2. Ascendant (non lu)


L'étoile du matin de David Gemmell

Couverture livre - critique littéraire - L'étoile du matin

Récit

Comment un sinistre voleur, bandit, escroc peut-il devenir un héros, une légende, juste à cause d'une parole ? 
Une parole qui devient action, une action qui devient légende et un sombre bandit qui devient un héro "à l'insu de son plein gré". 

Venez découvrir la véritable histoire de l'étoile du matin, et comparez la légende aux faits, et comment un destin peut être créé d'un simple mot.

Impression

Lu dans le cadre de la
lecture commune organisée par Cassie 56, vous me trouverez ici à découvrir mon premier Gemmell. Enfin c'est faux, c'est mon premier de monsieur en fait.
Cette lecture commune ayant pour avantage de me faire découvrir cet auteur avec un livre seul, sans entrer dans une série à rallonge (ce qui est toujours un tantinet gênant quand on ne connait pas l'auteur).

L'histoire tient de la légende à la fois car narrant une légende (ou plus exactement narrant la réalité derrière la légende), ainsi que du fait de l’apparente simplicité de l'écriture. J'ai presque eu l'impression de lire un conte tant l'écriture est fluide et les descriptions fournies sont juste au niveau nécessaire pour que l'on s'imagine le monde mais pas plus.

Par contre, contrairement à un conte, il s'agit d'un belle histoire avec de vrais rebondissements et des personnages (presque tous)très intéressants, y compris pour les personnages secondaires (et qui sont assez nombreux). Un style très épuré donc, digne d'une légende qu'on se raconte au coin du feu.

Côté histoire, celle-ci n'est pas d'une complexité inouïe, mais alliée au style épuré, remplit parfaitement sa fonction et contente le lecteur.
Le rythme, alliant temps fort et temps de réflexion est parfaitement dosé, et les 400 et quelques pages du roman s'envolent très vite.

Le point fort de cette histoire est indubitablement les protagonistes qui savent conserver leur part de légèreté tout en maniant beaucoup de gris et s'appuyant sur une grande profondeur de caractère, à l'instar de l'Étoile du matin, devenant héros malgré lui (ou alors en accord avec son seul subconscient) ou d'Owen, le barde qui nous conte cette histoire.
Ce premier m'a d'ailleurs beaucoup fait penser à Han Solo : contrebandier au grand cœur qui tout en clamant ne pas y toucher, plonge la tête la première :-) Si vous vous souvenez que je suis fan de Star-Wars, vous ne pouvez que le prendre pour un compliment.

Note


Un 17/20 pour ce livre.
Un livre entrainant, fluide et agréable à lire qui est bien plus que ce qu'il laisse penser au premier abord. Malgré une histoire sans grande prétention, cette dernière soutient parfaitement une brochette de personnages tout en nuances et chacun avec sa sensibilité et sa vision du monde.
Une très bonne note du fait de ce côté "magique" de réussir à lier légèreté et densité.

Une chose est sûre, c'est un style d'écriture très agréable que je découvre et qui ne fait que confirmer tout le bien que j'ai pu entendre de l'auteur.

Nota : s'agissant d'une lecture commune, vous pouvez retrouver les chroniques faites par mes co-liseuses / co-liseur : Gilwen, Avenael, Tautillon, Gribouille et Cassie.

L'ombre du pouvoir - Le bâtard de Kosigan, tome 1 - de Fabien Cerutti

http://www.livraddict.com/biblio/livre/le-batard-de-kosigan-tome-1-l-ombre-du-pouvoir.html

Récit

Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.
En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis.

À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…


Impression

Tombé par hasard en face du sieur Cerutti, l'auteur m'a vendu son livre alors que mon budget était déjà dépassé. Mais la belle couverture et le pitch de cette histoire, ont su l'aider à me convaincre d'échanger quelques sous contre ce livre.

Et au final bien m'en a pris, car sans être sublime, il s'agit d'une lecture très sympathique.

Ce livre se base sur la réalité historique du XIVème siècle, auquel a été ajouté le fait que la magie et les être du folklore féérique existent bels et bien, même si persécutés dans nombre de régions que constituent le terrain de jeu de ce livre à savoir la perfide Albion, le Royaume de France et le Duché de Bourgogne (principalement).

On y suit l'histoire de Pierre Cordwain de Kosigan, bâtard d'une grande lignée des bourguignons et qui vit comme mercenaire.
Pourquoi ce livre n'est pas sublime ? Principalement, je trouve, à cause de son héros, très "James Bondien". J'entends par là que l'on suit ses aventures où de Kosigan fait montre de gouaille et d'astuce, mais toujours avec une façade de charmeur et de "tout était déjà prévu", ce qui fait qu'on ne s'en fait guerre pour lui. Il est évident que le personnage principal s'en sortira, et plutôt sans égratignures (là, vous devriez vous imaginez James Bond, sortant de son combat à base de tank en devant uniquement retirer la poussière de plâtre du smoking).

Les personnages secondaires ne sont clairement présents que pour soutenir de Kosigan et le sortir des impasses dans lesquelles ses machinations le fourvoient.

Dit comme ça, on pourrait penser que la lecture n'a que peu d'intérêt, mais ça serait très réducteur. Car malgré cet handicap, ce livre est un véritable page-turner : actions rocambolesques, humour et traits d'esprit, trahisons et contre-trahisons. Cela va sans dire, on ne s'ennuie pas une seule minute (on a juste jamais peur pour le héros).

Par ailleurs, l'atmosphère du comté de Champagne est particulièrement bien décrite, enchanteur même. La présence de la féérie y est distillée avec tact et justesse. Clairement, cela ne s'oppose pas à l'Histoire telle qu'on nous l'a enseignée... hormis sur la réalité de nos "légendes". Terriblement immersif donc.

Un point par contre qui me laisse assez dubitatif, c'est qu'on suit par ailleurs l'histoire d'un héritier de de Kosigan. Certes, c'est grâce à lui et à ses investigations que l'on peut faire connaissance avec notre mercenaire et son histoire, mais son importance en termes de nombre de pages dans le livre est, à mon sens, trop forte au regard de ce que cela apporte réellement à l'histoire. Un point qui trouvera sans doute réponse dans le second tome, mais qui a le défaut de casser le rythme de la lecture.
Car si l'histoire de Pierre Cordwain de Kosigan est entrainante et addictive, celle de l'héritier est beaucoup plus lente, surtout qu'elle se fait via des échanges épistolaires, ce qui n'a pas pour mérite de faire aimer (ou non) le dit héritier. Du coup, on a plus envie de passer vite fait l'histoire de l'héritier pour en revenir à celle du bâtard.
C'est dommage car la partie sur l'héritier met en exergue tout de même un fait important qui s'est produit entre les 2 époques (et que je ne précise pas plus avant, je vous laisse lire le livre pour savoir de quoi il s'agit), et dont on ne cesse de se poser la question de savoir si le bâtard y est pour quelque chose ou non... Et à quel point cela est si vrai que ça (déformation suite aux complots présentés dans l'histoire sans doute ^^).

Par contre, la fin appelle impérativement à la lecture du second tome... Trop de choses restant en suspens à la fin de celui-ci.

Note

Un 17/20 pour ce livre. Bien que présentant quelques défauts (héros par trop archétypal, casse du rythme avec l'héritier,...), l'ambiance, l'enchainement des actions, le désir de découvrir à quoi rime toutes ces manigances font que ce livre se lit très bien.
Porté par un auteur qui visiblement connait la réalité historique sur laquelle il se base, on est vraiment happé par cette lecture sans prise de tête ni subtilité psychologique.
Je le conseille si vous n'êtes pas allergique aux héros tout en archétype et à l'absence de contre-poids de ce dernier.

Je lirai la suite sans aucun soucis.

Série : Le Bâtard de Kosigan

  1. L'Ombre du pouvoir (chroniqué)
  2. Le Fou prend le roi (chroniqué)
  3. Le Marteau des sorcières (chroniqué)
  4. Le Testament d'involution (chroniqué)

La première loi, tome 1 : Premier sang de Joe Abercrombie

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Récit

Logen Neuf-Doigts, le barbare le plus redouté du Nord a finalement vu sa chance tourner : son dernier combat risque bien d'être celui de trop. La perspective de ne laisser à ses ennemis hilares qu'une poignée de mauvaises chansons ne l'enchante guère ; aussi, quand les esprits lui révèlent qu'un mystérieux mage l'attend au Sud, se met-il en route. Après tout, qu'a-t-il de mieux à faire ? 
Jeune et fringant officier, le capitaine Jezal dan Luthar n'a rien de plus dangereux en tête qu'arnaquer ses amis aux cartes, se mettre minable et remporter le Tournoi annuel d'escrime. Mais la guerre gronde, et les batailles qu'on livre sur le front du Nord ne s'interrompent pas au premier sang. 

Tortionnaire accompli, l'Inquisiteur Glotka ne rêve que de voir l'arrogant capitaine tomber entre ses mains. Mais lui ou un autre, Glotka déteste tout le monde : obtenir des aveux de traîtrise à longueur de journée laisse peu de place à l'amitié. Sa dernière piste de cadavres pourrait bien le conduire droit au cœur du gouvernement corrompu... si toutefois il vit assez longtemps pour la suivre. 
Alors que de funestes complots sont sur le point d'être révélés, que des querelles millénaires remontent à la surface, la ligne qui sépare les héros des traîtres est assez fine pour faire couler le sang !

Impression

J'ai entendu beaucoup de bien à propos de cet auteur, et c'est le premier livre de sa part que j'attaque.
Comme d'habitude, on a toujours un peu peur d'être déçu dans ces cas là, mais il m'a tellement été recommandé que je ne pouvais pas passer à côté.

On se retrouve clairement en territoire de Fantasy qu'on pourrait juger comme classique aux premiers abords : une guerre entre une nation "civilisée" et les barbares du nord.
De la magie. Des différents historiques avec un ancien ennemi vaincu au sud... mais qui reprend du poil de la bête. Vous je ne sais pas, mais moi ça me semble "commun".

Et pourtant, au cours de ce qui est clairement un tome d'introduction (700 pages quand même), on va découvrir que les personnages clichés ne le sont clairement pas. Au contraire, chacun se voit affublé d'une psychologie particulièrement fouillée mêlant le noir et le blanc en de jolies gris aux teintes si différentes.
Par exemple, on peut découvrir ce barbare, qui se juge comme un monstre, et qui pourtant semble être un des personnages cherchant le plus à minimiser la violence gratuite.
Ou encore cet inquisiteur, expert pour faire dire ce qu'on lui demande d'entendre à ses victimes... Lui même torturé (tant physiquement que psychologiquement) et qui cherche un sens à son existence.

Ce tome d'introduction va donc à la fois nous faire découvrir :
  • plusieurs pays, avec leur fonctionnement, le statut de leurs relations diplomatiques entre eux ;
  • les personnages, dans leur milieu d'existence, avant de les en extraire pour former un groupe prêt à partir pour sauver le monde (enfin, on imagine que c'est dans ce but).
La contrepartie, c'est un tome assez lent, où l'on est plus dans l'apprentissage la découverte d'un monde que dans l'action. Les choses se mettent en place à leur rythme.
Toutefois, le monde ainsi créé est tellement dense, et de manière similaire pour les personnages sur lesquels le focus est fait, qu'en aucun cas où ne s'ennuie.
Mais ceux qui cherchaient à lire un livre où les viscères maculent chacune des pages, il n'en sera pas pour son argent.
Cela dit, il y a aussi des scènes d'actions.

Côté plume, cette dernière est fluide et acérée. On va à l'essentiel quand cela est nécessaire, et on peut s'étendre sur d'autres éléments quand cela s'avère important de donner du corps.
C'est sans doute cette "justesse" qui permet à un épais tome d'introduction  de rester attractif.

Note

Un 17/20 pour ce livre qui commence avec panache cette série.
Malgré l'épaisseur de l'introduction, la densité et la cohérence du monde dépeint et la consistance des personnages principaux  font qu'on est attiré par sa lecture... Et qu'on est somme toute assez impatient de poursuivre la route avec tous ces personnages complexes.

Une série que je ne peux que vous conseiller, surtout si les tomes suivants sont meilleurs et plus rythmés.

Série : Univers de la Première loi

Première loi

  1. Premier sang (avis)
  2. Déraison et sentiments (avis)
  3. Dernière querelle (avis)

Romans indépendants

  • Servir froid (non lu)
  • Les héros (non lu)
  • Pays rouge (non lu)

La mer éclatée

  1. La moitié d'un roi (non lu)
  2. La moitié d'un monde (non lu)
  3. La moitié d'une guerre (non lu)

Des milliards de tapis de cheveux d'Andreas Eschbach

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Récit

Quelque part aux confins de l'empire se niche une planète que seule une curieuse coutume distingue de ses consœurs : depuis des temps immémoriaux, les hommes, tisseurs de père en fils, y fabriquent des tapis de cheveux destinés à orner le palais des étoile de l'empereur.
Pourtant, certains, tel cet homme au passé nébuleux qui prétend venir d'une lointaine planète, racontent que l'empereur n'est plus. Qu'il aurait été tué par des rebelles.

Mais alors, à quoi - ou à qui - peuvent donc servir ces tapis ?


Impression

Voici un livre dont le titre m'a, pour je ne sais quelle raison, toujours attiré. Il a, toujours pour je ne sais quelle raison (bien que pas la même), trainé un bout de temps dans ma PAL avant de finalement tomber sous mes yeux avides.

À la lecture de ce livre, le premier point qui ressort c'est son aspect poétique. À la poursuite du mystère des tapis de cheveux, nous nous efforçons de démêler cette histoire, qui part d'un simple tisseur de tapis de cheveux pour nous mener aux confins de l'univers.

Le rythme du récit est très agréable. On a presque l'impression de consulter un dossier d'enquête, où l'on déroule des pelotes de vies, amenant à s'interroger de plus en plus sur la raison de ces tapis de cheveux et où cela peut bien se terminer au fur et à mesure que l'affaire se complique et les faits se tricotent.

De ce fait, l'histoire est emprunte d'humanisme, puisqu'elle ne se base que sur des récits entrecoupés de vies plus ou moins malheureuses, soumises à des règles, à des conditions de vie, que l'on découvre au détour de ces récits. Et toujours le mystère des tapis de cheveux qui s'épaissit, tandis que pourtant, nous faisons des pas vers la résolution du problème.

En corolaire, nous avons aussi une variété de points de vue importante sur les différentes personnes rencontrées ou à rencontrer. À chaque passage de navette, le point de vue change, ce que l'on pensait acquis ne l'est plus totalement, et la toile se complexifie par l'entremêlement de ces vies sur l'écheveau du temps.

Seuls quelques personnages sont récurrents, à savoir ceux qui, quelque part, mènent cette enquête sur la raison de cette étrangeté.
Ces personnages permettent d'ailleurs de découvrir l'univers tissé par l'auteur, à coups rapides et précis. Personnellement, je lui reprocherai d'être du coup, très caricatural, mais cela s'explique par le fait que le centre de l'ensemble de cette histoire n'est pas l'univers, mais bien le tapis. Le reste n'étant présent que pour mettre en valeur cette énigme... capillotractée ?

Personnellement la structuration de ce livre m'a beaucoup plus, mais il est vrai que cela peut dérouter de voir que cette histoire n'a pas de personnage principal, pas de héros, seulement la vie des gens et les tapis comme fil conducteur.
Mais qu'est-ce que cela apporte en termes de poésie à l'ouvrage.

Un autre point que j'ai beaucoup aimé, c'est que malgré cette ébauche rapide de l'univers, l'énigme est parfaitement cohérente avec ce dernier... Et que clairement, même si j'ai deviné un certains nombre de choses, le cœur de l'énigme m'est resté opaque jusqu'à la fin, même en ayant les éléments à l'avance.

Note

Un 17/20 pour ce livre qui est un coup de cœur pour moi quant à la structuration du récit et la poésie qui s'en dégage.
Mon moins se situant sur un univers complexe, mais à peine décrit et des évènements / interactions que j'ai trouvés très caricaturaux et simplistes du fait qu'ils ne sont pas le centre d'intérêt du livre.

Au final un livre assez court, que je conseillerai fortement pour qui veut se laisser guider sans chercher à aller trop vite et découvrir cette histoire au rythme imposé par le maître tisserand qu'est l'auteur.

PS : oui je m'excuse pour mes allusions au tissage du tapis, mais c'est trop tentant après la lecture de cette œuvre.

Le sentiment du fer - Récits du Vieux royaume T03 de Jean-Philippe Jaworski

Couverture livre - critique littéraire -  Le sentiment du fer - Récits du vieux royaume

Récit

Retour au Vieux Royaume ! 
« J’ai quand même un ragot à vous servir, et du lourd ! Figurez-vous que ce n’est point avec moi que les elfes ont commencé à grenouiller dans les affaires de l’État. Bien loin de là ! Il y a deux bons siècles, déjà, au moment de l’Émancipation de Ciudalia, ils nous ont joué un tour à leur façon. Et les marles en tâtent tellement pour la barabille que l’un d’entre eux, sans même pointer son joli minois dans notre belle cité, nous a tous jetés dans une sacrée flanche ! Jugez-en par vous-même ».

Cinq nouvelles comme autant d’étapes dans l’histoire cruelle et tumultueuse du Vieux Royaume, le monde créé par Jean-Philippe Jaworski dans Janua Vera et Gagner la guerre.

Impression

Voici le second recueil de nouvelles se situant dans l'univers du Vieux royaume, au côté du recueil de nouvelles Janua Vera (excellentissime) et du roman Gagner la guerre (presque tout autant jouissif).
Si vous ne connaissez pas... Foncez les lire, vous ne pourrez être déçus. Je les ai malheureusement lus avant la tenue de ce blog, pas de chroniques à l'horizon donc... Mais c'est du très très bon.

Le thème de ce recueil est sans conteste la guerre et ses conséquences dans le démantèlement du Royaume de Léomance. Voici donc le détail nouvelle par nouvelle :

Le sentiment du fer

Nouvelle où l'on suit les péripéties d'un voleur devant escamoter un objet très bien gardé. Réunissant le style à travers l'utilisation de l'argot des voleurs et l'action, cette nouvelle est vraiment très agréable. On a même parfois l'impression de retrouver notre cher Benvenuto... Un vrai délice donc. D'autant que les calculs politiques ne sont pas très loin... et laissent le sentiment d'être raccord avec Gagner la guerre sur ce point là.

L’Elfe et les Egorgeurs

Cette nouvelle met en scène un barde elfe qui, pour retrouver son inspiration, se trouve le besoin de frayer avec l'Homme et ses activités, certes sales, mais ô combien inspirantes, notamment la guerre.
Se joue ici un jeu entre des soudards qui voient dans le barde une victime toute désignée et un barde elfe. Mais avec les elfes, tout n'est pas forcément ce qu'il parait.
Une nouvelle sympathique côté dialogues, mais qui n'a pas réussi à m'emballer côté scenario. C'est la seule nouvelle qui m'a déçu.

La Troisième Hypostase

Une nouvelle où, chose qui n'est pas fréquente avec Jaworski, on peut découvrir la magie à l'œuvre… mais aussi le prix à payer qui va avec.
Une nouvelle que j'ai, personnellement, beaucoup aimée montrant la magie mais tout en lui laissant un « châle » de mystère mâtiné d'une douceur au goût amer.

Désolation

Une très bonne nouvelle, se calquant sur l'épisode de la traversée de la Moria du Seigneur des anneaux, mais détourné comme il se doit pour faire partie de l'histoire du Vieux royaume.
On y découvre ainsi les nains, gnomes et gobelins, qui ne sont qu'à peine évoqués dans les précédents opus relatant l'histoire du Vieux royaume.
Un très bon texte, qui nous rappelle que dans le Vieux royaume, la naïveté n'est pas de mise.

Profanation

On assiste ici au procès d'un détrousseur de cadavres qui essaie, tant bien que mal de sauver sa peau par un plaidoyer aux manœuvres scabreuses.
Une nouvelle où l'on plonge dans « l'après-bataille » et où l'on découvre un écosystème qui se met en place après que le temps des (l)armes est passé.
Un récit entrainant et avec une fin particulièrement bien ficelée.

Note

Un 17/20 pour ce recueil.
Un indispensable pour tous ceux qui ont aimé se plonger au sein des récits du Vieux royaume.
Pour les autres, vous y découvrirez la gouaille, l'humour et la saveur des mots sous la plume de l'auteur. Bref, vous comprendrez que vous ne pouvez passer à côté de ce livre, sauf à lire l'un des 2 autres qui forment les récits du Vieux royaume !

Série : Récits du Vieux royaume

  1. Janua Vera (déjà lu)
  2. Gagner la guerre (déjà lu)
  3. Le sentiment du fer (chroniqué)

Les mondes d'Honor - Nouvelles de l'univers d'Honor Harrington (T02) de David Weber, Linda Evans, Jane Lindskold et Roland J. Green

Couverture livre - critique littéraire - Les mondes d'Honor - Honor Harrington

Récit

Série complémentaire où David Weber invite plusieurs de ses confrères à écrire dans l’univers qu’il a élaboré au fil de ses romans.
Les mondes d’Honor présente cinq nouvelles dont deux de Weber lui-même, et l’une met en scène Honor Harrington en personne.
Toutes s’inscrivent historiquement avant le cycle qui commence avec Mission Basilic, et les chats sylvestres de Sphinx y ont encore la part belle.
Ces textes enrichissent la série principale, développent certains personnages et certains
épisodes qui n’y sont qu’évoqués.

Impression

Voici un second recueil de nouvelles dans le monde d'Honor Harrington de David Weber.
Le thème de ce second recueil serait les grands moments qui ont façonné la société manticorienne avant le début du cycle d'Honor Harrington.

Très sympathique dans sa globalité, il permet de vivre des évènements qui forment la trame de l'Histoire dans le cycle.
A lire après la lecture du cycle en lui même, mais il apporte un petit plus qui, sans être indispensable, est intéressant (et à tout le moins bien plus intéressant que
le précédent tome pour les non fans).
Dans le détail, voici nouvelle par nouvelle mes impressions :

Le chat perdu (Linda Evans) :

Faisant thématiquement suite à la première nouvelle du premier recueil, nous voici embarqué dans une histoire où l'on pourra découvrir une partie de l'étendue de l'intelligence des chats sylvestre, ainsi que les raisons qui font que ce point n'est pas (re)connu partout dans le Royaume de Manticore.
Une nouvelle très sympathique où l'on pourra découvrir tant de choses sur nos boules de poils préférées sur fond de sauvetages en cascade.

Le prix des rêves (David Weber) :

Dans cette nouvelle, on assiste à un des éléments fondateurs de la protection des chats par les manticoriens, à savoir la première adoption d'un chat et d'un souverain de Manticore (ici une reine) sur fond d'assassinat commandité.
Période clef s'il en est, cette nouvelle est très agréable à lire, et permet de mettre en exergue le pourquoi du nombre restreint d'adoption, à une époque pré-prolong et où la durée de vie d'un homme est bien inférieure à celle d'un chat (même sans compter les guerres ^^).

Le gambit de la Reine (Jane Lindskold) :

Nous retrouvons dans cette nouvelle la future reine Elisabeth III, celle qui gouverne dans le cycle d'Honor Harrington.
On assiste ainsi au meurtre du roi Roger et de l’accession au trône d'Elisabeth et de l'enquête que cette dernière mène sur la mort de son père.
Politique et trahison sont de rigueur.
Cette nouvelle, sans être la mieux écrite, est sans doute celle qui est la plus importante historiquement, puisqu'elle permet déjà de voir le caractère de la Reine, mais surtout d'où provient son antipathie pour les gens de Havre... Et sa volonté farouche de préparer son Royaume à la guerre.

Un retour difficile (David Weber) :

Récit d'un sauvetage qui permettra l'émergence de l'amitié entre une certaine Honor Harrington et Susan Hibson...
Un plaisir de retrouver 2 personnages bien connus de la saga.
Par ailleurs, dans cette nouvelle, on retrouve l'attitude caractéristique d'Honor Harrington et est sans doute la nouvelle qui se rapproche le plus d'un roman du cycle en termes de construction, notamment en rencontrant Honor à bord d'un de ses premiers vaisseaux.

Pilonnage d'artillerie (Roland J. Green) :

Je ne vais pas m'étendre sur cette nouvelle qui se passe sur Erewhon et où on suit des barbouzes au cours d'une mission assez brouillonne.
Nouvelle sans grand intérêt.

Note

Un 17/20 pour ce tome. La plupart des nouvelles sont intéressantes tant à lire qu'au point de vue apport dans l'Histoire du Royaume de Manticore.
En plus, cerise sur le gâteau, ce recueil est assez conséquent (500+ pages), et ça, ça signifie des nouvelles pas trop courtes et du plaisir.
À ne pas manquer si on aime la série donc.

Série : Cycle d'Honor Harrington

Série principale

  1. Mission Basilic (déjà lu)
  2. Pour l'honneur de la reine (déjà lu)
  3. Une guerre victorieuse et brève (déjà lu)
  4. Au champ du déshonneur (déjà lu)
  5. Pavillon de l’exil (déjà lu)
  6. Mascarade silésienne (déjà lu)
  7. Aux mains de l’ennemi (déjà lu)
  8. La disparue de l'enfer (déjà lu)
  9. Les cendres de la victoire (déjà lu)
  10. Plaies d'honneur (déjà lu)
  11. Coûte que coûte (déjà lu)
  12. En mission (déjà lu)
  13. L'orage gronde (avis)
  14. [Uncompromising Honor (non traduit)]

La Couronne des esclaves

  1. La couronne des esclaves (déjà lu)
  2. Torche de la liberté (déjà lu)
  3. Les bas-fonds de Mesa (avis)

Saganami

  1. L'ombre de Saganami (déjà lu)
  2. L'ennemi dans l'ombre (déjà lu)
  3. L'ombre de la liberté (avis)
  4. L'ombre de la victoire (avis)

Autour d'Honor

  1. Autour d'Honor (avis)
  2. Les Mondes d'Honor (avis)
  3. Une aspirante nommée Harrington (non lu)
  4. Au service du sabre (non lu)
  5. [In Fire Forged (non traduit)]
  6. [Beginnings (non traduit)]

Guide

  1. La maison d'acier (non lu)

Avant le déluge - Les Extraordinaires et Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé T02 de Raphaël Albert

Couverture livre - critique littéraire - Avant le déluge - Les Extraordinaires et Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé T02 de Raphaël Albert

Récit

Panam, dans les années 1880.
La ville est la capitale d'un vaste royaume où les humains côtoient des nains, ogres, lutins et autres peuples fantastiques. Des motos à vapeur y doublent coches et centaures taxis. La magie très codifiée par des mages académiciens sert à la vie de tous les jours. Sylvo Silvain, un elfe exilé de sa lointaine forêt y a jeté l'ancre et ouvert une agence de détective privé. Le voilà enfin les poches pleines, à la tête d'une équipe haute en couleur.
Les affaires tournent et l'argent fait des petits ! Nonobstant, son ami l'ambitieux journaliste Jacques Londres disparaît dans des conditions louches. Aidé de ses comparses, Sylvo se lance à sa recherche. Cette fois, le tragique et la Grande Faucheuse s'invitent.


Impression

Suite d'un véritable coup de cœur
(que vous pouvez trouvez ici), nous suivons la suite des affaires de Sylvo Sylvain, notre détective elfique.

Pour rappel, il s'agit d'un univers mêlant fantasy et steampunk, dans lequel nous évoluons dans les rues de Panam, transfiguration de Paris dans une fin XIXème siècle où magie, êtres féeriques et technologie à vapeur cohabitent.

Nous y suivons donc la vie de Sylvo, qui après ses premières aventures, se retrouve à la tête d'une grande fortune, mais aussi de relations plus ou moins tendues avec les autorités et les "gens qui comptent".

Le premier point c'est que nous retrouvons de nouveau le superbe décors de Panam. Toujours aussi bien décrite, donnant toujours autant l'envie de s'y perdre, on perd toutefois la nouveauté. On s'attend à cette beauté, et bien qu'on soit servi, l’engouement de la première découverte n'y est plus.
Loin de dire que c'est une déception, mais on n'est plus dépaysé.

En second lieu, nous nous trouvons face à une véritable enquête. Autant dans le précédent, nos interlocuteurs y allaient à contre-cœur, autant cette fois-ci, ils y vont (presque) de leur propre gré.
De ce fait, on se retrouve avec une enquête que je trouve un plus structurée et moins faite de coïncidences que pour le premier tome.
Cette dernière est d'ailleurs pleine de rebondissements, et même si très vite dans le livre j'ai entrevu le cadre générale de cette enquête, l'histoire n'en a pas été moins agréable à suivre, tant l'atmosphère et les personnages forment ces petites choses qui rendent ce livre si agréable à lire.
De plus le rythme y est constant, mêlant phases de recherche et d'action, ce qui fait qu'on ne voit pas les pages passées.

D'ailleurs, en parlant de personnages, on retrouve nos deux "héros" principaux, accompagnés cette fois ci d'une fine équipe, sur laquelle Sylvo se repose. Et il est agréable de voir que celle-ci n'est pas la pour la figuration, mais est belle et bien un réel participant à cette aventure.

Cet épisode permet d'ailleurs de poser quelques prémices de la "Faute" qu'à commise Sylvo et qui lui vaut d'être exilé. Et bien que l'on a que des données fragmentaires, cette ligne rouge à elle seule fait que dans tous les cas, la suite sera lue.

Rajoutez y une écriture à la fois corrosive, pleine d'humour et directe, et vous obtenez la digne suite du premier tome (que je qualifiais de bijou).

Note

Un 17/20 pour ce livre qui arrive à instaurer une atmosphère très prenante, à proposer des personnages auxquels on s'attache, et une histoire dans laquelle on ne s'ennuie pas.
Une note en léger recul par rapport au premier opus, car le véritable coup de cœur que j'avais eu sur le précédent tome n'est plus présent... peut-être en raison de l'absence de nouveauté dans l'univers de cette série. À défaut d'un coup de cœur, on a donc cette lecture très prenante et mieux structurée que le premier tome.
Plus que chaudement recommandé donc.

Série : Les Extraordinaires et Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé

  1. Rue Farfadet (chroniqué)
  2. Avant le déluge (chroniqué)
  3. Confessions d’un elfe fumeur de lotus (non lu)
  4. De bois et de ruines (non lu)

Martyrs, T01 de Olivier / Oliver Péru

Martyrs, T01 de Olivier / Oliver Péru

Récit

Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d'un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu'ils se croient à l'abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d'un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d'embraser le monde, que les puissants tissent de noires alliances, ils vont devoir choisir un camp. Leur martyre ne fait que commencer...

Impression

Coup de cœur pour certain(e)s, très bonnes critiques par ailleurs, j'aborde cet auteur, dont c'est le premier écrit que je lis, avec délectation, pour le bon moment que je m'apprête à passer.
Cela étant dit, comme toujours dans ce genre de cas, j'essaye de ne pas me figurer un chef d’œuvre... tant le risque de déception peut être à la clef.

Univers classique de Fantasy, où l'on retrouve un royaume où la révolte couve.
La description géopolitique du royaume est, à mon sens, dense et intéressante : de multiples cultures existent, coexistent, s'affrontent dans ce royaume où la paix est toute relative, et maintenue d'un gant de fer.

Ajoutons un lot d'intrigues et de rebondissements et vous obtenez un très bon mélange.

Là où je m'écarte des autres critiques que j'ai pu lire sur ce livre, c'est au niveau de la complexité et des rebondissements.
Sans aller à dire qu'ils étaient téléphonés, beaucoup de ces événements sont prévisibles. Cela dit, l'ensemble est suffisamment dense, fluide et entraînant pour que cela ne gêne pas en soit la lecture. Du plaisir donc oui, de l'étonnement... plutôt à la marge.

Côté personnages principaux, on en a un certain nombre, et chacun avec ses motivations, ses cadavres dans le placard et ses objectifs.
Certains pourront trouver qu'ils sont nombreux, toutefois l'ensemble reste très digeste, et comme aucun personnage ne se ressemble vraiment, la distinction se fait très bien.

Et pour rester dans le classicisme, on va retrouver nos 2 héros malgré eux. Toutefois, les choses se corsent lorsque l'on découvre leur profession (assassins), leur origine (Arseker : genre de sur-hommes... ayant subis un génocide et dont les rares membres restant sont pourchassés), et surtout, qui ne veulent rien avoir à faire avec le monde qui les entoure.
Mais le destin n'aimant pas une vie tranquille semée de cadavres, l'arrivée de ses gros sabots ne manque pas de mettre le dawa dans leurs projets.

Côté plume, le style est fluide, et les événements s’enchaînent sans pour autant défiler à vitesse grand V. Du coup, le lecteur a le temps de s'interroger, sans pour autant s'ennuyer. Un très bon point.

Note

Un 17/20 pour ce livre. Un très bon livre, certes classique, et qui n'a pas réussi à réellement me surprendre, mais qui toutefois ne manque pas rythme et présente un univers cohérent et intéressant à découvrir.

Une très bonne lecture à conseiller donc. La suite sera évidemment lu.

Série : Martyrs

  1. Martyrs, tome 1 (chroniqué)
  2. Martyrs, tome 2 (chroniqué)
  3. Martyrs, tome 3 (non lu)

L'homme sans visage - Les chroniques de Durdane, T01 de Jack Vance

L'homme sans visage - Les chroniques de Durdane, T01 de Jack Vance

Récit

Les hommes ont oublié la planète Durdane. Pour eux, elle n'est plus qu'un mythe. Seuls les membres de l'Institut d'Histoire la visitent encore.
Dans le pays de Shant, tous les adultes ont le cou pris dans un « tore » qui peut exploser au signal de l'Homme sans visage. Nul ne l'a vu, nul ne sait qui est, et pourtant chacun sait qu'il existe. Il rend « justice », assez rarement d'ailleurs, et son nom seul sème l'épouvante.
Tout jeune, Gastel Etzwane a choisi de devenir musicien errant, comme son père. Il a quitté son canton malgré l'interdit. Suprême sacrilège, il a refusé de porter le tore. Il a mérité trois fois la mort. Il veut devenir maître de son propre destin.


Impression

Je m’aperçois qu'il s'agit ici du premier livre de Jack Vance que je chronique. Et bien sachez que pour le prix d'un, vous en aurez 3, car je me suis fais l'ensemble des chroniques de Durdane d'un coup.

L'écriture de Jack Vance est à chaque fois pour moi une source d'étonnement. Sous une écriture simple et très accessible, Jack Vance arrive à faire vivre son univers, à le faire vraiment se révéler, à le sublimer en ne laissant aucun artifice qui ne serve pas directement à l'ambiance.
De plus la simplicité de son écriture s'allie très bien avec les mondes qu'il dépeint. Sensation que j'ai à chaque fois retrouvé dans les écrits que j'ai découvert de lui.

Le monde de Durdane est un monde qui se découvre principalement par la couleur. Imaginez que l'ensemble de nos façons de vivre, de nos tons oraux soit dans ce monde exprimé par les couleurs que portent les habitants du Shant, une région de Durdane, planète où se place l'histoire.
Une véritable symphonie toute en subtilité va donc apparaître basée sur la description visuelle, où les couleurs y ont un véritable langage.
Je dirai que rien que pour découvrir ce monde étrange, cela vaut le coup.

Dans ce premier tome, nous suivons le jeune Gastel Etzwane qui rêvant de liberté va se lancer dans la quête de l'homme sans visage. Ce dernier en effet fait régner la justice dans le Shant, et Gastel souhaite le rencontrer pour exposer son cas et ainsi acquérir la liberté pour lui et sa mère.
Mais difficile à trouver est l'homme qui n'a pas de visage et de multiples noms. Ou bien est-il une chimère ? Et comment un jeune enfant compte-t-il combattre l'ensemble des règles qui forment sa société ?

Ce tome nous lance donc dans la quête d'un homme inconnu de tous, et nous permettra ainsi de découvrir la région du Shant ainsi que les coutumes de son peuple, tout en poussant la réflexion sur le rôle des traditions et comment celles-ci s'appliquent aux gens.

Note

Un 17/20 pour ce livre. Un plongeon grandiose qui prend une saveur (teinte ?) qui se rapproche assez de mes impressions à la lecture du cycle de Tschaï.
Un univers fascinant à découvrir, porté par un style d'écriture épuré qui permet de faire ressortir la force de ce nouveau monde... Un vrai plaisir que je recommande.

Les critiques du
tome 2 et du tome 3 suivent pour ceux qui veulent découvrir le reste de l’œuvre.

Série : Les chroniques de Durdane

  1. L'homme sans visage (chroniqué)
  2. Les paladins de la liberté (chroniqué)
  3. Asutra ! (chroniqué)

La voie des furies de David Weber

La voie des furies de David Weber

Récit

"Tu es en train de mourir, murmura la voix, et j’en ai appris davantage sur la mort que je n’aurais cru possible. Alors dis-moi… es-tu sérieuse ? Serais-tu réellement prête à tout donner pour te venger ? — Tout ! hoqueta Alicia. — Pèse bien le pour et le contre, petite. Je peux t’offrir ce que tu veux… mais le prix en sera… toi-même. Es-tu disposée à payer aussi cher ?" 
Ainsi le capitaine Alicia DeVries, du Cadre impérial, survit contre toute raison à la destruction de son monde natal et au massacre de sa famille au cours du raid de mystérieux pirates. Et elle ne vivra plus que pour la vengeance. 
Mais qui l’a sauvée ? 
Pour quelle rétribution ? 
Dans la longue quête qui doit la mener aux têtes pensantes d’un gigantesque complot contre l’Empire, mise au ban de la Flotte, confrontée à des trafiquants de tout poil, Alicia découvrira ce qu’il en coûte d’emprunter la voie des Furies.

Impression

Il faut croire qu'en ce moment, la mythologie me rattrape même quand je ne l'attends pas.
En effet, après le diptyque d'
Ilium / Olympos de Dan Simmons, la voie des furies fait elle aussi apparaître un personnage mythologique qu'est la furie Tisiphone (la furie de la Vengeance).
Alors, évidemment, rien à voir avec ces précédents livres, si ce n'est que la présence de Tisiphone.

Ce livre débute au staccato des mitraillettes... et le rythme sera ainsi martelé tout le temps du livre. Peu de temps mort, alternance d'action, de politique et d'infiltration. On s'y accroche, et on n'en démord pas.

Ce livre commence par une attaque pirate "sans foi ni loi", comprendre que viols, exactions, et massacres sont de mises.
Seulement voilà, Alicia DeVries, une de nos trois héroïnes, va quasiment voir se faire massacrer sa famille. Manque de bol pour les pirates, elle appartient au Cadre impérial, sorte de forces spéciales de l'Empire allaités aux augmentations bio et cybernétiques.
Toutefois, malgré son entrainement, et vu qu'elle est prise au dépourvue, dérouillé les 25 pirates à elle toute seule, ça passe... mais en y laissant la vie au passage.

Et c'est là qu'intervient Tisiphone, demi-déesse de la Vengeance, qui attirée par la soif de vengeance (justement) de la mourante lui passe le deal de la faire survivre pour réaliser sa vengeance... au prix de son âme (ou quasiment).

On suivra donc la quête d'Alicia pour retrouver les responsables de ces actes barbares.
Et il s'avère que les pirates ne sont pas forcément ce qu'ils paraissent, entrainant cette quête de vengeance dans des situations de plus en plus explosives dans la mesure où la politique y va de sa petite pâte.

Pour les fans de David Weber et d'Honor Harrington, vous aimerez sans aucun problème.
SF militariste, règles d'engagement et possibilités techniques sont de mises, même si la technologie et l'univers ne sont pas ceux de celui d'Honor. Amis rétifs aux explications technologiques, abordez ce livre avec précautions. Pas d'explication nécessitant un bagage scientifique particulier, toutefois les conséquences des quelques principes présentés sont le cœur même des combats spatiaux... ce qui en fait un élément à comprendre pour bien appréhender la tournure du livre (comme c'est le cas dans l'univers d'Honor Harrington somme toute).

Ajoutez y une touche d'humour (principalement dans les échanges entre les différents habitants d'Alicia) et cela s'avale tout seul.

Au final, une très bonne lecture même si l'histoire se déroule de manière assez linéaire. Toutefois l'idée de base du roman est intéressante et bien exploitée.

Note

Un 17/20 pour ce livre qui nous accroche et ne nous relâche plus jusqu'à la fin. Du rythme, de l'humour, pas de longueur. Avec un petit bémol pour le scénario qui se déroule de manière assez linéaire.
Toutefois on y croit et cela reste une très bonne lecture.

Olympos - Ilium T02 de Dan Simmons

Olympos - Ilium T02 de Dan Simmons

Récit

Échappant au scénario d'Homère, Achille et Hector se sont alliés pour vaincre les dieux et assiéger leur forteresse martienne. Ils profitent de la porte ouverte dans l'espace par les Moravecs, qui leur apportent un sérieux appui. Mais la porte commence à se refermer...
Sur Terre, les Voynix, qui ont longtemps été les serviteurs des Derniers Hommes, ont soudain entrepris de se révolter. Les Derniers Hommes, élevés dans la soie, vont devoir apprendre à se battre…


Impression

Oyez, oyez !
Vous rappelez-vous de l'Iliade ? La guerre de Troie ? Cette guerre où Hélène est le tribut ?
Ma précédente critique sur Ilium, premier tome de ce diptyque ?
Et bien nous retrouvons cet univers.
On se retrouve quelques mois après la fin d'Ilium (le roman, pas la ville). Héros grecs et moravec d'un côté, dieux de l'Olympe (et d'ailleurs) de l'autre. Le tout est sur un point d'équilibre dans cette guerre contre les dieux.

Véritable suite indissociable du premier tome, ce dernier nous conte la guerre des dieux, et le rôle que jouent les différents protagonistes que nous avions rencontrés. Moravecs, humains à l'ancienne, post-humains, troyens et achéens, tous ont leur rôle à jouer pour lutter contre ces dieux.
Mais comment défier les dieux et faire autre chose que mourir avec honneur ?

Suite du précédent tome, vous y retrouverez le même style : combats épiques, humour corrosif, mélange de cultures (l'Iliade évidemment, mais aussi du Shakespeare et du Proust) dont l'auteur a su lié les différents intervenants par l'intervention des sciences (fictives ^^).

Si vous avez aimé Ilium, la lecture d'Olympos est indispensable pour connaître la fin de tout cela. Le rythme y est le même, et de nombreux mystères y sont résolus.

Ma seule déception ? La fin. Je la trouve beaucoup trop convenu, et j'ai du mal à comprendre comment les égos de certains protagonistes peuvent s'accorder avec la fin qui y est décrite. Cela dit, ce point ne concerne que les 40 dernières pages du roman... sur plus de 1000. L'honneur est plus que sauf !

Comme pour le premier tome, ce livre est un pavé : 1024 pages au compteur dans l'édition poche, où les actions et les protagonistes s’enchaînent. Toutefois, si vous êtes arrivés au bout du premier tome, vous ne les verrez pas passées (à vrai dire, encore plus vite que celles du premier tome en ce qui me concerne).
De même les références culturelles et scientifiques étant les mêmes qu'au premier tome, vous ne serez pas désorienté.

Au final, une très bonne lecture.

Attention toutefois. Si vous avez la fibre tatillonne sur le côté religion (entre juifs et musulmans), je préfère vous prévenir que l'auteur a la main lourde sur les méfaits des musulmans à l'encontre du peuple juif.
L'auteur est coutumier du fait de poser le peuple juif en victime (cf. l'échiquier du mal). Vous voilà prévenu.

Note

En définitive un 17/20 pour ce livre qui continue à mêler mythologie, science-fiction et humour avec brio. Rajoutez-y un "cour" de compréhension de la littérature de Shakespeare et Proust (mais compréhensible même par un inculte comme moi) et vous trouverez une œuvre vraiment à part.
Une note un peu moins élevée que pour le premier tome en raison de la fin à laquelle je n’accroche pas totalement, mais cela reste pour moi du très bon.

Série : Ilium

  1. Ilium (chroniqué)
  2. Olympos (chroniqué)

Vide en évolution - Trilogie du Vide T03 de Peter F. Hamilton

Vide en évolution - Trilogie du Vide T03 de Peter F. Hamilton

Récit

Inspirés par Celui-qui-marche-sur-l'eau, des millions de pèlerins s'embarquent pour un long voyage qui doit les conduire dans le Vide, situé au cœur de la Voie lactée.
Leur arrivée déclenchera l'expansion de cet univers artificiel et sonnera le glas de notre galaxie.

Ceux qui souhaitent empêcher le pèlerinage du Rêve vivant n'ont plus beaucoup de temps devant eux ! En fuite, poursuivie par toutes les Factions du Commonwealth, la Rêveuse Araminta comprend qu'elle ne peut pas échapper à son destin. Elle décide de reprendre le contrôle de la situation et d'affronter le Rêve vivant, expérience qui la transformera d'une manière tout à fait extraordinaire.

Impression

Ce  livre, dernier tome de la trilogie du Vide, se passe dans le même univers que la tétralogie de l'Etoile de Pandore. 1 500 ans plus tard très exactement.
Les progrès de la science humaine fait qu'on y retrouve nombre des protagonistes de cette tétralogie, mais sa lecture n'est pas obligatoire pour attaquer cette trilogie.
Suite du premier tome
(critique à lire ici) et second tome (critique à lire par là), on y retrouve un Commonwealth en pleine déconvenue : certes la menace physique des autres extra-terrestres a été gérée... mais la Terre et l'ANA, cet ensemble d'esprit qui dirige le Commonwealth de manière éclairée n'est plus.

Côté humains, seuls les penseurs (Inigo, Araminta, et Gore dans l'ordre) semblent encore en mesure de contrer Les accélérateurs (une des faction de la branche Haute) et le Rêve vivant de réaliser le pèlerinage et ses conséquences directes à savoir l'expansion du vide et la fin de cette galaxie.
Côté extra-terrestre, seuls les Raiels et peut être les Anomines semblent avoir un mot à dire.

Ce troisième tome clos donc les intrigues et tactiques mises en place lors des deux précédents romans. L'action prédomine... il ne reste plus qu'à savoir sur quel cheval miser... La technologie Raiel? Les penseurs et leur contact avec le vide ? Ou bien les Burnelli ?

Contrairement aux tomes précédents, l'alternance SF/Fantasy entre le monde dans le Vide et le monde à l’extérieur, qui donnait un plein de charme aux tomes précédents, est  très restreinte. À contrario, l'action se déroule maintenant au cœur des deux univers afin de résoudre cette crise entre le Vide et le reste de la galaxie.

Ce livre est donc la conclusion de cette trilogie, et cela se sent bien. Plus ou peu de nouvelles intrigues mises en place. On déroule tout ce qui a été mis en place précédemment. Cela étant dit, cela ne veut pas dire que les rebondissements et le rythme ne sont pas là.

Au final, une petite déception dans la partie finale de ce roman, qui ne permet pas d'expliquer correctement à mon sens, le pourquoi de certaines chronologies. Un petit bémol très relatif toutefois, tant l'univers est prenant et qu'il est agréable de se faire surprendre par certains points qui restaient en suspens.

Note

17/20 : Un space-opera bien mené, une jonction SF / Fantasy (moindre), et un petit bémol sur la façon de mener la fin de cette trilogie.
La saga en elle-même, tous tomes compris, vaut un bon 19/20 : à recommander donc... C'est un bonheur pour vos pupilles.

Série : Cycle du Commonwealth

La Saga du Commonwealth

  1. Pandore abusée (lu et non chroniqué)
  2. Pandore menacée (lu et non chroniqué)
  3. Judas déchaîné (lu et non chroniqué)
  4. Judas démasqué (lu et non chroniqué)

La trilogie du vide

  1. Vide qui songe (chroniqué)
  2. Vide temporel (chroniqué)
  3. Vide en évolution (chroniqué)

Les naufragés du Commonwealth

  1. L'Abîme au-delà des rêves (non lu)
  2. Une nuit sans étoiles (non lu)