Le Puits de l'Ascension - Fils-des-brumes, tome 2 / Brandon Sanderson

Couverture livre - critique littéraire - Le Puits de l'Ascension - Fils-des-brumes T02 de Brandon Sanderson

Récit

Le Seigneur Maître est tombé.
La guerre peut commencer.

En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible.
À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture le jeune noble idéaliste doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire.
Mais trois armées menées par des factions hostiles, dont celle des monstrueux koloss, font le siège de Luthadel.

Alors que l’étau se resserre, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir.

Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ?

Impression

On reprend le récit après la victoire de la bande à Kelsier sur le Seigneur-Maître. Point positif : 1000 ans de tyrannie réduite à néant. Point négatif : 1000 ans de guerres intestines écrasées par la botte implacable du Seigneur-Maître renaît de ses cendres.
Point intéressant : toutes ces bonnes gens veulent, pour une raison ou une autre, récupérer la gouvernance du dominion central, là où se trouvent Vin, Elend et les autres compagnons. Chouette non ?

Au passage, on en apprend aussi beaucoup plus sur l'histoire du Seigneur-Maître, et que, peut-être, sa mort peut avoir des conséquences autres que diplomatiques.

En tout état de cause, ce livre permet d'en apprendre beaucoup sur l'histoire de ce monde. À la pelle, on en apprend plus sur l'histoire en tant que tel, les légendes autour du Héros des siècles / Seigneur-Maître, les différentes magies et notamment une vraie plongée dans la ferrochimie qui était effleurée dans le premier tome.

Le gros point fort de ce livre / cette série, c'est vraiment ce système de magie. Défini avec des règles assez simples dans le principe, et surtout des règles très carrées, tout dérive de comment utiliser ces règles, avec potentiellement de l'astuce pour en tirer la quintessence.
Pas de Deus ex machina. Les règles s'imposent pour les gentils comme pour les moins gentils. Si ça aide Vin, ça aide les autres, et inversement, si les autres peuvent le faire, Vin aussi... Suffit de comprendre comment y arriver.
Et j'avoue que cet équilibre des forces et les astuces nécessaires pour en tirer leur quintessence rend fondamentalement ce récit intéressant.

Côté récit justement, on se retrouve sur un récit assez classique, mettant aux prises des tyrans voulant retrouver / augmenter leurs pouvoirs et des idéalistes s'essayant à la gestion d'une cité et à la préserver des appétits des premiers. Le tout complété de divers questionnements sur la place de chacun.
Le récit est bien mené, et apporte un certain nombres de rebondissements. Certains gros, d'autres beaucoup plus subtils, et le tout en les intégrant bien dans la trame de l'histoire (autrement dit, les rebondissements sont logiques avec l'histoire / l'univers décrit).

Le style d'écriture est toujours présent. Jolies descriptions, notamment des combats d'allomanciens qui mettent bien en valeur la stratégie fine nécessaire pour être un bon brumant / fils des brumes.
La façon de conter l'histoire est prenante et on appréciera le résumé de l'épisode précédent mis en liminaire, qui permet d'une part de rafraîchir la tête aux lecteur⋅trice⋅s, mais aussi, de manière sommaire de bien s'assurer que tout le monde a bien compris les éléments clefs du premier tome. Mine de rien, ça doit pouvoir permettre d'éviter certains écueils ou incompréhensions.

Côté personnages, on retrouve la bande à Kelsier, qui n'est plus totalement dans son élément puisque ces derniers ont été placés à des positions stratégiques par le roi Elend du dominion central.
Pas mal de psychologie sur ces êtres qui ont participé à la chute du Seigneur-Maître, mais qui ne réalisent pas forcément (ou ne recherchent pas) qu'ils sont désormais plus que le groupe de ska qui a mis le Seigneur-Maître à terre. Mention spéciale pour Vin et Elend évidemment sur le sujet, mais pas que.
On découvre aussi d'autres protagonistes, notamment les koloss, qui bien que bas du front, montrent qu'ils sont somme toute plus complexe qu'on ne le croit. On explorera un peu plus la nature profonde des kendra, ces change-formes honnis mais convoités. Et puis Zane, un fils des brumes un poil dérangé qui pourtant arrive à cueillir votre petit cœur pour qu'on s'attache à lui.

Bref, ce second tome continue d'explorer l'histoire de Vin et ses amis, mêlant le fait de « grandir » pour ces personnages à la découvertes plus approfondies de ce qui tourne autour du Seigneur-Maître... avec manifestement de belles surprises en perspectives.

À noter qu'autant le premier tome pouvait se suffire à lui-même, ce second tome est clairement une introduction à défi bien plus grand. La fin est magnifique, et si comme moi vous vous êtes fait⋅e⋅s rouler dans la farine, ça n'en sera que plus agréable.

Note

Un 19/20 pour ce livre qui a su enchanter mon esprit. L'univers, toujours dans la high-fantasy classique n'en reste pas moins terriblement intéressant à découvrir et les magies mises en place par l'auteur sont à la foi simples en termes de règles d'utilisation, mais tellement source de façons imaginatives et créatives de s'en servir.

Les personnages toujours bien décrits et attachants et une histoire du monde qui amène un superbe final livrent un second tome sans faute et poussant à la poursuite du cycle au regard du final livré.

Okay, on peut m'inscrire au fan club de Brandon :-)

Systèmes de magie

Cette section résume la connaissance qu'on a des systèmes de magie à la fin du second tome. Même si ça ne dévoile rien de « crucial », ça peut divulgâcher certaines surprises. Lisez à vos risques et périls.

Ferrochimie

La ferrochimie, magie de type héréditaire et présente chez certains terrisiens (et feu le Seigneur-Maître, qui l'était lui même). Cette magie consiste à pouvoir stocker ou puiser un attribut dans un objet en métal (dénommé cerveau) selon la nature de ce métal. Plus le cerveau est important, plus il peut stocker de quantité de l'attribut.

Le stockage est personnel (on ne peut puiser un attribut dans le cerveau d'un autre ferrochimiste). Pour pouvoir puiser dans le cerveau, il faut d'abord y avoir stocker l'attribut. Par exemple, si on veut y puiser de la vitesse, cela signifie qu'il faut auparavant y stocker sa vitesse, ce qui revient à dire de vivre comme pris dans de la mélasse pendant qu'on y stocke de la vitesse.

Chaque métal peut stocker un attribut particulier :

  • Fer : Masse. Si on y puise, on devient plus lourd. Quand on le stocke on devient léger, pratique pour ne pas chuter trop lourdement / sauter haut.
  • Acier : Vitesse. Si on y puise, on peut se déplacer rapidement. Quand on le stocke, on bouge comme pris dans de la mélasse.
  • Cuivre : Mémoire. Permet d'engranger (et de restituer) de nombreuses informations.
  • Bronze : Éveil. Si on y puise, on n'est plus touché par la fatigue et on est plus attentif. Inversement quand on y stocke.
  • Étain : Sens. Si on y puise, on améliore son sens (vue, toucher, ouïe, odorat, goût). Quand on stocke la sensibilité du sens diminue. Un seul sens stockable par cerveau.
  • Potin : Force. Si on y puise, on augmente sa force. Quand on le stocke on devient chétif.
  • Zinc : Vivacité d'esprit. Si on y puise, on réfléchit plus vite. Quand on le stocke on devient lent d'esprit.
  • Laiton : Chaleur. Si on y puise, on peut résister au froid (on récupère de la chaleur). Quand on le stocke on se refroidit (pratique pour la canicule).
  • Or : Santé. Si on y puise, on peut guérir. Quand on le stocke on devient malade.
  • Électrum : Détermination. Si on y puise, on augmente sa détermination. Quand on le stocke, on n'a plus de constance.
  • Atium : Temps. Si on y puise, on rajeunit. Quand on le stocke on devient vieux.
  • Malatium : ?
  • Aluminium : ?
  • Duralumin : ?

Allomancie

L'allomancie, magie de type héréditaire et présente chez la noblesse (et chez feu le Seigneur-Maître, qui est aussi un allomancien) dans le monde de Fils-des-brumes. Cette magie consiste à consommer dans son estomac un métal. L'effet varie selon la nature de ce métal. Les brumants peuvent consommer un seul métal tandis que les fils-des-brumes peuvent les consommer tous.

La force de la magie n'est pas variable d'un individu à l'autre. Ainsi un brûleur de Potin verra sa force et son équilibre augmenté, dans les mêmes proportions pour chaque utilisateur. Ainsi un brûleur de potin costaud restera plus fort qu'un brûleur de potin maigrichon.

Chaque métal / alliage a un effet magique particulier. De manière générale, l'alliage a l'effet opposé à son métal de base :

  • Fer / Acier : Attire / Repousse le métal (sauf l'aluminium et ses alliage ou les métaux au moins en partie dans le corps humaine).
  • Cuivre / Bronze : Masque / Localise l'usage d'allomancie. Le cuivre permet aussi de se prémunir de l'allomancie émotionnelle (zinc / laiton).
  • Étain / Potin : Augmente l'esprit (sens, vivacité, fatigue mentale) / le physique (force, robustesse, guérison physique, équilibre, vitesse, fatigue physique).
  • Zinc / Laiton : Attise / Apaise une ou des émotions chez une ou plusieurs personnes.
  • Atium / Malatium : Permet de voir le futur / passé d'autrui.
  • Or / Électrum : Permet de voir son passé / futur. L'usage d'Électrum (voir son propre futur) permet de contre-carrer l'effet de l'Atium (voir le futur des autres) de la même façon que lorsque 2 allomanciens brûlent de l'atium.
  • Aluminium / Duralumin : Purge d'un coup tous les métaux chez un allomancien / Amplifie la force des autres métaux brûlés en les brûlant d'un seul coup (on peut choisir lesquels brûler).

Comparaison

À noter que la force de l'allomancie est de ne pas nécessiter d'avoir stocker son pouvoir en avance de phase. Il suffit d'avoir du métal à brûler pour ce faire. En contrepartie, la force de l'allomancie est limitée aux capacités de l'allomancien (capacité à cerner et manipuler pour l'allomancie émotionnelle, masse pour le fer et l'acier, force et agilité pour le potin...). On est donc sur une magie dont la force est globalement commune à pour chaque allomancien, seul la capacité à en faire le meilleur usage différencie leurs utilisateurs. Elle permet par contre une versatilité importante, dès lors que les métaux sont disponibles.

A contrario, la ferrochimie impose d'avoir passé du temps à stocker de l'attribut en amont, et d'avoir des cerveaux métalliques disponibles et en son contact. Mais la force de l'usage ne dépendra que de la vitesse à laquelle on puise / stocke de l'attribut et la capacité disponible du cerveau. On est donc sur une magie plus puissante, mais demandant plus de préparation.

Série : Univers Cosmère (et ordre de lecture)

Abréviation des séries : AdR (Archives de Roshar), C (Cantique), D (Drominad), E (Elantris), FdB (Fils-des-Brumes), K (Komashi), L (Lumar), Thr (Thrénodie), W (Warbreaker)

Fils des Brumes (Scadrial)
FdB1 : L'Empire ultime (chroniqué)
FdB1.1 : Le Onzième métal (dans FdB4) (chroniqué)
FdB2 : Le Puits de l’ascension (chroniqué)
FdB3 : Le Héros des siècles (non lu)

Elantris (Sel)
E1 : Elantris (non lu)
E2 : [The Hope of Elantris] (non traduit)
E3 : L'Âme de l'empereur (non lu)

Fils des Brumes (Scadrial)
FdB3.1 : Sixième du Crépuscule (non lu)

Thrénodie
Thr1 : Des ombres pour Silence dans les forêts de l'Enfer (dans FdB3.1) (non lu)

Warbreaker (Nalthis)
W1 : Warbreaker (non lu)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR1 : La Voie des Rois
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Fils des Brumes - Wax et Wayne (Scadrial)
FdB4 : L'Alliage de la justice (non lu)
FdB4.1 : Jak L'Allomancien et les Fosses d'Eltania (dans FdB5) (non lu)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR2 : Le Livre des Radieux
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Fils des Brumes - Wax et Wayne (Scadrial)
FdB5 : Jeux de masques (non lu)
Archives de Roshar (Roshar)
AdR2.1 : Dansecorde (dans FdB3.1) (non lu)
AdR3 : Justicière
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Fils des Brumes - Wax et Wayne (Scadrial)
FdB6 : Les Bracelets des larmes (FdB) (non lu)
FdB6.1 : Histoire secrète (dans FdB6) (non lu)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR3.1 : Éclat de l'Aube (non lu)
AdR4 : Rythme de guerre
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Fils des Brumes - Wax et Wayne (Scadrial)
FdB7 : Le Métal perdu (non lu)

Komashi
K1 : Yumi et le peintre de cauchemars (non lu)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR5 : Vent et Vérité
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Lumar
L1 : Tress de la mer Émeraude (non lu)

Cantique
C1 : L'Ensolleilé (non lu)

Drominad
D1 : L'Île de Noirebraise (non lu)

Trois-fois-morte - La Cuisine des Ogres, tome 1 / Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andreae

Couverture livre - critique littéraire - Trois-fois-morte, tome 1 de La Cuisine des Ogres de Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andreae

Récit

À l'intérieur du mystérieux massif que l'on appelle « La Dent du Chat » vivent des ogres. Fin gourmets, leurs mets délicats se composent néanmoins d'ingrédients quelque peu inhabituels... Lorsqu'une jeune orpheline nommée Blanchette se fait capturer avec d'autres enfants pour être emmenée au cœur du cratère et servir de dîner à ses imposants habitants, le cauchemar s'installe.

Hachée, mijotée, écrasée : celle qu'on surnommera « Trois-fois-morte » met la faucheuse au défi : grâce à son courage (et un peu de chance), elle survit à tous les dangers et obstacles qui s'imposent à elle.

Avec l'aide du jeune korrigan Brèche-Dent, elle va devoir redoubler d'inventivité pour survivre à cet enfer et sauver ses amis.

Impression

Habituellement je ne chronique pas les BD ne me sentant pas légitime pour parler du côté graphisme. Et résumer une BD a une histoire, c'est un poil réducteur à mon goût.
Seulement voilà, cette fois, c'est un énorme coup de cœur me concernant.

Sans doute cette juxtaposition d’un dessin beau et tout en finesse avec la noirceur du récit, et au milieu de tout ça de l’entraide façon très conte de fées.
Des illustrations somptueuses, un récit enfantin mais sombre à la fois. Le tout principalement suggéré sans atrocités dessinées. Un vrai plaisir.

Je ne sais trop que dire de plus, si ce n'est de vous conseiller d'en tenter la lecture.

Note

Un 19/20 pour cette BD qui associe histoire cruelle, jolis dessins et entre-aide.
À lire (et regarder) de toute urgence (selon moi).

Série : La Cuisine des Ogres

  1. Trois-fois-morte (avis)
  2. Une Vie de vaurien (non lu)

Ellana - Le Pacte des Marchombres, tome 1 / Pierre Bottero

Couverture livre - critique littéraire - Ellanda, tome 1 du Pacte des Marchombres de Pierre Bottero

Récit

Seule survivante d’un groupe de pionniers après l’attaque de Raïs, au nord de l’Empire, une fillette est recueillie par le peuple des Petits. Elle grandit dans la Forêt Maison à l’écart des hommes et décide, à l’adolescence, de partir en quête de ses origines.

Sous le nom d’Ellana, elle croise le plus grand des marchombres, le maître Jilano Alhuïn, qui l’initie aux secrets de sa guilde. Son apprentissage est semé d’embûches, de rencontres et d’inimitiés. Au terme d’un voyage jusqu’au Rentaï avec Nillem, autre élève marchombre, Ellana reçoit la Greffe et l’héritage marchombre. Mais des mercenaires du Chaos la traquent…

Avant-propos

Dans le cadre des Suite de la lecture de cette saga à mes enfants, cette chronique se fait donc dans l'optique d'une lecture à des enfants et non pas une lecture adulte.

Impression

Les aventures d'Ewilan / Camille étant terminées (enfin celle des premiers cycles), nous pouvons commencer un cycle dédié à Ellana, la jolie marchombre qui accompagne Ewilan et a réussi l'exploit de corrompre le cœur d'Edwin ainsi que celui de nombreux⋅ses lecteur⋅trice⋅s.

Dans ce tome nous découvrons principalement la jeunesse d'Ellana. Ses parents, son enfance chez les Petits, les diverses expériences de la vie qui lui forgent son caractère ainsi que sa découverte de l'enseignement des Marchombres.
Tout cela permet de combler les lacunes qu'on peut avoir sur ce qui s'est passé avant et qu'Ellana élude gentillement dans les tomes d'Ewilan. Et même si l'on connaît évidemment la fin, on découvre ainsi les bouts de vie qu'elle a réussi à nous cacher jusque là.

Le récit est très agréable. On y redécouvre avec plaisir la plume de Pierre Bottero empreinte de poésie, qui réussit à nous faire sourire bien qu'on suive les aventures de notre entêtée préférée.
Les événements qui ponctue ce livre ne présentent pas de tournants décisifs bien entendu, mais ils n'en restent pas moins très agréables à lire, d'autant plus que la vie d'Ellana est tout sauf un long fleuve tranquille.

Livre pour enfants / jeunes adultes, on y suit la transformation d'une petite fille effrayée en adolescente rebelle au grand cœur. Bien qu'agissant en « adolescente », le caractère d'Ellana ne rend jamais son histoire par trop agaçante. Car si la modestie ne fait pas partie de ses qualités, elle est très fair-play quand son amour propre en prend un coup ou que son maître lui enseigne les choses plus durement que prévu. C'est clairement à destination des enfants, mais en tant que parents, ça se lit très bien.
D'ailleurs, comme d'habitude, le vocabulaire du récit est toujours très instructif et permet à nos enfants de réfléchir à la signification des mots.

Côté personnage, on (re)découvre donc Ellana principalement, mais pour autant tous les personnages qui partagent un morceau de vie à ses côtés sont très bien construits et décrits. On a beau savoir que la plupart resteront secondaires, la psychologie des personnages est fouillée et, pour autant que le permette un livre pour jeunes, les personnages sont tous nuancés quant aux raisons de leurs actions. Si évidemment l'archétype de la recherche de pouvoir existe, tous n'en sont pas affublés et les ambivalences existent.

Une mention particulière par ailleurs pour le côté poétique de la Voie des marchombres. Car si les personnages sont bien décrits, l'ensemble du livre respire de cette recherche de liberté que sous-tend la Voie et qui infuse tout au long de sa découverte par Ellana.

Plus qu'à lire la suite pour découvrir comment tout cela s'imbrique pour arriver à notre Ellana qu'on connaît.

Note

Un 19/20 pour ce livre.
Un livre qui dévoile, doucement, le passé d'Ellana et de comment elle arrive à se qu'elle est devenue. On y croise les malheurs et bonheurs qui ont su la construire et on en profite bien évidemment pour apprendre plus sur la voie des Marchombre.
C'est toujours très clairement orienté jeunesse mais ça reste très bon, voir addictif quand on aime le personnage en venant des 2 premiers cycles d'Ewilan. Et comble du bonheur : le personnage n'est clairement pas dévoyé. On retrouve bien l'Ellana qu'on aime en devenir.

Bref : vite, vite, la suite !

Série : Chroniques d'Ewilan - Univers de Gwendalavir

La Quête d'Ewilan

  1. D'un Monde à l'autre (avis)
  2. Les Frontières de glace (avis)
  3. L'Île du destin (avis)

Les Mondes d'Ewilan

  1. La Forêt des captifs (avis)
  2. L'Œil d'Otolep (avis)
  3. Les Tentacules du mal (avis)

Le Pacte des Marchombres

  1. Ellana (avis)
  2. Ellana : l'envol (non lu)
  3. Ellana : la prophétie (non lu)

L'Autre

  1. Le Souffle de la hyène (non lu)
  2. Le Maître des tempêtes (non lu)
  3. La Huitième porte (non lu)

Romans indépendants

  • Les Âmes croisées (non lu)
  • Le Chant du troll (non lu)
  • Isayama (non lu)
  • Les Aigles de Vishan Lour (non lu)

Servir froid - Terre de sang, tome 1 / Joe Abercrombie

Couverture livre - Terre de sang, tome 1 : Servir froid de Joe Abercrombie

Récit

C'est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la guerre…

Et la guerre peut-être un enfer, mais pour Monza Murcatto, Serpent de Talins, mercenaire célèbre et redoutée que ses victoires ont rendue très populaire, c'est aussi une bonne manière de se faire de l'argent. Toutefois cette notoriété n’est pas du goût de tous ses employeurs, notamment du Grand-Duc Orso qui entend balayer tous les obstacles dans sa lutte pour accéder au trône.
Pour prix de ses services, Monza se voit trahie, jetée du haut d'une montagne et laissée pour morte… ou presque. Bien que son corps soit brisé, son esprit réclame vengeance. Quoi qu’il lui en coûte, sept hommes devront mourir !

Elle aura à ses côtés des alliés hors du commun : un ivrogne charismatique, un empoisonneur fourbe, un meurtrier obsédé par les nombres et un barbare désabusé.
Leurs ennemis : plus de la moitié du peuple. Avec, à sa tête, les sept hommes qu’elle s’est jurée de tuer.

C'est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la vengeance…

Impression

On se retrouve dans le même univers que Premier sang et ses suites - tomes déjà chroniqués dans ce blog - mais de l'autre côté de la frontière, en Styrie. Styrie qui est un beau pays, où manifestement intriguer et guerroyer sont des passe-temps on ne peut plus répandu.

On va suivre la quête de vengeance de Monza Murcatto, mercenaire aux méthodes efficaces et à l'aura un poil trop importante pour son employeur qui va décider de s'en séparer. Bref une rupture de contrat unilatérale, sauf qu'ici, le travail est bâclé et que Monza va y survivre et va engager un recours aux Prud'hommes... Enfin dans le présent cas, plutôt chercher à se faire justice soi-même.
Le personnage est truculent à souhait et on ne saurait trancher entre l'envie de la voir crever devant tant d'égoïsme et l'impression saisissante de bravoure et de persévérance dans la souffrance qu'elle est capable de fournir.

Côté intrigue, on a une grosse rupture avec La Première loi puisque ici, point de politique alambiquée. On suit Monza qui cherche vengeance vis-à-vis d'un politique qui a cherché à éliminer une tête montante de part sa notoriété.
À cette image le roman est clair, net et précis. Cela dit, n'allez pas penser qu'on s'y ennuie une seconde. Car si la direction est évidente, les rebondissements sont présents dans la quête pour arriver à tuer les 7 responsables de sa déchéance. Que ces derniers soient dus au fait de réussir à tuer chacune de ces personnes ou qu'il s'agisse de gérer son « équipe ».
En effet, un des points intéressants du roman, ce sont les interactions de Monza avec son équipe « recrutée » pour sa vengeance. Ces derniers sont loin d'être les profils les plus nets, même aux standards de la Styrie, et les dialogues entre eux sont très bons. Et comme d'habitude, l'auteur développe bien la psychologie de chacun.

Côté écriture, j'aime la plume de Joe Abercrombie. C'est acéré à souhait et le rythme du livre ne fait que conforter ce style d'écriture.

À noter, pour finir, que même si ce tome s'inscrit pleinement dans l'univers de la Première loi, et que bon nombre de références traînent dans ce livre, cela n'a rien de bloquant pour celui qui n'aurait pas lu la première trilogie. C'est surtout même un tome beaucoup plus simple d'accès pour tester si on va aimer ou non l'univers et le style de Joe.

Note

19/20 pour ce livre qui troque la politique alambiquée de la La Première loi pour une histoire plus directe. Néanmoins la qualité des personnages, leurs interactions et les divers retournements de situation mis en place par le scénario en font un très bon livre qui garde le⋅la lecteur⋅trice accroché⋅e aux pages. C'est différent de la précédente trilogie, mais le roman s'accorde pourtant pleinement avec l'univers décrit dans les tomes précédents.
Bref une réussite.

Série : Univers de la Première loi

Première loi

  1. Premier sang (avis)
  2. Déraison et sentiments (avis)
  3. Dernière querelle (avis)

Terre de sang

  1. Servir froid (avis)
  2. Les héros (avis)
  3. Pays rouge (non lu)
  4. Double tranchant (nouvelles) (non lu)

L'Âge de la folie

  1. Un Soupçon de haine (non lu)
  2. Le Problème avec la paix (non lu)
  3. La Sagesse des foules (non lu)

Le Problème à trois corps - La Trilogie des trois corps, tome 1 / Liu Cixin

Couverture livre - critique littéraire - Le Problème à trois corps, tome 1 de la Trilogie des trois corps de Cixin Liu

Récit

Nota : la quatrième de couverture a été retravaillée afin de limiter le divulgâchage qu'elle pourrait occasionner. Je ne peux que vous conseiller de sauter celle du livre.

En pleine Révolution culturelle, le pouvoir chinois construit la base militaire secrète de Côte Rouge, destinée à développer une arme de grand calibre. Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de « rééducation », intègre l’équipe de recherche. Dans ce lieu isolé, elle découvrira peu à peu la véritable mission de Côte Rouge…

Trente-huit ans plus tard, alors qu’une étrange vague de suicides frappe la communauté scientifique internationale, l’éminent chercheur en nanotechnologies Wang Miao est témoin de phénomènes paranormaux qui bouleversent ses convictions d’homme rationnel. Parmi eux, une inexplicable suite de nombres qui défile sur sa rétine, tel un angoissant compte à rebours…

Impression

C'est un roman de hard-science puisque clairement le sous-jacent de l'histoire reste la mise en application de lois scientifiques. Néanmoins, l'auteur réussit à amener ces éléments progressivement et réussit à ne pas noyer le lecteur qui ne serait pas féru de sciences (enfin c'est l'impression que j'en ai eue).
Mais oui, l'auteur explique (rapidement d'ailleurs, n'en déplaise à celleux qui croient le contraire) des lois scientifiques. Et oui, la trame principale du texte reste de se poser sur l'exploitation de ces lois, leur utilisation par les personnages et les conséquences associées. Une fois prises comme données d'entrée, l'auteur construira son récit dessus.
Bref, si vous avez les sciences en horreur, ça va être difficile, je ne vous le cache pas. Cela étant, le niveau scientifique pour appréhender non pas les théories exposées mais les conséquences de ces théories ne me semble pas non plus particulièrement élevé. L'auteur parle de sciences, il ne demande pas aux lecteurs de savoir en faire.

Ce livre commence en Chine. Et j'annonce, pour moi, la principale difficulté de ce livre : les noms des personnages. N'étant clairement pas familier⋅ère des noms d'origines chinoises, j'ai eu du mal à distinguer les différents personnages les uns des autres grâce à leur patronyme. Après les différents protagonistes étant très bien décrits, on les reconnaît pas leurs actes et façon de penser. Ce n'est donc pas très grave.

Donc, ce livre commence en Chine. Une partie au long de la Révolution culturelle chinoise, période que je ne connais pas vraiment. Ce livre m'a plongé⋅e dans cette période faite de fureur et de passion (c'est le moins qu'on puisse dire) et qui sera le terreau de l'ensemble de l'histoire qui va nous être narrée.
Le livre continue aussi, toujours principalement en Chine, au XXIème siècle. Nous y suivrons d'autres protagonistes qui devront avoir à comprendre et gérer les conséquences de ce qui s'est passé antérieurement. L'auteur s'employant à nous balader ainsi entre les 2 époques pendant le récit, nous amenant au fur et à mesure les éléments pour comprendre de quoi il retourne.

En mode enquête, on suivra ainsi Wang Miao, chercheur en nanomatériaux, qui pour des raisons que vous découvrirez dans le livre, est amené à devoir enquêter sur une vague de suicide collectif parmi les scientifiques. On suivra aussi le destin de Ye Wenjie sur la période Révolution culturelle.
L'histoire est prenante et même si certains pans de l'histoires sont facilement devinables, d'autres ne le sont clairement pas. L'auteur distribue les informations au fil de l'enquête, le lecteur prend ainsi généralement la mesure de l'ensemble en même temps que les protagonistes.

Côté écriture, la plume de l'auteur est agréable. Précise dans les descriptions sans trop s'y attarder, elle amène à un rythme toujours constant les informations et événements au lecteur.
Les théories sous-jacentes à l'ensemble du texte sont intéressantes et leur exploitation suit une logique implacable dès lors.

J'ai vraiment eu un coup de cœur pour ce livre. Le côté Hard-science m'a bien évidemment conquis⋅e, mais l'histoire est bien amenée et l'ensemble amène le lecteur à se poser des questions sur la condition humaine et sa place dans l'univers.

Note

Un 19/20 pour ce livre.
Ce livre de hard-science est un vrai coup de cœur. Une « enquête » avec un sous-jacent scientifique et des conséquences importantes. Une écriture addictive et un cadre sortant du commun. Le prix Hugo n'est clairement pas usurpé. Je ne peux qu'en conseiller la lecture.
On se revoit pour la suite ?

Série : La Trilogie des trois corps

  1. Le Problème à trois corps (avis)
  2. La Forêt sombre (avis)
  3. La Mort immortelle (avis)
  • HS 1. Le Problème à trois corps X ou La Rédemption du temps (non lu)

Un Souvenir de lumière - La Roue du temps, tome 14 (et dernier) / Robert Jordan et Brandon Sanderson

Couverture livre - critique littéraire - Un Souvenir de lumière, tome 14 (et dernier) de la Roue du temps de Robert Jordan et Brandon Sanderson

Récit

La Roue du Temps tourne et les Âges naissent et meurent, laissant dans leur sillage des souvenirs destinés à devenir des légendes.

Au champ de Merrilor, les dirigeants de toutes les nations sont réunis pour soutenir Rand al'Thor ou, au contraire, l'empêcher de briser les sceaux de la prison du Ténébreux. La Chaire d'Amyrlin, Egwene, pense que c'est pure folie. D'autres y voient le dernier espoir de l'humanité.

En Andor, les Trollocs ont conquis Caemlyn.

Dans le rêve des loups, Perrin affronte Tueur.

À Ebou Dar, Mat va rendre visite à Tuon, son épouse seanchanienne devenue l'Impératrice Fortuona.

Alors que tourne la Roue du Temps, la fin d'un Âge approche et l'Ultime Bataille décidera de l'avenir du monde.

La Tristesse de Jack

Je suis la Tristesse de Jack. Pas parce que le tome est mauvais, loin de là ! Mais parce que c'est le dernier !
Une page des lectures de mon adolescence se referme. Je suis triste et ému⋅e à la fois. Mine de rien, cela n'est pas rien de clore un tel compagnon de route.

Bon, séchons ces larmes qui ne sauraient poindre et voyons donc ce que donne ce dernier tome.

Impression

Côté écriture, on reste dans le même ton que les précédents. Ciselée, vive, rapide. Que du très bon donc. Merci Brandon d'avoir su écrire la fin de cette saga avec tant de brio.

Côté histoire, ça se résume facilement : C'est l'Ultime bataille ! Ah, précision qui m'importe : plus de 1 000 pages d'Ultime bataille !

L'ensemble des protagonistes, qu'ils soient d'alignement bon, mauvais ou d'une allégeance plus controversée, verront leur fin traitée dans ce tome. Pas de cliff-hanger. C'est la fin d'un cycle, et si la Roue doit encore tourner à la fin de ce tome, ça serait pour entamer un nouvel Âge.

Les actions des différents protagonistes seront contées au fur et à mesure, leurs actions s'enchaînant en changeant de personnage à chaque fois. Effet certain de montée en tension au fil des pages que d'en laisser un en plan (et de manière générale, pas dans la meilleure des positions) avant d'aller voir ce qu'un autre fabrique dans son coin.
Et clairement, ils font tous quelque chose. Qu'on les aime, qu'on les déteste ou qu'on adore les détester, chacun contribue, selon son allégeance, à faire avancer les choses dans le cadre de l'Ultime bataille.

On aura donc, en vrac :

  • Quelles alliances réussira ou non Rand à réunir ? Entre les Aes Sedai et leurs vassaux, les Seanchaniens, les intrigants des différents royaumes, c'est une bataille en soi, et c'est même la première d'entre elle.
  • La bataille entre généraux d'exception : Mat aura-t-il l'ascendant sur son adversaire ? Saura-t-il contraindre sa femme à aider Rand ou bien l'aidera-t-il à soumettre le Dragon réincarné ?
  • Lan trouvera-t-il la paix dans les bras d'une mort glorieuse au combat ou dans ceux de sa femme ?
  • Quelle décision sera prise quant au futur des derniers sceaux du tombeau du Ténébreux ?
  • Les Aes Sedai prouveront-elles qu'elles se sont bien préparées à l'Ultime bataille plutôt que de s'être uniquement contentée de vouloir organiser le monde à leur envie ?
  • Et les Aiels dans tout ça ? Comment seront-ils détruits et qu'est-ce que cela signifie pour les Matriarches ?
  • Fain sera de la partie (je n'en dis pas plus, mais je le dis :)
  • Qu'en-est-il de la confrontation entre Tueur, les loups et Jeune taureau ?
  • Que vont encore nous concocter les frères d'Elaine, qui n'a pas le monopole de la bêtise au sein de la famille royale d'Andor ?
  • Sian et Bryne finiront-ils par se laisser aller à leurs sentiments ? Ah, ce n'est pas le plus important ? Bon, comment les grands Capitaines vont gérer leurs batailles alors ? C'est plus dans le thème ?
  • La Tour noire sera-t-elle noire du fait de l'obscurité du Ténébreux ou noire du fait d'ombres chinoises parce que le Seigneur du matin l'illumine ?
  • Rand saura-t-il défaire le Ténébreux ?
  • Que va faire Olver ? Parce qu'il n'a pas beaucoup bougé dans le précédent tome.
  • Que vont faire les Réprouvés dans tout cela ? Trahiront-ils (et si oui qui) ? Ariveront-ils à montrer l'ampleur de leur puissance ? Le génie de leurs stratagèmes ?
  • Les ogiers trouveront-ils le temps de participer à cette épopée ? Loial sera-t-il témoin de tout cela pour écrire son livre ?
  • Enfin, que va faire Lanfear / Cyndale ? Parce que question folie, elle en impose à plus d'un homme je dirai.

Dans tous les cas, il s'agit d'un tome écrit avec mæstria. Les protagonistes s'enchaînent. Les techniques militaires et l'usage des différents éléments possibles (magie, canon, etc.) sont très bien amenés et fournissent de vraies batailles où rien n'est gagné d'avance.
Seul le combat de Rand avec le Ténébreux m'a laissé⋅e perplexe. Si la finalité est bonne, sa dynamique l'est beaucoup moins et manque de grandiose par rapport aux moments des autres protagonistes.

Pour finir, j'aime beaucoup la fin de Rand :

Certain⋅e⋅s diront qu'il abandonne lâchement femmes et enfants, et ce n'est pas faux. Personnellement, j'y vois un clin d'œil avec le tout début de la saga. Rand s'extasiant sur les récits de Jain l'explorateur et rêvant de voyager pour découvrir de nouvelles contrées. Et bien son départ, libre de tout fardeau, me fait penser à ça. Comme quoi, il aura réussi à accomplir son rêve.

Note

Un 19/20 pour ce dernier tome.
Une très belle fin, qui boucle l'Histoire et les histoires de chaque protagoniste important. Une fin épique, qui ne termine pas « à l'arrache » cette saga.
Bref, merci pour cette fin qui me laissera de bons souvenirs et qui justifie amplement d'avoir attendu autant de temps avant d'en découvrir les derniers mots.

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (avis)
  5. Un Lever de ténèbres (avis)
  6. Les Feux du ciel (avis)
  7. Le Seigneur du chaos (avis)
  8. Une Couronne d'épées (avis)
  1. Le Chemin des dagues (avis)
  2. Le Cœur de l'hiver (avis)
  3. Le Carrefour du crépuscule (avis)
  4. Le Poignard des rêves (avis)
  5. La Tempête imminente (avis)
  6. Les Tours de minuit (avis)
  7. Un Souvenir de lumière (avis)
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)

La Tempête imminente - La Roue du temps, tome 12 / Robert Jordan et Brandon Sanderson

Couverture livre - critique littéraire - La Tempête imminentee, tome 12 de la Roue du temps de Robert Jordan et Brandon Sanderson

Récit

Avant l'Ultime Bataille, Rand lutte encore pour unifier des royaumes séparés par d'anciennes querelles, tout en s'efforçant de négocier une trêve avec les Seanchaniens. Autour de lui, ses plus fidèles alliés s'inquiètent. S'il continue à s'endurcir, vidé de toute émotion, aura-t-il la force d'âme requise, au mont Shayol Ghul, pour livrer son duel à mort contre le Ténébreux ?

À la Tour Blanche, prisonnière et à la merci des cruels caprices d'Elaida, Egwene s'acharne à miner le pouvoir de sa rivale. En aura-t-elle le temps, alors que l'attaque des Seanchaniens se profile ?
Si les Aes Sedai reculent, une défaite signerait la fin de leur fief millénaire... et sans doute de tous les espoirs du monde.

Impression

Premier tome écrit par Brandon Sanderson sur la base des éléments laissés par Robert Jordan avant sa mort, une crainte était présente. Comment allait se passer la transition d'auteur ? Est-ce que la série allait être dénaturée ? La réponse est que, globalement, ça se passe très bien. Je n'ai pas ressenti de gros changements dans le caractère des personnages, ni dans la direction prise par l'histoire. Identiquement à part un rythme que j'ai trouvé plus vif (à mon grand plaisir), je n'ai pas noté de modification substantielle sur la façon dont l'histoire est narrée. Bref, l'auteur mis en avant sur la couverture est Robert Jordan... et ça le reste dans l'authenticité de cette histoire.

Côté personnages, Rand et son ex Egwene vont être les points d'orgue de ce tome.
Rand va essayer de s'allier aux Sanchaniens tout en se mettant en place pour l'Ultime Bataille. Le tout en cherchant à ne pas se faire prendre dans les toiles de conseils que tissent inlassablement ses compagnes de route, qui à défaut de le croire fou, savent manifestement mieux que lui comment se préparer à l'Ultime Bataille. Peut-être est-ce vrai, mais vu qu'elles oscillent entre l'imposition et les coups fourrés pour « diriger cette tête de pioche » de Rand, c'est pas fait pour faciliter la confiance déjà bien battue en brèche que Rand peut avoir pour les Aes Sedai.
En dépit de toute cette aide, il arrive manifestement à trouver sa voie (mais est-ce la bonne ?) et arrive manifestement à parvenir à quelques résultats.

Côté Aes Sedai, le développement autour d'Egwene est vraiment sympa, même si en voyant les diverses réactions des Aes Sedai, on ne peut que se conforter dans le fait qu'elles se sont trop habituées à se faire obéir au doigt et à l'œil sans en payer les conséquences. Les événements sont là pour leur rappeller la dure réalité de la vie, et j'avoue que c'est pas plus mal. Peut-être que ça leur rappellera qu'Aes Sedai signifie les serviteurs de tous.
Egwene continue son travaille de sape en étant « prisonnière » et ses leçons semblent commencer à donner quelque chose. La vraie question est de savoir si elle a bien voullu ce qu'elle a eu ?

Les autres personnages sont vaguement évoqués, et j'imagine qu'on les retrouvera dans le prochain tome pour démeler les éléments qui les concerne. Notamment en ce qui concerne Moiraine Sedai, dont j'ai hâte de voir la réaction si elle revient réellement en voyant ce que Rand est devenu.
À noter que la relation de non dit entre Faille et Perrin est particulièrement agaçante, et que si ça continue à tourner comme ça autour du pot, ça va clasher sec.

Note

Un 19/20 pour ce douzième tome.
Très bon opus qui allie histoire interessante et une écriture vive qui donne plus de rythme à l'ensemble. Le tout en conservant les grandes caractéristiques de cette saga. Je dis donc merci à Robert pour l'histoire et bravo à Brandon pour avoir réussi le tour de force de reprendre le récit presque comme un double de l'auteur.

Vivement la suite, sachant que je me doute que le dernier tome sera la bataille finale... et que donc le prochain tome devrait mettre tout le monde dans les dipositions pour y aller.

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (avis)
  5. Un Lever de ténèbres (avis)
  6. Les Feux du ciel (avis)
  7. Le Seigneur du chaos (avis)
  8. Une Couronne d'épées (avis)
  1. Le Chemin des dagues (avis)
  2. Le Cœur de l'hiver (avis)
  3. Le Carrefour du crépuscule (avis)
  4. Le Poignard des rêves (avis)
  5. La Tempête imminente (avis)
  6. Les Tours de minuit (avis)
  7. Un Souvenir de lumière (avis)
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)

Le Cœur de l'hiver - La Roue du temps, tome 09 / Robert Jordan

Couverture livre - critique littéraire - Le Cœur de l'hiver, tome 9 de la Roue du temps de Robert Jordan

Récit

Rand al’Thor succombe inexorablement aux assauts de la souillure, une infection instillée dans le saidin par le Ténébreux. Pire encore, les fidèles partisans du Dragon Réincarné sombrent eux aussi dans la folie destructrice qui mit jadis un terme à l’Âge des Légendes.

Alors que Rand faiblit, les Ténèbres tombent sur le monde.

Inconscients du danger, les Seanchaniens regroupent leurs forces avant de repartir à l’assaut tandis que les Rejetés s’unissent afin de détruire leur ennemi juré. Pour Rand, une seule solution : purifier le saidin. Pour réussir, il devra invoquer un antique pouvoir issu de l’Âge des Légendes. Une puissance si dévastatrice que la Création et le Temps risquent de ne pas survivre au choc…

Impression

Cette fois-ci, c'est Perrin qui va manquer à l'appel. Préférant Mat, ce n'est pas un drame, et puis ce n'est que de juste puisque Perrin avait pris le tome précédent.

On évacue rapidement l'arc concernant la rébellion Aes Sedai : Egwene avance. Voilà, l'arc est résumé (oui je sais aussi faire dans le concis).

Côté fille, on suit principalement le trio Elaydne, Birgite, Aviendha. Et pour une fois, ça passe bien. Elayne, à la tête du trio, doit travailler sur la composante politique, c'est à dire la reconquête du trône, parce que prendre ce qu'on lui offre, que nenni. À défaut de faire preuve de pragmatisme donc, on voit Elayne évoluer dans les sphères du pouvoir, et non seulement elle sait bien y faire, mais en plus les jérémiades ne sont plus (trop) de la partie. Comme quoi l'étiquette est en fait une bonne chose.
En tout état de cause, la partie est loin d'être gagnée, et il faudra à Elayne la jouer fine, et plus que cela même, pour regagner à la loyale le trône que sa maman a tout fait pour lui retirer, mais à l'insu de son plein gré, il faut l'admettre (mais peu le font dans le livre). En effet le Dragon a autre chose sur le feu que d'aider sa compagne ingrate, et du coup, reste neutre dans l'affaire. La présence des forces de Rand est donc plus une gêne qu'autre chose dans la reconquête du trône pour Elayne.

Côté garçons, on retrouve Mat, toujours dans la galère d'une façon ou d'une autre, mais plutôt en bonne compagnie relativement aux événements qui lui sont tombés dessus.
Il va lui falloir réussir à briser les chaînes qui le retiennent à Ebou Dar - chaînes à la fois physique avec l'occupation des Seanchaniens, mais aussi des liens qu'il a créé avec la dirigeante du coin.
Pour parfaire le tout, son grand cœur et sa parole donnée ne vont pas l'aider dans son envie d'évasion, d'autant plus que ce n'est pas la gratitude qui étouffe celles et ceux qui bénéficient de ses largesses.
Notons d'ailleurs au passage que Mat, comme à son habitude, cherchant à fuir son destin va s'y retrouver la tête la première pour un final des plus jouissifs, enfin si on aime bien voir souffrir notre ami.

Rand de son côté, démontre encore ses qualités de stratège en réussissant à prendre tout le monde à contre-pied, ennemis comme alliés et pseudo-alliés. Même la légendaire Cadsuane en est pour ses frais, même si tel un chat, elle saura rebondir pour mieux « guider » (ou tenter) notre berger vers ce qui lui semble être LA direction à prendre.
Le final le concernant est juste splendide, tant en terme de confrontation que d'implication dans l'équilibre du monde.

Notons quand même qu'en plus du plaisir de retrouver Mat et les actes de Rand, l'auteur sait nous proposer un approfondissement de son univers déjà très complet. L'invasion seanchanienne permet ainsi de mieux connaître cette culture, leur façon de faire et surtout de voir comment cette dernière va interagir (faire plier ?) les gens du cru. C'est fort plaisant d'avoir toujours ce world-building à l'œuvre après autant de tomes dans cette saga.

Note

Un 19/20 pour ce neuvième tome.
Après un tome de faible intérêt, Jordan repart de manière grandiose, fournissant à la fois une histoire intéressante à suivre, la continuation du world-building, mais aussi des éléments scénaristiques très structurant qui relance les cartes. Bref, on a hâte de voir comment tout ça se décline dans le futur.

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (avis)
  5. Un Lever de ténèbres (avis)
  6. Les Feux du ciel (avis)
  7. Le Seigneur du chaos (avis)
  8. Une Couronne d'épées (avis)
  1. Le Chemin des dagues (avis)
  2. Le Cœur de l'hiver (avis)
  3. Le Carrefour du crépuscule (avis)
  4. Le Poignard des rêves (avis)
  5. La Tempête imminente (avis)
  6. Les Tours de minuit (avis)
  7. Un Souvenir de lumière (avis)
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)

Un Lever de ténèbres - La Roue du temps, tome 04 / Robert Jordan

Couverture livre - critique littéraire - Un Lever de ténèbres, tome 4 de la Roue du temps de Robert Jordan

Récit

Forteresse réputée imprenable depuis des millénaires, la Pierre de Tear est tombée, conquise par Rand al’Thor et un groupe d’Aiels, ces terribles guerriers du désert qui se voilent le visage pour combattre.

Désormais en possession de l’épée mythique Callandor, Rand peut clamer à la face du monde qu’il est le Dragon Réincarné.
Un grand pas en avant, certes, mais vers quelle destinée ?

Censé sauver le monde, le jeune homme doit d’abord apprendre à maîtriser le saidin. Hélas, cette moitié masculine du Pouvoir de l’Unique est une arme à double tranchant. Car elle condamne à la folie et à la mort les hommes à qui elle offre la gloire et la puissance…

Impression

S'agissant pour l'instant d'une relecture de mes jeunes années, ce tome est celui qui m'a le plus marqué⋅e. En effet, il s'agit du tome faisant découvrir comment vivent les aiels, ces guerriers sauvages, indomptables, mystérieux et sans peur. Une image qui m'est resté depuis lors et qu'à la relecture j'ai pu redécouvrir avec un grand plaisir.

Avec la découverte du peuple Aiel, on continue d'agrémenter cet univers d'un background riche, ensorcelant et parfaitement intégré au reste. L'histoire de ce peuple est fascinante et c'est vraiment le point central de ce tome.

Néanmoins, même si la part belle est donc donnée à Rand qui les découvre, ses 2 taveren de compagnies n'en sont pas en reste pour autant.
Ainsi Perrin verra sa destinée se concrétiser contre son gré si on peut dire, et Mat prend du corps dans ce tome, quittant l'archétype de farceur irrévérancieux pour un peu plus que ça.

Par ailleurs, un des axes de ce tome concernant l'ajah noire, c'est un nouveau pan concernant les Aes Sedai qui s'ouvre, offrant de multiples ouvertures à des éléments qui risquent d'être douloureux pour celles qui se prennent pour les maîtresses du monde. Je me dis juste que pour des êtres ayant le soupçon et la manipulation facile, leur arrogance surpasse tout cela.

Comme toujours, l'écriture de l'auteur est fluide et agréable. Il arrive à la fois à rendre des descriptions précises de son monde, et à le faire vivre au travers de scènes plus actives. Un point qui se perpétue dans ce nouveau tome.

Note

Un 19/20 pour ce quatrième tome.
On continue à grande voile vers de nouvelles découvertes tant du monde que des adversités que Rand risque de rencontrer un jour. Ce tome est riche en nouveaux éléments et rebondissement. Un plaisir à lire... en attendant la suite.

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (avis)
  5. Un Lever de ténèbres (avis)
  6. Les Feux du ciel (avis)
  7. Le Seigneur du chaos (avis)
  8. Une Couronne d'épées (avis)
  1. Le Chemin des dagues (avis)
  2. Le Cœur de l'hiver (avis)
  3. Le Carrefour du crépuscule (avis)
  4. Le Poignard des rêves (avis)
  5. La Tempête imminente (avis)
  6. Les Tours de minuit (avis)
  7. Un Souvenir de lumière (avis)
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)

Les Marées de minuit - Le Livre des Martyrs, tome 05 / Steven Erikson

Couverture livre - critique littéraire - Les Marées de minuit, tome 5 du Livre des Martyrs de Steven Erikson

Récit

Après des décennies de guerres intestines, les tribus des Tistes Edur se sont enfin unies sous la férule du Roi-Sorcier des Hiroths. La paix s'est établie, mais à quel prix : un pacte conclu avec un pouvoir secret aux motifs au mieux suspects, au pire meurtriers.

Au sud, le royaume expansionniste de Lether, désireux d'accomplir l'antique prophétie qui le verrait renaître en tant qu'Empire, a asservi tous ses voisins moins civilisés que lui. Tous, sauf les Tistes Edur.
Mais ce n'est qu'une question de temps avant qu'eux aussi ne tombent, qu'ils soient écrasés sous le poids étouffant de l'or ou passés au fil de l'épée. C'est du moins ce que la destinée a décrété.

Pourtant, alors que les deux parties se réunissent afin de conclure un traité crucial dont personne ne veut vraiment, d'anciennes forces se réveillent.
Car le conflit qui couve n'est que le pâle reflet d'une lutte autrement plus primordiale : une confrontation avec la blessure encore à vif d'une vieille trahison qui, plus que jamais, aspire à la vengeance dans son cœur bouillonnant...

Impression

Nouveau tome. Cinquième tome même, soit le milieu de cette décalogie. Vous vous demandez c'est la suite de quel tome cette fois-ci pour ceusses qui connaissent déjà les 4 premiers ? Et bien aucun. On pourrait même dire que c'est le prélude à tout ce beau monde.

En effet plongée dans le passé, pour revenir aux sources de la scission des Tistes Edur (les tistes de l'Ombre) et Tistes Andii (les tistes des Ténèbres). Déchirure fraternelle qui sera l'une des thématiques de ce tome puisqu'on la retrouve au niveau de l'ensemble des protagonistes de ce tome :

  • comme je viens de le mentionner on revient sur la séparation entre l'ombre et les ténèbres chez les tistes et des conséquences sur des temps plus proches (le tome 5 se déroule un peu avant le tome 1 chronologiquement parlant) ;
  • les divergences d'opinion (et de voie) entre les 3 frères d'une grande famille de Lether (Brys, Hull et Tehol);
  • la destinée de 4 frères (Fear, Binadas, Trull et Rhulad) d'une des plus grandes familles côté Tistes Edur.

Au travers de ces effets miroirs de fratries, Steven Erikson nous plonge dans un nouvel environnement avec comme protagonistes :

  • Le royaume de Lether, humains avides d'or et de conquêtes qui veulent accomplir leur prophétie visant à instaurer un empire.
  • Le regroupement tribal des Tistes Edur, rassemblé sous le joug de leur roi sorcier, qui cherche à retrouver la splendeur perdue des Tistes Edur et à recréer leur empire sur ce domaine.

Mais avec Steven rien n'est aussi simple, et ce tome nous fait découvrir les sous-jacents de ces situations. Nous fait suivre les luttes primaires de ces 2 empires en devenir ainsi que les luttes alambiquées des dieux... et des liens entre tout ce petit monde que l'on pourra qualifier de tout sauf d'honnête.

Un récit sombre, addictif et sans concession de ceux qui manipulent les autres en vue d'obtenir leur dû. Un récit de trahisons et de grandeur. Un récit d'honneur et de décisions cornéliennes. Un récit de destinée et de fatalité. Le tout mené de main de maître puisque la trame de l'histoire est encore et toujours conservée. Ce tome s'insérant dans l'univers créé par les 4 premiers tomes, et comme à son habitude vient à la fois consolider cette histoire gigantesque... tout en fournissant d'autres points de vue sur le passé... et de facto sur ce qu'on croyait avoir compris des autres tomes.
Comme d'habitude des moments de pure jubilation quand enfin tout s'assemble à la force de ses neurones (car rien n'est donné, les éléments sont offerts, au lecteur de tout rassembler).

Par-dessus tout ça, nous découvrons principalement de nouveaux personnages (même si Trull Sengar nous était déjà apparu dans le précédent tome et que des références existent à d'autres personnages).
Et parmi tout ce beau monde, de vraies pépites : le duo Tehol et Bugg, où comment intégrer l'absurde et l'humour à une trame si noire.
Une des lames de la Garde pourpre passe aussi par là.
Et j'avoue que la rencontre de certains non-morts est particulièrement exquise.

Ajoutons à tout cela qu'on en apprend toujours plus sur l'univers, le complexifiant dans ses tenants et aboutissants mais nous le rendant toujours plus compréhensible pourtant.

Enfin, une sublime couverture vient parachever cette œuvre. On ne peut que remercier (de nouveau) Marc Simonetti pour la beauté des couvertures qu'il produit pour cette édition. Qu'il continue !

Note

Un 19/20 pour ce tome.

Ce tome, est superbe, prenant, plein de découverte et apportant des personnages très sympathiques.
Alors pouquoi pas un 20 ? Et bien peut être parce qu'il se rapproche plus de la tradition des tragédies classiques sans doute. Même si l'univers est vaste, les volontés de chacun prenant plus de tours et détours que la route du vin, il n'en reste pas moins que je trouve sa structuration plus classique.
Cela dit ne nous trompons pas, c'est juste magistral et il faut absolulement le lire.

Au final, et comme d'habitude, je ne peux que vivement vous encourager à lire cette saga et ce tome. Du plaisir à l'état pur.

Complexe, riche, et ô combien bien construit. Continuez avec moi dans ce superbe univers !

Série : Le cycle malazéen

Le livre des Martyrs

  1. Les Jardins de la Lune (avis)
  2. Les Portes de la Maison des morts (avis)
  3. Les Souvenirs de la glace (avis)
  4. La Maison des chaînes (avis)
  5. Les Marées de minuit (avis)
  6. Les Osseleurs (avis)
  7. Le Souffle du Moissonneur (non lu)
  8. La Rançon des Molosses (non lu)
  9. Poussières de rêves (prévu 2022)
  10. Le Dieu estropié (prévu 2022)

The Kharkanas Trilogy

  1. [Forge of Darkness (non traduit)]
  2. [Fall of Light (non traduit)]
  3. [Walk in Shadow (en cours d'écriture)]

Novels of the Malazan Empire

  1. [Night of Knives (non traduit)]
  2. [Return of the Crimson Guard (non traduit)]
  3. [Stonewielder (non traduit)]
  4. [Orb Sceptre Throne (non traduit)]
  5. [Blood and Bone (non traduit)]
  6. [Assail (non traduit)]

La Voie de l'Ascendance

  1. La Complainte de Danseur (non lu)
  2. [Deadhouse Landing (non traduit)]
  3. [Kellanved’s Reach (non traduit)]
  4. [The Jhistal / Forge of the High Mage (forthcoming)]

The Witness Trilogy

  1. [The God is Not Willing (non traduit)]
  2. [No Life Forsaken (forthcoming)]
  3. [- (forthcoming)]

Tales of Bauchelain and Korbal Broach

  1. [Blood Follows (non traduit)]
  2. [The Healthy Dead (non traduit)]
  3. [The Lees of Laughter's End (non traduit)]
  4. [Crack’d Pot Trail (non traduit)]
  5. [The Wurms of Blearmouth (non traduit)]
  6. [The Fiends of Nightmaria (non traduit)]
  7. [Upon a Dark of Evil Overlords (non traduit)]
  8. [Goats of Glory (non traduit)]


Le Diseur de mots - La Lyre et le glaive, tome 1 / Christian Léourier

Couverture livre Le Diseur de mots de Christian Léourier - critique littéraire -

Récit

Depuis l’accession au pouvoir du hartl Skilf Oluf’ar, la paix règne et la commanderie du Solkstrand prospère.
Lorsqu’on lui refuse le passage d’un pont parce qu’il ne peut s’acquitter du péage, Kelt prédit l’effondrement de la construction. Ainsi sont les diseurs de mots : ils possèdent de drôles de dons, jamais ils ne mentent et, affirme-t-on, leurs vérités ensorcellent.

Arrêté et livré aux geôles du seigneur local, Kelt doit démontrer son innocence lors d’une ordalie. Hòggni, un mercenaire en mal de contrats, accepte de le représenter puis remporte le duel. Toutefois, vexé de sa défaite, le seigneur les missionne alors au Heldmark, où le culte d’un dieu unique se répand plus vite que la peste…

Remerciements

Ce tome m'a été offert dans le cadre de l'opération « Masse Critique » de Babelio. Je remercie Babelio et les éditions Critic pour m'avoir fait découvrir ce livre.

Impression

Pour commencer, je connais l'auteur de renom principalement - et pour son écriture en Science-Fiction - n'ayant lu de lui qu'une nouvelle, en attendant d'attaquer son fameux cycle de Lanmeur (mais j'ai les bouquins... Donc il suffit d'attendre comme on dit).
C'est donc d'un œil neuf que j'aborde cet auteur.

Et là, ne passons pas par quatre chemins : mais quelle plume !
La plume de Ch. Léourier est juste envoûtante. Des mots qui tombent justes. Des mots qui emportent. Des mots qui arrivent à créer un monde plein d'exotisme tout en assurant un lien sans faille.
Un pur délice. À un tel point qu'avec le recul, c'est bien ce qui ressort de ce livre.

Côté rythme, celui-ci est globalement contemplatif, permettant à la fois de découvrir l'univers de ce monde, mais aussi de s'imprégner des multiples conséquences de la géopolitique locale qui se découvrent au fil du livre.
Pas d'action à outrance donc, même s'il serait particulièrement faux de dire qu'il ne se passe rien - les scènes d'actions voyant le temps se condenser - tout en gardant cette rythmique si naturelle à la lecture.

L'histoire en elle-même permet d'une part de chercher, à travers les péripéties qui arrivent aux héros principaux, à découvrir ce qui se cache derrière tous les non-dits, derrière la magie du Diseur de Mots qui semble à la fois connue, mais mal comprise, crainte mais recherchée et surtout redoutée par le Diseur de Mots lui-même.
D'autre part, l'histoire est bien dense. Les retournements de situation ne sont pas légions, mais l'ensemble s’accommode bien avec le rythme du récit et reste toutefois suffisamment complexe / crédible pour ne pas en faire pâtir la lecture.

Côté personnage, les principaux personnages sont très bien dépeints, et heureusement, car du fait que chaque personnage possède plusieurs noms (un public et un privé) et qu'ils sont utilisés alternativement selon les situations, il aurait été facile de s'y perdre. Ici, la confusion n'est que rarement de mise tant chaque personnage est dépeint avec une "saveur" particulière. Rien qu'à la lecture d'un dialogue ou d'un comportement, on sait de suite qui est l'objet du récit. Ça et le fait que le nombre de personnages est relativement restreint, il faut bien le dire.

On pourra notamment apprécier vivement 2 des 3 personnages essentiels de ce tome, à savoir notre Diseur de mots, magicien qui ne peut mentir (une sorte d'Aes-Sedaï naïf pour ceux qui connaissent la Roue du temps) aux pouvoirs... intrigants si je puis dire.
On trouvera aussi dans Hòggni, ce mercenaire à tête de sanglier qui est sans doute le personnage le plus philosophe, un personnage particulièrement attachant.
J'ai personnellement eu plus de mal avec Fille Farouche, de par son caractère qui se veut réfractaire à l'autorité, mais qui se coule à mon sens trop facilement dans son acceptation du destin et de sa situation personnelle.
Gageons que cela pourra changer au regard du titre du second tome.

Note

Un 19/20 pour ce livre.
En bref, cette lecture est un vrai plaisir que je ne peux que vous conseiller. Avec un mot principal qui ressort : envoûtement.
Je lirai évidemment le second tome de ce diptyque dès qu'il sera sorti (ou que ma PAL m'en laissera l'occasion).

Série : La Lyre et le glaive

  1. Le Diseur de mots (avis)
  2. Danseuse de corde (avis)

L'anamnèse de Lady Star / Laurent et Laure Kloetzer

Couverture livre - critique littéraire - Anamnèse de Lady Star de Laurent et Laure Kloetzer

Récit

Futur proche.
Un attentat à Islamabad a provoqué une pandémie terrifiante. Les trois quarts de la population mondiale ont disparu. L'arme utilisée : la bombe iconique. Les coupables ont été retrouvés, jugés et exécutés. Mais certains se sont échappés.

Parmi eux, une femme, leur inspiratrice, leur muse. Sa simple existence est un risque : tant qu'elle vit, la connaissance menant à la bombe reste accessible.

Elle a disparu, n'a laissé aucune trace, pas l'ombre d'une ombre. Des hommes disent pourtant l'avoir rencontrée : savants, soldats, terroristes, ermites... Ont-ils rêvé?

Voici le récit d'une enquête, de l'Asie à l'Europe, des terres dévastées jusqu'aux sociétés hypertechnologiques de l'après-catastrophe. Un jeu de pistes, doublé d'une plongée dans les archives digitales de notre futur, avec le plus fou des enjeux : refermer la boîte de Pandore.

Impression

Pour commencer, parlons de cette superbe couverture. Personnellement je la trouve envoutante. Le regard se perd et les couleurs attirent vraiment l'œil.
En plus, il se trouve qu'une fois la lecture du livre terminée, vous pouvez de nouveau la regarder, et pour le coup, elle est extrêmement juste et représente très bien toute la trame de cette histoire.
C'est rare. En tout cas, on comprend que les auteurs ont réussi leur coup en bataillant pour avoir cette illustration.
La beauté au service de l'histoire... et l'histoire au service de la beauté somme toute.

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai choisi ce livre... chose rare car la couverture n'est souvent pas une raison d'acheter pour ce qui me concerne (mais plus une raison de ne pas acheter).

Pour entrer dans le vif du sujet, cette histoire consiste en suivre une enquête cherchant à retrouver une personne ayant participé à un attentat (évènement nommé le Satori), attentat qui a conduit à décimer une grande partie de l'humanité et réorganiser entièrement le mode de vie de l'humanité survivante.
Amateur de thrillers, vous devriez être conquis.

Mais commençons par avertir le futur lecteur alléché : ce livre est exigeant.
Un peu à l'instar du
Déchronologue, on a un mélange d'époques qui s'enchaînent au fur à mesure que l'enquête nous permet d’explorer des pistes, de retrouver des « traces » de la personne recherchée.
Cet enchaînement de périodes, non linéaire dans le temps demande un effort de concentration pour rassembler les différents éléments, ainsi que de reconstituer l'histoire dans notre tête, avec les différents liens entre eux.

Car en second lieu, on est lâché dans le récit, sans clef. Au lecteur de faire l'effort de découvrir les règles du jeu, de comprendre les tenants et aboutissants, d'accepter de ne pas tout connaître et de découvrir l'univers au fur et à mesure des éléments filtrants du récit.
C'est éprouvant... mais au combien agréable, de sentir l'univers prendre pied. De le sentir prendre sa place.
Personnellement je suis fan du procédé, même si cela implique de naviguer à l'aveugle au commencement.

Mais tous ces efforts valent le coup. Car pour récompense, on se retrouve à découvrir un univers post-apocalyptique (pour la période post Satori), mais qui n'en est pas moins dépourvue de poésie, bien au contraire. Comme un retour aux sources de l'humanité - quand cette dernière ne parcourait pas encore la Terre sans craindre de mauvaises rencontres. Dans un univers hostile et empli de choses non maîtrisées ou mal comprises.
Cette poésie est portée principalement par une description très fragmentée de ce monde, de notre monde plus exactement dans un futur pas trop (?) lointain. Cela laisse ainsi pleinement au lecteur la possibilité de remplir les trous à sa convenance et de ce fait de ne pas être trop déboussolé car très proche de notre monde actuel.

Un des points majeurs de cette histoire, en plus de la création d'un monde post-apo plein de poésie, est la gestion de la mémoire, de la réalité, des données. L'enquête slalome au sein de concepts particulièrement intrigants et bien traités - mais qui confèrent une couche supplémentaire de complexité, surtout si on a pas l'habitude de traîner ses guêtres dans le merveilleux monde de la science-fiction.

Côté histoire, celle-ci est très bien construite. Au fil de la lecture, on comprend pour commencer l'objet de cette recherche, de cette traque, ses enjeux.
Puis on en apprend sur les divers protagonistes, et plus les renseignements s'accumulent, moins les choses sont tranchées. Les méchants peuvent ne plus l'être tant que ça. Les gentils également. Les fous ne pas l'être tant que ça. Un merveilleux canevas de personnages, d'interactions entre eux, et d'évolution du motif conduisant à des changements de perspectives tout en subtilité.
Un véritable bijou de construction de personnages.

Et puis il y a les Élohims.
Et là je pense que chaque lecteur aura sa grille de lecture sur ce qu'ils sont.
Certains parlent d'extra-terrestres, moi je les ai conçus comme des condensations d'archétype de la psyché humaine (psychosphère) générée par les pensées humaines. Ce qui, à mon sens, explique bien mieux certains de leurs besoins et de leurs capacités, ainsi que leur compréhension de notre mode de pensée.
C'est une notion que j'ai rencontré dans la série Les Futurs Mystères de Paris de Roland Wagner (série que je vous encourage à lire) et dans laquelle l'apparition des élohims me semble bien s'insérer - le côté loufoque en moins par rapport à la psychosphère wagnerienne.
Toujours est-il que les élohims, véritables énigmes ambulantes, et pourtant au centre de l'histoire sans y être vraiment, sont une véritable réussite et un point d'accroche que j'ai beaucoup aimé.

Bref comme vous le voyez, difficile de parler concrètement de ce livre sans se perdre, et pourtant quel bohneur à lire.
À préciser enfin que l'écriture de l'ensemble est très bien faite, les auteurs arrivant à instiller différents styles d'écriture aux différents protagonistes avec brio.

Note

Vous l'aurez compris, un véritable coup de cœur pour ce livre, qui décroche un 19/20.
Pourquoi pas 20 me demandez-vous ? Peut-être parce que ce livre est vraiment exigeant à la lecture, ce qui parfois, peut nous faire sortir un peu du livre. Rien de grave, donc.

Si la peur de devoir lire de manière attentive, en prenant son temps et de découvrir un univers qui ne se livre que par petits morceaux, ne vous fait pas peur... Foncez !
Sinon... vous devriez essayer quand même.