Le Héros des siècles - Fils-des-brumes, tome 3 / Brandon Sanderson

Couverture livre - critique littéraire - Le Héros des siècles - Fils-des-brumes T03 de Brandon Sanderson

Récit

Pour mettre fin à la tyrannie, Vin a tué le Seigneur Maître.

Mais en essayant de fermer le Puits de l’ascension, elle a laissé s’échapper une des formes maléfiques de l’Insondable.
Depuis, ses inquisiteurs et les brumes font toujours plus de victimes, tandis que les cendres qui tombent du ciel sont devenues incroyablement lourdes, menaçant d’ensevelir le pays et d’affamer les hommes.

Vin et l’empereur Elend Venture espèrent sauver ce qui peut encore l’être. Mais pour cela, ils devront découvrir les derniers secrets du Seigneur Maître : l’ultime cachette d’atium, le plus puissant métal des Fils-des-Brumes, et l’identité du Héros des Siècles.


Impression

On reprend le récit après la libération de ce qui était enfermé dans le Puits, quoi que ce puisse être. Concomitamment les brumes attaquent désormais et agissent de plus en plus longtemps, se retirant de moins en moins avec la venue du soleil. Et les cendres tombent. Bref ça sent la fin du monde comme il faut.

On va donc suivre principalement plusieurs quêtes :

  • Elend qui veut sauver le monde en rassemblant tout ce qui peut être sauver son son égide.
  • Vin qui cherche à comprendre ce qu'elle a libéré pour remédier à son erreur.
  • Sazed qui pour se remettre de son chagrin d'amour, cherche à comprendre la foi, lui qui en était l'expert mais sans jamais réellement la comprendre.

On retrouvera aussi toute la clique de Kelsier (enfin ceux qui ne sont pas morts) ainsi que Teen-Soon, le kendra ambivalent.

Dans la continuité du précédent tome, ce livre permet d'en apprendre beaucoup sur l'histoire de ce monde.

Au programme, les actions du Seigneur-Maître après sa prise de pouvoir, où pourquoi il a fait ce qu'il a fait, et que ce n'était peut-être pas le plus grand salaud de l'histoire... surtout quand on le met en relation avec les évolutions d'Elend. Car si on connaît les raisons d'agir d'Elend, celles du Seigneur-Maître sont particulièrement floues, et la lecture de ce tome permettra de découvrir certaines de ces raisons.
Je vous laisserai juge de savoir si ces dernières justifient ses actes ou non.

Côté magie, après le premier tome qui nous fait découvrir l'allomancie, le second la ferrochimie, place à l'hémalurgie qui est la nouvelle magie qu'on va découvrir (même si on l'a déjà vu à l'œuvre par ailleurs).
Ce qui est beau, c'est que cette dernière vient enrichir les 2 précédentes, se mêler à elles pour combler les trous, les bizarreries qui avaient pu être observées dans les précédents livres.
Car une chose est clairement de mise : aucun passe-droit n'est toléré par l'auteur. Chaque règle est suivie, et chaque bizarrerie répond à une règle que nous n'avions fait qu'effleurer par le passé. C'est bon et truculent que de ramasser les miettes d'explication pour se faire ses projections et se les voir confirmer (ou non) au fil de la lecture.

À noter tout de même que j'ai vu arriver certaines choses de loin... et vous ne pouvez imaginer mes trépignements en exhortant Vin de faire ce qu'il fallait pour s'en sortir... de voir scène après scène ma théorie se confirmer, avant le grand aveu. C'est frustrant de comprendre les choses avant le personnage.

Par ailleurs, clairement la découverte de l'hémalurgie permet d'en apprendre beaucoup plus sur le fonctionnement de l'allomancie (et de la ferrochimie dans une moindre mesure). C'est très bien construit et c'est ce qui fait tout le charme de cette série, je ne peux que le répéter à l'envie.
À noter qu'en spoiler, vous trouverez mes complétions sur la compréhension de ces 3 magies. À lire après votre lecture du livre uniquement.

Côté récit, ce dernier est bien amené, avec beaucoup de rebondissements, et surtout des explications claires à pas mal de choses qui traînent depuis le premier tome.
Les ennemis sont coriaces et retors à souhait, et pas de Deus ex machina à déplorer alors que nombreux ingrédients étaient présents.
On peut juste noter que l'auteur étant intransigeant avec les règles de son monde, la lecture des 2 premiers tomes donnent quand même de bons indices sur une partie des rebondissements qui apparaissent.
On peut aussi déplorer quelques longueurs dans certains traitements (notamment ceux en relation avec Spectre, personnage auquel je n'accroche pas malgré ses différentes évolutions) mais l'essentiel reste qu'il s'agit d'un très bon tome... il doit juste succéder à d'excellents tomes.

On reste dans le récit classique de high fantasy, avec ici un monde à sauver d'un ennemi que personne ne semble avoir cerné... à part le Seigneur-Maître qu'on a tué dans le premier tome. Dommage hein.

Le style d'écriture est toujours présent. Jolies descriptions, toujours, et les combats avec les inquisiteurs sont sources de très belles descriptions... tout en fournissant des éléments important pour la suite du récit et la façon de conter l'histoire reste toujours prenante.

Côté personnages, pas mal d'évolution dans le caractère de chacun, que ces dernières soient instillées par l'expérience des années, les contraintes de la vie ou les idéaux qu'on s'essaie à respecter.
Dans tous les cas, on ne reste pas avec des personnages figés et il est agréable de voir que les personnages changent en même temps que leur monde change.

Une mention spéciale à la découverte de la patrie des Kendra, et globalement de très bonnes idées quant aux différents « peuples rencontrés ». Je suis juste triste de ne pas avoir retrouvé mon petit Zane.

Bref, ce troisième tome finalise le premier arc des Fils-des-Brumes. L'ensemble des 3 tomes ont délivré une superbe histoire que ce tome vient conclure, non pas en révélant tous les secrets, mais en en explicitant la plupart et sans nous laisser avec un cliffhanger insoutenable... tout en laissant suffisamment de choses ouvertes pour savoir que ce cycle n'est qu'une partie d'un tout. On peut terminer ici ou bien se lancer dans la suite que l'auteur nous a prévue.
Inutile de vous indiquer dans quel camps je suis...

Note

Un 18/20 pour ce livre qui clos de très bonne manière ce premier cycle que j'ai pu lire du Cosmère.
Même s'il a quelques longueurs et des rebondissements parfois assez évident avec tout ce que l'auteur nous a laissé comme indices (et est un donc légèrement en-dessous des 2 premiers tomes), il n'en reste pas moins une excellente fin de cycle qui a su ne pas transiger avec les règles plus ou moins compliquées qui émaillent ces 3 livres ainsi que les tenants et aboutissants de chacun des protagonistes.

On se revoie pour la suite qui se passera... ailleurs manifestement.

Systèmes de magie

Cette section résume la connaissance qu'on a des systèmes de magie à la fin du troisième tome. Attention au divulgâchage, ces éléments pouvant fournir des indices précieux pour comprendre l'histoire.

Ferrochimie

La ferrochimie, magie de type héréditaire et présente chez certains terrisiens (et feu le Seigneur-Maître, qui l'était lui même). Cette magie consiste à pouvoir stocker ou puiser un attribut dans un objet en métal (dénommé cerveau) selon la nature de ce métal. Plus le cerveau est important, plus il peut stocker de quantité de l'attribut.

Le stockage est personnel (on ne peut puiser un attribut dans le cerveau d'un autre ferrochimiste). Pour pouvoir puiser dans le cerveau, il faut d'abord y avoir stocker l'attribut. Par exemple, si on veut y puiser de la vitesse, cela signifie qu'il faut auparavant y stocker sa vitesse, ce qui revient à dire de vivre comme pris dans de la mélasse pendant qu'on y stocke de la vitesse.

Chaque métal peut stocker un attribut particulier :

  • Fer : Masse. Si on y puise, on devient plus lourd. Quand on le stocke on devient léger, pratique pour ne pas chuter trop lourdement / sauter haut.
  • Acier : Vitesse. Si on y puise, on peut se déplacer rapidement. Quand on le stocke, on bouge comme pris dans de la mélasse.
  • Cuivre : Mémoire / souvenirs. Permet d'engranger (et de restituer) de nombreuses informations.
  • Bronze : Éveil. Si on y puise, on n'est plus touché par la fatigue et on est plus attentif. Inversement quand on y stocke.
  • Étain : Sens. Si on y puise, on améliore son sens (vue, toucher, ouïe, odorat, goût). Quand on stocke la sensibilité du sens diminue. Un seul sens stockable par cerveau.
  • Potin : Force. Si on y puise, on augmente sa force. Quand on le stocke on devient chétif.
  • Zinc : Vivacité d'esprit. Si on y puise, on réfléchit plus vite. Quand on le stocke on devient lent d'esprit.
  • Laiton : Chaleur. Si on y puise, on peut résister au froid (on récupère de la chaleur). Quand on le stocke on se refroidit (pratique pour la canicule).
  • Or : Santé. Si on y puise, on peut guérir. Quand on le stocke on devient malade.
  • Électrum : Détermination. Si on y puise, on augmente sa détermination. Quand on le stocke, on n'a plus de constance.
  • Atium : Temps. Si on y puise, on rajeunit. Quand on le stocke on devient vieux.
  • Malatium : ?
  • Aluminium : ?
  • Duralumin : ?
  • Métal du corps de Sauvegarde : ?
  • Alliage du métal du corps de Sauvegarde : ?

Cette magie est issue du principe de l'équilibre puisqu'on ne peut récupérer que ce qu'on pu stocker auparavant.

Allomancie

L'allomancie, magie de type héréditaire et présente chez la noblesse (et chez feu le Seigneur-Maître, qui est aussi un allomancien) dans le monde de Fils-des-brumes. Cette magie consiste à consommer dans son estomac un métal. L'effet varie selon la nature de ce métal. Les brumants peuvent consommer un seul métal tandis que les fils-des-brumes peuvent les consommer tous.

La force de la magie n'est pas variable d'un individu à l'autre. Ainsi un brûleur de Potin verra sa force et son équilibre augmenté, dans les mêmes proportions pour chaque utilisateur. Ainsi un brûleur de potin costaud restera plus fort qu'un brûleur de potin maigrichon.

Chaque métal / alliage a un effet magique particulier. L'alliage a l'effet opposé à son métal de base. Par ailleurs ils sont divisés 4 typologies de métaux (cf. ci-après), à chaque fois subdivisé en métaux externe (action sur l'extérieur) et métaux interne (action sur l'allomancien) :

  • Métaux physiques :
    • Fer / Acier (externe) : Attire / Repousse le métal (sauf l'aluminium et ses alliage ainsi que l'argent ou les métaux au moins en partie dans le corps humaine).
    • Étain / Potin (interne) : Augmente l'esprit (sens, vivacité, fatigue mentale) / le physique (force, robustesse, guérison physique, équilibre, vitesse, fatigue physique).
  • Métaux mentaux :
    • Cuivre / Bronze (interne) : Masque / Localise l'usage d'allomancie. Le cuivre permet aussi de se prémunir de l'allomancie émotionnelle (zinc / laiton).
    • Zinc / Laiton (externe) : Attise / Apaise une ou des émotions chez une ou plusieurs personnes. Ces deux formes permettent aussi (si renforcée par le duralumin ou par l'usage de plusieurs allomanciens) de prendre le contrôle des kendras, koloss et dans une moindre mesure des inquisiteurs.
  • Métaux de renforcement :
    • Aluminium / Duralumin (interne) : Purge d'un coup tous les métaux chez un allomancien / Amplifie la force / capacité des autres métaux brûlés en les brûlant d'un seul coup (on peut choisir lesquels brûler). Par exemple :
      • Fer / Acier : permet de manipuler les métaux dans les corps / augmenter la force des poussées / tractions exercées
      • Bronze : permet de détecter les allomanciens cachés par un nuage de cuivre ainsi que de prendre le contrôle des kendra / koloss.
      • Potin : permet d'accélérer encore plus vite que ce permet la ferrochimie de l'acier (vitesse).
    • Métal inconnu du Puits de l'Ascension (externe) : ce métal permet de créer un fils-de-brumes. Ce métal est le corps de Sauvegarde. L'alliage manquant est inconnu mais devrait en théorie retirer les pouvoirs d'allomancie ou les réduire.
  • Métaux temporels :
    • Atium / Malatium (externe) : Permet de voir le futur / passé d'autrui. L'atium est le corps de Ravage.
    • Or / Électrum (interne) : Permet de voir son passé / futur. L'usage d'Électrum (voir son propre futur) permet de contre-carrer l'effet de l'atium (voir le futur des autres) de la même façon que lorsque 2 allomanciens brûlent de l'atium.

Brûler longtemps un métal (en continu pendant plusieurs jours / semaines) est dangereux mais peut (chez ceux qui survivent) décupler la puissance apportée par l'allomancie ainsi que développer une accoutumance à brûler ce métal. Ces personnes sont appelées des savants allomanciens.

Cette magie est issue du principe de Sauvegarde de part l'utilisation de l'énergie de Sauvegarde pour les effets allomantiques.

Comparaison allomancie / ferrochimie

À noter que la force de l'allomancie est de ne pas nécessiter d'avoir stocker son pouvoir en avance de phase. Il suffit d'avoir du métal à brûler pour ce faire. En contrepartie, la force de l'allomancie est limitée aux capacités de l'allomancien (capacité à cerner et manipuler pour l'allomancie émotionnelle, masse pour le fer et l'acier, force et agilité pour le potin...). On est donc sur une magie dont la force est globalement commune à pour chaque allomancien, seul la capacité à en faire le meilleur usage différencie leurs utilisateurs. Elle permet par contre une versatilité importante, dès lors que les métaux sont disponibles.

A contrario, la ferrochimie impose d'avoir passé du temps à stocker de l'attribut en amont, et d'avoir des cerveaux métalliques disponibles et en son contact. Mais la force de l'usage ne dépendra que de la vitesse à laquelle on puise / stocke de l'attribut et la capacité disponible du cerveau. On est donc sur une magie plus puissante, mais demandant plus de préparation.

Hémalurgie

C'est la magie qui consiste, par l'usage d'une barre de métal, de voler les capacités physiques (force, force d'âme...), allomantiques ou ferrochimiques d'un individu pour les transférer à un autre. Le procédé requiert :

  • la mort du sujet duquel on absorbe une capacité ;
  • ne permet de prendre qu'une unique capacité par individu et en quantité réduite ;
  • permet le transfert à n'importe quel autre individu, même s'il n'est pas ferrochimiste ou allomancien par ailleurs, en intégrant la tige d'hémalurgie dans une partie de son corps.
À noter que plus le transfert est « direct » (comprendre entre le moment où on tue le donnateur et l'implantation de la tige dans le receveur), plus la quantité de la capacité transférée peut être importante.

Si le receveur est allomancien et qu'il reçoit par hémalurgie un pouvoir qu'il possède déjà, celui-ci est renforcé à l'instar de ce qui se passe quand un allomancien brûle du duralumin. C'est ce qui permet à Vin de percer les nuages de cuivre par exemple, du fait de sa tige hémalurgique donnant la capacité de brûler du bronze (qu'elle possède déjà en tant que fille-des-brumes).

C'est la magie qui a permis (et permet) de façonner les koloss, les kendra et les inquisiteurs, 3 espèces créées par le Seigneur-Maître.

  • Les Kendras sont formés à partir d'un spectre de brume dans lequel 2 tiges hémalurgiques ont été mises (2 fois les mêmes). Ces tiges appelées bénédictions permettent d'octroyer une grande force (Puissance - fer), de meilleurs sens (Conscience - étain), une stabilité émotionnelle et résistance à l'allomancie émotionnelle (Stabilité - ?), une résistance mentale (Présence - ?).

    Un kendra peut absorber d'autres Bénédictions. Cela dit, si on part du principe que les Koloss sont constitués de l'équivalent de 2 bénédictions de puissance, on sent que l'instabilité est proche pour ceux qui voudraient en abuser (pure conjecture).

  • Les Koloss sont formés à partir d'un humain dans lequel 4 tiges d'hémalurgie de fer (force physique - l'équivalent de 2 bénédictions de puissance) ont été insérées. La transformation impliquées par ces 4 tiges donnent une force énorme aux koloss, au détriment de leur santé mental manifestement. Les koloss ont appris à produire de nouveaux koloss en implantant ces tiges dans un humain, raison pour laquelle ils pillent les villages humains régulièrement.
  • Les Inquisiteurs : sans doute la création la plus évoluée. La base est un humain, de préférence traqueur (allomancien du bronze) ou fils-des-brumes afin de bénéficier soit d'inquisiteurs sachant percer les nuages de cuivre avec une hémalurgie procurant l'allomancie de bronze, soit de l'ensemble des pouvoirs d'allomancie d'un fils-des-brumes, eux-mêmes renforcés par l'hémalurgie, les rendant donc exceptionnellement puissants.

    Les inquisiteurs sont constitués de 9 tiges minimum, pouvant aller au moins jusqu'à 11. Chaque tige donne un pouvoir, sauf celle au niveau de leurs omoplates qui semble être là pour stabiliser l'ensemble. Cela constitue aussi une façon pratique pour tuer un inquisiteur (son retrait le tue) dès lors qu'on puisse manipuler les métaux dans les corps humains, ce que savait faire le Seigneur-Maître.

    Un inquisiteur possède au moins la ferrochimie de l'or (santé - tige ?), l'allomancie du fer et acier (pousser / attirer les métaux - tiges d'acier dans les yeux), et l'allomancie du bronze (traquer les allomanciens - tige de bronze)... et sans doute d'autres que je n'ai pas relevé lors de ma lecture.

Le métal de la tige d'hémalurgie indique ce qui va être volé comme capacité et la localisation chez le « donneur / victime » le type spécifique de pouvoir récupéré si nécessaire :

  • Acier : vole les pouvoirs allomantiques physiques (potin, étain, acier et fer).
  • Bronze : vole les pouvoirs allomantiques mentaux (cuivre, bronze, zinc, laiton).
  • Potin : vole les capacités ferrochimiques physiques (par exemple une tige dans le cœur pour voler la ferrochimie de l'acier (vitesse).
  • Laiton : ? - en toute logique devrait voler les capacités ferrochimiques mentales vu les précédents alliages.
  • Électrum : ? - pas d'idée si ce n'est qu'en toute logique, ça soit être en lien avec des capacités ferrochimiques ou allomantiques.
  • Fer : vole la force physique pour augmenter celle du receveur (cas notamment de la création des koloss).
  • Étain : vole les sens pour augmenter ceux du receveur (probable au regard de la bénédiction de Conscience des kendras).
  • Cuivre : ? - sans doute capacité (métal pur) en lien avec la mémoire / intelligence ?
  • Zinc : ? - sans doute capacité (métal pur) en lien avec l'esprit ?
  • Or : ? - sans doute en lien avec la santé mais comme la "santé" n'est pas une caractéristique physique, sans doute erroné.
  • Atium : ? - aucune idée, d'autant que c'est un métal issue du corps de Ravage...
  • Malatium : ? - encore moins d'idée
  • Métal du corps de Sauvegarde : ?
  • Alliage du métal du corps de Sauvegarde : ?
  • Aluminium : ? - probablement rien d'utilisable si c'est en lien avec la destruction des pouvoirs allochimiques.
  • Duralumin : ? - l'action temporaire en allomancie ne milite pas pour que ça soit très utilisable.

Cette magie est issue du principe de Ravage de part la destruction nécessaire à son utilisation.

Série : Univers Cosmère (et ordre de lecture)

Abréviation des séries : AdR (Archives de Roshar), C (Cantique), D (Drominad), E (Elantris), FdB (Fils-des-Brumes), K (Komashi), L (Lumar), T (Taldain), Thr (Thrénodie), W (Warbreaker)

Fils des Brumes (Scadrial)
FdB1 : L'Empire ultime (chroniqué)
FdB1.1 : Le Onzième métal (dans FdB4) (chroniqué)
FdB2 : Le Puits de l’ascension (chroniqué)
FdB3 : Le Héros des siècles (chroniqué)

Elantris (Sel)
E1 : Elantris (non lu)
E1.1 : [The Hope of Elantris] (non traduit)
E2 : [Elantris 2] (non publié 2029)
E3 : [Elantris 3] (non publié 2030)
E4 : L'Âme de l'empereur (non lu)

Fils des Brumes (Scadrial)
FdB3.1 : Sixième du Crépuscule (non lu)

Thrénodie
Thr1 : Des ombres pour Silence dans les forêts de l'Enfer (dans FdB3.1) (non lu)

Warbreaker (Nalthis)
W1 : Warbreaker (non lu)

White Sand (Taldain)
T1 : [White Sand (prose)] (non publié 2028-2030)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR1 : La Voie des Rois
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Fils des Brumes - Wax et Wayne (Scadrial)
FdB4 : L'Alliage de la justice (non lu)
FdB4.1 : Jak L'Allomancien et les Fosses d'Eltania (dans FdB5) (non lu)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR2 : Le Livre des Radieux
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)
Fils des Brumes - Wax et Wayne (Scadrial)
FdB5 : Jeux de masques (non lu)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR2.1 : Dansecorde (dans FdB3.1) (non lu)
AdR3 : Justicière
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Fils des Brumes - Wax et Wayne (Scadrial)
FdB6 : Les Bracelets des larmes (FdB) (non lu)
FdB6.1 : Histoire secrète (dans FdB6) (non lu)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR3.1 : Éclat de l'Aube (non lu)
AdR4 : Rythme de guerre
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Fils des Brumes - Wax et Wayne (Scadrial)
FdB7 : Le Métal perdu (non lu)

Komashi
K1 : Yumi et le peintre de cauchemars (non lu)

Cantique
C1 : L'Ensolleilé (non lu)

Archives de Roshar (Roshar)
AdR?? : [Horneater] (dans AdRXX) (non publié (2029))
AdR5 : Vent et Vérité
  • Tome 1 (non lu)
  • Tome 2 (non lu)

Lumar
L1 : Tress de la mer Émeraude (non lu)

Drominad
D1 : L'Île de Noirebraise (non lu)

Un Printemps de sang - Le Bâtard de Kosigan, tome 5 / Fabien Cerutti

Couverture - Un Printemps de sang - Le Bâtard de Kosigan, tome 5 de Fabien Cerutti

Récit

1365. Ancien capitaine de mercenaires, assassin et espion, Pierre Cordwain, bâtard de la maison bourguignonne de Kosigan, est un homme redouté et insaisissable.
En pleine guerre de Cent Ans, alors que Français et Anglais se déchirent, il s’introduit dans le comté dont il s’est enfui à la mort de son père. Pour « d’agréables retrouvailles en famille », sans doute…

Au même moment, une délégation française négocie un accord avec le duc de Bourgogne, et Dùnevia Illavaëlle, une aventurière italienne aux pouvoirs de polymorphe, écume le comté d’Albret, alors que pour la première fois depuis des siècles le feu d’un dragon en déchire le ciel.

Quel lien entre tous ces événements ? Qui œuvre à la chute du duc de Bourgogne ainsi qu’à la disparition de la lignée des Kosigan ? Et dans quel but ?

Impression

Ça y'est, c'est fini... Oui, non, je ne pars pas totalement en vrille (encore que). Mais ce tome ouvre un nouveau cycle. Cela dit, nouveau cycle oui, mais qui semble être auto-suffisant.

Précédemment, on a pu découvrir Pierre Cordwain de Kosigan, chef d'une compagnie de mercenaire. Mais il en a aujourd'hui terminé avec ça. La Compagnie revendue, il a pour objectif de revenir au pays, dans le comté de Kosigan. On va ainsi pouvoir découvrir le côté bâtard du Bâtard (une jolie rencontre de famille quoi).
Ce tome va permettre une plongée à la fois dans l'enfance du Bâtard, et de comment il en a été rendu à être à la tête d'une Compagnie de mercenaire, et accessoirement chassé de son comté natal.

Pourquoi ? Dans quel but risquerait-il sa vie ? Je vous laisse le découvrir dans la lecture de ce tome, mais comme d'habitude avec le Bâtard, il y a les intentions, les plans... et ce qui arrive.

Histoire et personnages

La trame du livre se découpe en 2 parties entremêlées, mais cette fois on reste dans le passé. On y suit le Bâtard lui-même, mais aussi son ex-seconde Dùnevia Illavaëlle qui traîne aussi dans les parages (enfin dans le comté d'à côté). Pourquoi ? Dans quel but ? Rohhh, mais lisez donc que diable !

Dans ce tome, on plongera dans le passé (trouble, est-il besoin de le préciser ?) de Pierre. Son adolescence, ses décisions, leurs conséquences...
Une partie très intéressante en termes de background et qui fait clairement le lien avec
le premier cycle, permettant ainsi de savoir comment il en arrive à être le capitaine de la Compagnie et pourquoi donc il est persona non grata dans son comté de naissance.

La seconde partie traite elle du Bâtard, lorsqu'il retourne à son comté d'enfance. La façon dont il risque d'être accueilli (sûr qu'on va lui ouvrir les bras... mais pas forcément que ça) et, s'agissant de puissants de l'époque, dans quel guêpier il va mettre les pieds.

En effet, le premier cycle mettait déjà tout cela en place : le Royaume de France est quand même tiraillé entre les Anglais, les Germaniques et les Bourguignons. Et il va sans dire que notre bon Roy n'est pas de celui qui aime en rester au statu quo, surtout pendant la guerre de Cent Ans.

On reste toujours sur la thématique du « avant il y avait de la magie, mais plus maintenant » et de la découverte de ce qui a bien pu se passer pour qu'elle en arrive à disparaître d'une part et de comment cela se fait-il qu'il ne reste aucune trace de son existence dans le passé (hormis les manuscrits du sieur de Kosigan).

Au passage, joli casting dans ce tome qui fait revenir en force les contes et légendes du passé.

Côté histoire, cette dernière est très prenante.
La découverte du passé du Bâtard est intéressante pour ceux qui ont déjà lu le premier cycle, tout en permettant de situer le personnage pour ceux (honte à eux !) qui ne l'aurait pas encore fait.
D'ailleurs, concernant ce point, la lecture du premier cycle n'est pas indispensable pour se lancer, même si clairement ça apporte beaucoup de choses (rien que pour intégrer réellement la portée du noir sang par exemple). Un bon équilibre donc entre ne pas radoter pour les lecteurs de la première heure et ne pas perdre ceusses qui n'avaient pas encore goûter à la gouaille du Bâtard.

Le présent du Bâtard amène bien les choses : embrouilles, combines et trahisons. Tout est là pour créer de l'aventure et des rebondissements qui rendent haletant de suivre le retour du fils pas spécifiquement prodigue.
Ça bouge bien, on se fait surprendre, c'est du bon Fabien Cerutti.
Le croisement des 2 époques permettent d'introduire facilement les nouveaux personnages, tout en profitant pleinement de continuer l'histoire avec nos anciens protagonistes.

Plume

Côté plume, as usual, l'auteur l'aiguise pour nous conter l'histoire du comté. Les bases historiques du récit que vient mâtiner le côté magie et pouvoir des contes et légendes, rendues toujours aussi plausible. Le fil rouge qui fait le petit plus de cette série en somme.

On conserve par ailleurs toujours la gouaille et le ton acide des récits du Bâtard auquel vient se mêler celui de Dùnevia qui continue de gagner en importance au fil des tomes.

Note

Un 18/20 pour ce livre. Un très bon début de second cycle qui nous laisse plein de promesses pour la suite.
On retrouve notre Bâtard dans des aventures rocambolesques, et on est très heureux⋅ses de le retrouver !
Bref : vite vite la suite !

Série : Le Bâtard de Kosigan

Romans

  1. L'Ombre du pouvoir (chroniqué)
  2. Le Fou prend le roi (chroniqué)
  3. Le Marteau des sorcières (chroniqué)
  4. Le Testament d'involution (chroniqué)
  5. Un Printemps de sang (chroniqué)

Nouvelles

  • Les Secrets du Premier Coffre (non lu) contient :
    1. Légende du Premier monde
    2. Ineffabilis Amor
    3. Le Crépuscule et l’Aube
    4. Fille-de-joute
    5. Le Livre des merveilles du monde
    6. Les Jeux de la cour et du hasard

La Forêt sombre - La Trilogie des trois corps, tome 2 / Liu Cixin

Couverture livre - critique littéraire - La Forêt sombre, tome 2 de la Trilogie des trois corps de Liu Cixin

Récit

L'humanité le sait désormais : dans un peu plus de quatre siècles, la flotte trisolarienne envahira le système solaire. La Terre doit impérativement préparer la parade, mais tout progrès dans les sciences fondamentales est entravé par les intellectrons.

Grâce à eux, les Trisolariens peuvent aussi espionner toutes les conversations et tous les ordinateurs, en revanche ils sont incapables de lire dans l'âme humaine. Parallèlement aux programmes de défense classiques visant à lever des armées spatiales nationales, le Conseil de défense planétaire imagine donc un nouveau projet : le programme Colmateur.
Quatre individus seront chargés d'élaborer chacun de leur côté des stratégies pour contrer l'invasion ennemie, sans en révéler la nature. Ils auront à leur disposition un budget presque illimité et pourront agir comme bon leur semble, sans avoir besoin de se justifier. Livrés à eux-mêmes, ils devront penser seuls, et brouiller les pistes.

Trois des hommes désignés sont des personnalités politiques de premier plan et des scientifiques éminents, mais le quatrième est un parfait anonyme. Astronome et professeur de sociologie sans envergure, le Chinois Luo Ji ignore totalement la raison pour laquelle on lui confie cette mission. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il est désormais l'un des Colmateurs, et que les Trisolariens veulent sa mort.

Impression

Suite au premier tome, on le sait : l'invasion de la Terre par les Trisolariens est en cours, et va mener à l'éradication - à moyen terme - de l'espèce humaine. Reste 400 ans avec l'arrivée de ces joyeux lurons, plus une génération à vivre donc. Ambiance.
Ajoutons que les Trisolariens ont bloqué tout développement de la physique fondamental (acquisition de nouveaux concepts théoriques) à l'espèce humaine, et vous pouvez vous imaginez l'état d'esprit de l'Humanité au début de ce tome.

Dans ce dernier, nous suivrons l'évolution sur environ 200 ans de cette humanité, tant dans le domaine scientifique et militaire, que dans le domaine sociétal. Car outre les efforts que va devoir déployer l'Humanité pour se défendre, tout l'aspect sociologique de « Comment réagir face à une menace d'extinction, mais qui arrive que dans 400-500 ans ? ».
Un récit brillamment mené, retraçant, parfois un peu vite, parfois de manière trop appuyée, ces différentes phases de prise de conscience, de peur et d'espoir qui découlent de tout cela, ainsi évidemment que la course effrénée à l'armement.

À côté de cela, on suit principalement l'histoire des 4 Colmateurs, personnages désignés pour essayer de mettre à mal le plan des Trisolariens dans le cas où le développement technique humain ne suffirait pas en utilisant leur principal point faible : leur méconnaissance de l'esprit humain et leur incapacité à fourvoyer un adversaire.
Les personnages associés sont plus ou moins intéressants en tant que tels, mais décrivent des stratégies et tactiques intéressantes, non seulement pour la trame de l'histoire, mais aussi dans l'exploration de la sociologie humaine ou du « jusqu'où peut-on aller et est-ce que la fin justifie tous les moyens ».
On suit aussi l'histoire de Zhang Baihai, mon préféré, sans doute parce que la clef qui gouverne ses actions est fourni dès le début de sa rencontre, mais sans indice complémentaire. Ce n'est qu'en agrégeant les éléments que la chose éclate au moment opportun.

Côté déroulement de l'histoire, l'auteur prend (souvent) un poil trop son temps. Ça peut donner un côté poétique à la narration, en contre-point avec le sous-jacent hard-science, mais ça fait surtout que ça tire un poil en longueur, un peu à la Peter F. Hamilton, surtout que les actions de la partie adverse sont toujours connues avec une bonne marge de temps de réaction, ce qui retire la montée rapide en tension dans une très grande partie du livre.

Côté sciences, le sous-jacent hard-science est clairement respecté. L'ensemble des évolutions et manœuvres décrites se basant sur l'application des lois scientifiques ou sur ce qui est indiqué comme tel pour les parties dépassant notre science actuelle.
Néanmoins, y a quand même un gros bémol, pas tant sur la science, mais sur l'utilisation de cette dernière par les militaires humains.

En effet, pour une planète se vouant à la guerre, les manœuvres militaires sont totalement ubuesques. Je veux dire, j'entends le sentiment de supériorité qui est présent à ce stade, mais sous-estimé son ennemi ne veut pas dire exposer l'ensemble de son armada à une défaillance de mode commun. Surtout quand on n'a pratiquement aucune info sur son ennemi alors qu'on sait que lui suit en quasi temps réel ce qui se passe chez vous.
Et surtout si tout le monde ne dépend pas d'un seul et même commandement.

Pour une civilisation supposée bien plus rusée que l'autre, on tombe bien trop facilement dans le panneau. En tant que lecteur⋅trice, j'ai hurlé en entendant les ordres émis...

Par ailleurs le titre de ce tome, La Forêt sombre, fait référence à une théorie qui fait froid dans le dos... et qui reste plausible au regard de nos connaissances actuelles. Cette théorie, bien que très amorale et qui peut clairement être discutée, n'en est que plus effrayante.

Note

Un 18/20 pour ce livre.
Suite d'un coup de cœur, ce livre, toujours très hard-science, continue très bien la lancée du premier tome.
Les théories exposées et les évolutions sociétales et technologiques décrites sont très intéressantes. L'histoire traîne un peu en longueur, mais n'empêche pas d'apprécier pleinement ce livre qui, si on n'est pas allergique à la hard-science, vaut vraiment le coup.

On se revoie pour la suite ?

Série : La Trilogie des trois corps

  1. Le Problème à trois corps (avis)
  2. La Forêt sombre (avis)
  3. La Mort immortelle (avis)
  • HS 1. Le Problème à trois corps X ou La Rédemption du temps (non lu)

Les Tentatules du mal - Les Mondes d'Ewilan, tome 3 / Pierre Bottero

Couverture livre - critique littéraire - Les Tentacules du mal, tome 3 des Mondes d'Ewilan de Pierre Bottero

Récit

Avec ses amis, Ewilan poursuit son périple vers Valingaï afin de rendre Illian à sa famille, retrouver ses parents et contrer la méduse qui envahit l’Imagination.

Parvenus à Hurindaï, cité-état qui subit les assauts de l’armée de Valingaï et la magie des prêtres d’Ahmour, ils manquent y être tués.
Ils reprennent leur voyage jusqu’à Valingaï, la mystérieuse cité où ils sont emprisonnés.

Sur le sable de l’arène, les destins d’Ewilan, de ses compagnons et de la Sentinelle félonne Eléa Ril’ Morienval sont-ils scellés ?

Avant-propos

Suite de la lecture de cette saga à mes enfants, cette chronique se fait donc dans l'optique d'une lecture à des enfants et non pas une lecture adulte.

Impression

À la fin du second tome, on apprend qu'Ewilan est la dernière à être en aptitude de dessiner, et on sent bien qu'arrivera rapidement le duel entre la façon de dessiner de Gwendalavir et celle de ce continent. Est-ce la force brutale et implacable ou la délicatesse, la souplesse et la beauté qui saura s'imposer ?
Cruel dilemme pour mes enfants.

Ce tome conclue ce second arc en résolvant les différents éléments encore en place.
Le dénouement final avec Eléa, ainsi que les différents éléments expliquant son aversion particulière pour Ewilan.
La fin pour nos différents héros, ainsi que leur devenir (plus ou moins sombre).
Et bien évidemment le triomphe du Bien sur le Mal, ça va sans dire, on n'est pas dans le Dark Fantasy, aucun mystère là-dessus.

La plume de Pierre Bottero est toujours aussi belle, et le final dans l'arène amène à des dépassements de soi de la part de nombre de protagonistes, qui s'ils convenus dans le cadre d'un final de série, offrent de beaux effets et des situations qui restent dans la mémoire.

Un tome qui reste dans le convenu d'une fin de cycle High Fantasy pour enfants, mais qui le fait d'une très belle manière, et surtout accordant sa place à chacun des protagonistes, y compris Artis - ce qui n'était pas joué d'avance au regard de ses compétences.
Chacun aura sa fin, plus ou moins spectaculaire, mais une fin dans tous les cas.

Un petit point sans réelle importance dans le récit, mais qui m'a bien marqué⋅e, c'est la découverte des Fils du vent en une complémentarité avec la voie des Marchombres telle que décrite par Ellana et qui fait régner un vent de liberté et d'insouciance malgré les enjeux.

Note

Un 18/20 pour ce livre.
Une jolie fin, convenue mais convaincante, dans l'esprit de la High-Fantasy pour enfants. Cette fin clos le cycle et la majorité des questions soulevées depuis le premier tome de la saga.

Il va sans dire que j'ai été convaincu⋅e par ce cycle et qu'il me tarde de découvrir le Pacte des Marchombres qui devrait nous faire découvrir la vie d'Ellana et des Marchombres.

Série : Chroniques d'Ewilan - Univers de Gwendalavir

La Quête d'Ewilan

  1. D'un monde à l'autre (avis)
  2. Les Frontières de glace (avis)
  3. L'Île du destin (avis)

Les Mondes d'Ewilan

  1. La Forêt des captifs (avis)
  2. L'Œil d'Otolep (avis)
  3. Les Tentacules du mal (avis)

Le Pacte des Marchombres

  1. Ellana (avis)
  2. Ellana : L'Envol (avis)
  3. Ellana : La Prophétie (non lu)

L'Autre

  1. Le Souffle de la hyène (non lu)
  2. Le Maître des tempêtes (non lu)
  3. La Huitième porte (non lu)

Romans indépendants

  • Les Âmes croisées (non lu)
  • Le Chant du troll (non lu)
  • Isayama (non lu)
  • Les Aigles de Vishan Lour (non lu)

La Forêt des captifs - Les Mondes d'Ewilan, tome 1 / Pierre Bottero

Couverture livre - critique littéraire - La Forêt des captifs, tome 1 des Mondes d'Ewilan de Pierre Bottero

Récit

Tandis que ses parents explorent des territoires sauvages de l’autre monde, Ewilan se retrouve prisonnière sur Terre d’une sinistre institution.
Au cœur de ce laboratoire clandestin, la Sentinelle félonne Eléa Ril’ Morienval fomente son retour en Gwendalavir qu’elle cherche plus que jamais à conquérir.

Réduite à l’impuissance par de terribles expériences, Ewilan ne peut compter que sur le courage de Salim pour s’échapper.

Avant-propos

Suite de la lecture de cette saga à mes enfants, cette chronique se fait donc dans l'optique d'une lecture à des enfants et non pas une lecture adulte.

Impression

Enfin le calme… Enfin pour certains plus que pour d'autres.
Les Ts’liches et Eléa Ril' Morienval ont été battues. Ewilan étudie à l'académie d'Al Jeit. Salim étudie sous la houlette exclusive d'Elanna. Les autres protagonistes ont retrouvé leurs occupations habituelles (certes pour Edwin, ça doit correspondre à sauver Gwendalavir, mais bon, on a les hobbies qu'on a, c'est pas bien de juger).
On se sent revenir dans le quotidien de jeunes gens étudiant et cherchant à apprendre.
On a grandi aussi. Manifestement le poids des épreuves passées a fait son œuvre sur la psychologie de chacun.

Cette fois-ci on rentre dans un livre traitant une thématique plus noire. Expérimentations subies, enlèvements et torture. C'est plus noir, mais ça n'a pas choqué mes enfants. De fait, si les thématiques sont abordées, les traits les plus durs sont passés sous silence et laisse au soin du lecteur de remplir les trous s'il en ressent le besoin.
Ça reste aussi un livre pour enfants : la crédibilité est soumise au consentement « goonies », c'est à dire que d'attaquer à deux une forteresse n'est pas un critère de non-faisabilité. Et les alliés arrivent à point nommé. On reste donc dans un récit pour enfants.

Ce livre se veut globalement plus psychologique. La psyché des héros est plus accessible et on peut y voir évoluer les conséquences des épreuves, passées et présentes, auxquelles nos héros ont été confrontés.
Une mention spéciale pour le personnage de Maximilien qui arrive à instaurer, avec ses terres, une aura de patience apaisante presque palpable à la lecture. Un moment fort agréable.

Difficile de raconter des éléments sur ce livre sans divulgâcher l'histoire. Cette dernière se passant principalement sur notre monde, pas de grande découverte en devenir, mais une histoire qui reste agréable à suivre, malgré les évidentes facilités scénaristiques.

Ce livre marque clairement une transition entre le précédent arc narratif et un nouveau. On grandit, mais on sent aussi poindre le danger, ce qui ne présage que du bon pour la suite.

Note

Un 18/20 pour ce livre.
Un livre qui se positionne en ouverture d'arc narratif, tout en faisant évoluer les personnages.
C'est toujours très clairement orienté jeunesse mais ça reste très bon.

Vite, vite, la suite !

Série : Chroniques d'Ewilan - Univers de Gwendalavir

La Quête d'Ewilan

  1. D'un monde à l'autre (avis)
  2. Les Frontières de glace (avis)
  3. L'Île du destin (avis)

Les Mondes d'Ewilan

  1. La Forêt des captifs (avis)
  2. L'Œil d'Otolep (avis)
  3. Les Tentacules du mal (avis)

Le Pacte des Marchombres

  1. Ellana (avis)
  2. Ellana : L'Envol (avis)
  3. Ellana : La Prophétie (non lu)

L'Autre

  1. Le Souffle de la hyène (non lu)
  2. Le Maître des tempêtes (non lu)
  3. La Huitième porte (non lu)

Romans indépendants

  • Les Âmes croisées (non lu)
  • Le Chant du troll (non lu)
  • Isayama (non lu)
  • Les Aigles de Vishan Lour (non lu)

Les Frontières de glace - La Quête d'Ewilan, tome 2 / Pierre Bottero

Couverture livre - critique littéraire - Les Frontières de glace, tome 2 de la Quête d'Ewilan de Pierre Bottero

Récit

En Gwendalavir, Ewilan et Salim partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer les Sentinelles garantes de la paix. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons, d’ogres et de mercenaires du Chaos, résolus avec les Ts’liches à tuer Ewilan, mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lit d’amitié avec une marchombre aux pouvoirs fascinants, tandis qu’Ewilan assoit son autorité et affermit son Don. Mais pour prétendre délivrer les Sentinelles, elle devra d’abord percer le secret du Gardien.

Avant-propos

Suite de la lecture de cette saga à mes enfants, cette chronique se fait donc dans l'optique d'une lecture à des enfants et non pas une lecture adulte.

Impression

Comme le premier tome, on reste dans un récit archétypal de high-fantasy jeunesse. De fait, le lecteur adulte trouvera sans doute l'histoire « facile », dans le sens où les obstacles rencontrés sont toujours assez facilement dépassés par la troupe, chacun aillant la bonne aptitude au bon moment à faire valoir.
Cela étant dit, quand j'en parle à mes enfants, c'est plutôt de l'anxiété à chaque épreuve qui ressort et du soulagement à leur résolution. Le public ciblé est donc parfaitement pris dans l'histoire, et cela m'a permis, par ailleurs, de ne pas avoir à rassurer les enfants sur le fait que les « Gentils » gagnent toujours dans les livres jeunesses.
On est donc parfaitement calibré sur le public cible. Par ailleurs, on peut noter que bien que l'histoire m'ait semblé facile, elle n'en reste pas moins intéressante à lire : on voit venir les dénouements à l'avance, mais l'histoire reste agréable à découvrir dans les détails.

Côté plume, on reste sur un niveau vocabulaire élevé pour de jeunes lecteurs. C'est toujours un point qui me satisfait : une lecture qui élève l'esprit tout en étant à portée du jeune lecteur.
Toujours des passages empreints d'humanité qui font aussi le charme de cette lecture « naïve ».

Côté histoire, on continue de découvrir l'univers de Gwendalavir de par la progression de notre équipée qui vont traverser plusieurs régions différentes de l'Empire. Une grosse claque concernant la description de l'Arche puis peu après de la capitale de l'Empire. C'est flamboyant tout en étant relativement concis dans la description.

Les relations entre nos personnages principaux continuent de se développer, et l'équipée récupère d'autres éléments au cours de leur quête. Le tout rassemblant des personnes d'origines sociologiques, raciale ou d'érudition différente, on sent bien, en tant qu'adulte, la volonté de promouvoir le respect des autres dans leur différence... D'autant plus que les différences sont, évidemment, ce qui permettra aux personnages de réussir à résoudre les embûches que le hasard ou les Ts'liches auront mis sur leur chemin.

Note

Un 18/20 pour ce livre.
Un très bon second tome. Toujours très clairement orienté jeunesse, le découvrir auprès de mes enfants est une vraie source de plaisir.
On continue de découvrir un univers intéressant en suivant une quête archétypale du genre de la High-Fantasy... Mais n'est-ce pas ce qu'il faut pour faire découvrir le genre à un lectorat qui n'est pas censé avoir particulièrement de référence dans le domaine ?

La réussite du premier tome se confirme clairement, et la lecture reste toujours agréable pour un adulte qui s'attend à une histoire jeunesse.

Série : Chroniques d'Ewilan - Univers de Gwendalavir

La Quête d'Ewilan

  1. D'un monde à l'autre (avis)
  2. Les Frontières de glace (avis)
  3. L'Île du destin (avis)

Les Mondes d'Ewilan

  1. La Forêt des captifs (avis)
  2. L'Œil d'Otolep (avis)
  3. Les Tentacules du mal (avis)

Le Pacte des Marchombres

  1. Ellana (avis)
  2. Ellana : L'Envol (avis)
  3. Ellana : La Prophétie (non lu)

L'Autre

  1. Le Souffle de la hyène (non lu)
  2. Le Maître des tempêtes (non lu)
  3. La Huitième porte (non lu)

Romans indépendants

  • Les Âmes croisées (non lu)
  • Le Chant du troll (non lu)
  • Isayama (non lu)
  • Les Aigles de Vishan Lour (non lu)

Les Tours de minuit - La Roue du temps, tome 13 / Robert Jordan et Brandon Sanderson

Couverture livre - critique littéraire - Les Tours de minuit, tome 13 de la Roue du temps de Robert Jordan et Brandon Sanderson

Récit

La Roue du temps tourne et les Âges naissent et meurent, laissant dans leur sillage des souvenirs destinés à devenir des légendes.

Alors que des hordes de Trollocs déferlent de la Flétrissure, les premières secousses de l’Ultime bataille ébranlent une partie du monde. Les sceaux de la prison du Ténébreux faiblissant de plus en plus, la Trame elle-même menace de se détisser.

Hanté par les fantômes de son passé, Perrin est dans une impasse. Pour en sortir, il devra dominer le loup qui est en lui. Sinon, il se perdra à jamais dans la folie qui a déjà détruit plus d’un homme aux yeux jaunes.

Avec ses alliés, Mat se prépare au défi le plus risqué de sa vie. Car la tour de Ghenjei l’attend avec ses secrets, ses dangers… et ses surprises.

Le dénouement approche. Il est temps de jeter les dés.

Impression

Côté écriture, on reste dans le même ton que le douzième. Ciselé, vif, rapide. Que du très bon donc.

Côté histoire, si le précédent tome laissait la part belle à Rand et Egwene, dans ce tome, c'est au tour de Mat et Perrin d'être à l'honneur. Enfin à l'honneur, disons qu'ils rattrapent la Trame, vu que chronologiquement, les événements de ce tome se passent en même temps, voir avant, le précédent.
Une fois qu'on a compris ça, ça se déroule bien, mais j'avoue qu'on s'en aperçoit au détour d'une conversation qui ne colle pas avec ce qu'on sait, ça aurait pu être plus marqué pour ne pas perdre le lecteur. Car même si ce n'est pas la première fois que le procédé est employé (le nettoyage du Saidin par Rand et Nynaeve en est un bon exemple), il ne touchait que quelques éléments éparts et en toile de fond.

Mat va clore une grande partie des intrigues qui tournent autour de lui, à savoir :

  • La première évidente concernant Moraine Sedai, où Mat (et ses 2 autres compagnons - d'ailleurs j'ai été étonné⋅e de ne pas voir Olver se la ramener) va devoir affronter son destin dans la tour des Renards et serpents.
  • La seconde concernant les cloches et les canons : arrivera-t-il à faire fabriquer ses fameux canons, et surtout, à quel prix ?
  • Enfin on connaîtra le fin mot de l'histoire concernant Verine Sedai et sa fameuse lettre. Et où on verra que l'orgueil des Aes Sedai reste toujours démesuré et que manifestement, Mat a de la concurrence côté prise de risque et flambage (sic).

Le traitement de ces intrigues se fait de manière naturelle, et il est toujours vraiment sympa de suivre Mat (oui c'est mon chouchou de l'histoire, je n'ai pas d'objectivité).

Côté Perrin, les choses se décantent, le personnage grandit et va enfin faire des choix et s'assumer. Là encore, on va régler ce qui traîne :

  • entre sa femme et lui (et ce n'est pas trop tôt) ;
  • entre les loups et lui (bis repetita) ;
  • entre les Blanc manteaux et lui ;
  • son statut dans la géopolitique du coin. Parce que bon, on a quand même un forgeron à la tête d'une force insurrectionnelle, presque à la tête d'une des armées du Dragon réincarné (quand les matriarches sont dans le coin, il ne faut pas trop se faire d'illusion) et ayant un pays comme vassal, tout en trimballant la mère de la reine du pays dont il dépend officiellement...

Egwene va avoir à traiter les Couteaux laissés par les Seanchaniens après leur retraite. Mais j'avoue que cette partie m'a laissé sur la faim. Egwene est vraiment devenue Aes Sedai jusqu'au bout des ongles, et le traitement de cette menace et de l'histoire associée m'a semblé particulièrement idiot de sa part. Comme quoi, le pouvoir corrompt bien tout.

Rand semble réussir à faire la paix avec lui-même et semble presque prêt pour l'Ultime bataille.

On fera aussi un petit tour côté des pays du Nord, où Lan fait sa chevauchée contrainte, où la Flétrissure déborde et où bien peu semble pouvoir être sauvé.
On aura aussi une vue sur la façon dont le Car'a'carn risque (va ?) détruire les Aiels.

Brandon Sanderson rassemble dans ce tome l'écheveaux d'intrigues encore en suspens et en résout un certain nombre en vue de tout mettre à plat pour le dernier tome, pour l'Ultime bataille donc.
L'ensemble se fait de manière cohérente, sans Deus ex machina, ce qui est très agréable, et de manière plutôt intelligente : on sait tous que le dernier tome sera l'Ultime bataille, il met donc les choses à plat pour s'y préparer.
Au final, il resterait (liste non exhaustive et basée sur mes seules déductions) :

  • Le positionnement de la femme de Mat dans le conflit, sachant qu'elle entend soumettre le Dragon réincarné à un a'dam.
  • Le rapport de force d'Egwene contre Rand sur le sort des derniers sceaux du tombeau du Ténébreux (même si selon moi, c'est plié d'avance face à un taveren - seule la Fille des Neuf lunes a su y résister jusqu'à présent).
  • N'oublions pas Fain, qui a toujours une dent (dague ?) contre Rand et qu'il ne faut sans doute pas oublier.
  • De la même façon, il y a Quelque chose de pourri au royaume de la Tour noire (oui, y a de la subtilité dans le titrage) - et Mazrim Taim est soit un Réprouvé en mission d'infiltration, soit doit au moins avoir des liens avec l'un d'entre eux.
  • Le rôle que Moiraine Sedai va s'accaparer... je n'imagine pas qu'on l'ait sortie des délices de la tour pour rien...
  • Les plans de Cadsuane Sedai, parce que même si elle semble rouler pour le côté de la Lumière, elle a les idées bien arrêtées, et on dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions.
  • Le plan du Nae'blis Moridin (aka Ishamael) qui ne s'amuse certainement pas à foutre la honte aux autres Réprouvés pour le plaisir (enfin pas que j'imagine). D'autant qu'il est un stratège, contrairement à d'autres, et qu'il tient à prendre la belle sur Rand / Lews Terrin.
  • Les ogiers... je doute que Loial soit parti faire un discours pour rien. Et quand on voit ce que peuvent faire les Jardiniers de l'Impératrice (puisse-t-elle être éternelle), je doute que ça ne soit le fruit du hasard.
  • Enfin, que va faire Lanfear, maintenant Cyndale de ce que j'en comprends, qui a sans doute une dent contre Rand ( dont elle est folle (au sens premier) amoureuse) mais qui éprouve sans doute bien pire à l'encontre de Moridin vu comme il la traite - d'autant plus qu'à première vue, ce n'est pas le Grand Seigneur qui est intervenu pour son retour, et ça doit donc résulter d'un mauvais souhait auprès des Renards...

Note

Un 18/20 pour ce treizième tome.
Très bon opus qui réussie à remettre en place les pièces de l'Ultime bataille à venir, s'en sacrifier à la résolution d'intrigues en cours. Un très bon opus, bien qu'un brin moins enthousiasmant que le précédent (mise en place oblige) qui présage que du bon pour l'Ultime tome.

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (avis)
  5. Un Lever de ténèbres (avis)
  6. Les Feux du ciel (avis)
  7. Le Seigneur du chaos (avis)
  8. Une Couronne d'épées (avis)
  1. Le Chemin des dagues (avis)
  2. Le Cœur de l'hiver (avis)
  3. Le Carrefour du crépuscule (avis)
  4. Le Poignard des rêves (avis)
  5. La Tempête imminente (avis)
  6. Les Tours de minuit (avis)
  7. Un Souvenir de lumière (avis)
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)

D'un Monde à l'autre - La Quête d'Ewilan, tome 1 / Pierre Bottero

Couverture livre - critique littéraire - D'un Monde à l'autre, tome 1 de la Quête d'Ewilan de Pierre Bottero

Récit

Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l'empêcha de fermer les yeux et elle n'eut pas le temps de crier… Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d'arbres immenses.

Te voici donc, Ewilan. Nous t'avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d'achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable…

Avant-propos

Et voilà que je commence à chroniquer une série jeunesse. Que m'arrive-t-il ? Et bien simple : enfin mes enfants sont en âge de partager cette lecture avec moi, et c'est donc avec un grand plaisir que j'ai choisi de découvrir cette série avec eux - cet auteur revenant très régulièrement dans les bons conseils fantasy en jeunesse.
Montez donc avec nous dans cette session lecture, regardée à l'aune du public qu'il vise : les enfants.

Impression

Ce livre est une ode à la high-fantasy jeunesse.
Une héroïne qui découvre ses pouvoirs. Un empire à sauver. Des ennemis facilement identifiables, à priori aux motivations claires et nettes. Une tripotée d'aides pour guider notre héroïne sur le chemin que le destin trace pour elle.
Oui on est dans l'archétype de la high-fantasy. Mais, c'est clairement de la bonne came au regard du public visé.

L'héroïne, Camille ou Ewilan selon, est l'archétype du héros : pure, intelligente, se voyant imposer son destin et dotée d'une grande puissance.
Elle est accompagnée de son compagnon de voyage, Salim, antinomique en bien des aspects, mais surtout très complémentaire.
Je passe les compagnons de quête qu'elle se découvre, chacun ayant une psychologie stéréotypée mais clairement reconnaissable et relativement fouillée - pas de surprise sur le sujet.

Côté univers, on a en premier lieu notre monde, vu côté petite ville en périphérie de Paris avec ses clivages sociétaux : pauvreté / richesse, racisme, faits divers. C'est amené, je trouve, de manière subtile. Ça dépeint notre univers connu, en mettant en avant ces clivages, sans trop insisté dessus. Comme un décor planté qui donne un aspect de réalité, sans qu'on ne fasse le focus dessus. Pour l'adulte c'est évident, mais ça permet aux enfants de se poser quelques questions sur la « justice » de tout cela.
En second lieu on y découvre le monde de Gwendalavir (enfin une partie de ce monde). Ce dernier est bien amené. On le découvre in media res, puisqu'on l'appréhende en suivant Camille qui n'a aucun souvenir d'y avoir déjà mis les pieds par le passé.
Rien de très original pour ceux qui connaissent la thématique, mais sa découverte est joliment orchestrée. Sans être d'une variété importante, le monde décrit est loin d'être anecdotique et donne matière à faire travailler l'imagination des jeunes lecteurs, les dépaysant sans pour autant les perdre.

Côté histoire, on est sur du classique, mais bien orchestré. L'histoire ne bouge ni trop rapidement (on n'est pas dans un triller) ni se complaît dans des descriptions. Ça avance au rythme des découvertes, des aventures et des réflexions. Rien qu'un lecteur adulte ne voit pas venir à des kilomètres, mais qui a su tout de même m'intéressé⋅e et surtout conquérir les enfants.

Côté plume, c'est le point surprise du livre. Même si c'est clairement écrit à la destination de jeunes lecteurs, le vocabulaire y est somme toute élevé. C'est un parti pris que j'ai beaucoup aimé : ça donne l'impression que l'auteur ne prend pas les jeunes lecteurs pour des idiots et leur permet d'acquérir du vocabulaire en profitant d'une belle histoire. C'est top.
Rajoutons des passages empreints d'humanité qui passent tout seul auprès des enfants mais qui offre une vision touchante pour le⋅a lecteur⋅rice plus adulte.

Au final, on a un tome clairement orienté jeunesse. L'histoire, la psychologie des personnages et la structuration de l'histoire sont clairement destinées à ce public. Pour autant la simplicité qui en découle n'altère aucunement l'intérêt de suivre l'histoire, ni d'y ajouter des pointes de poésie qui font que l'adulte y trouve aussi son compte.

Note

Un 18/20 pour ce livre.
Un excellent premier tome. Clairement orienté jeunesse, le découvrir auprès de mes enfants est une vraie source de plaisir.
L'histoire certes rentre dans l'archétype d'une histoire de high-fantasy, mais n'est pas pour autant plaisante à découvrir.
C'est donc une véritable réussite que ce premier tome, répondant clairement à son public, mais aussi au-delà dès lors qu'on ne s'attend pas à y trouver un récit machiavélique.

Série : Chroniques d'Ewilan - Univers de Gwendalavir

La Quête d'Ewilan

  1. D'un monde à l'autre (avis)
  2. Les Frontières de glace (avis)
  3. L'Île du destin (avis)

Les Mondes d'Ewilan

  1. La Forêt des captifs (avis)
  2. L'Œil d'Otolep (avis)
  3. Les Tentacules du mal (avis)

Le Pacte des Marchombres

  1. Ellana (avis)
  2. Ellana : L'Envol (avis)
  3. Ellana : La Prophétie (non lu)

L'Autre

  1. Le Souffle de la hyène (non lu)
  2. Le Maître des tempêtes (non lu)
  3. La Huitième porte (non lu)

Romans indépendants

  • Les Âmes croisées (non lu)
  • Le Chant du troll (non lu)
  • Isayama (non lu)
  • Les Aigles de Vishan Lour (non lu)

Le Poignard des rêves - La Roue du temps, tome 11 / Robert Jordan

Couverture livre - critique littéraire - Le Poignard des rêves, tome 11 de la Roue du temps de Robert Jordan

Récit

La Roue du Temps tourne et les Âges naissent et meurent, laissant dans leur sillage des souvenirs destinés à devenir des légendes.

Prisonnière des Shaido dans la cité de Malden, Faile use de toutes ses armes pour survivre. Résolu à la sauver, Perrin commet l’impensable : pactiser avec les Seanchaniens à l’insu de Rand. L’équivalent de vendre son âme au Ténébreux ? Peut-être, mais la vie de sa femme n’a pas de prix.

Sur les routes de l’Altara, Mat tente d’échapper aux Seanchaniens et continue de courtiser la Fille des Neuf Lunes. Mais face à cette beauté-là, tout ce qu’il croit savoir sur les femmes ne sera pas suffisant.

Pour Rand, retranché en Tear, Egwene, prisonnière à la Tour Blanche, et Elayne, sur le fil du rasoir à Caemlyn, tout se complique encore… alors que l’Ultime Bataille approche.

Impression

Dernier tome écrit par Jordan himself puisqu'il décédera en 2007 des suites d'une maladie orpheline. Il a néanmoins laissé des notes pour qu'un autre que lui puisse terminer sa saga s'il n'arrivait pas à la finir lui-même. Cela nous permettra de découvrir la fin de cette saga sur la base de ses propres idées, Brandon Sanderson ayant repris le flambeau pour nous faire découvrir la fin.

Ce tome marque un renouveau dans la narration. Les pièces ayant été placées dans le précédent tome, les choses vont s'accélérer.

Rand va se voir mis à l'épreuve. Les alliances qu'il essaye de forger n'arrivent pas à la conclusion qu'il désire et surtout, malgré qu'il ait purifié la Source masculine, son état ne semble pas s'améliorer. De même quant à son état mental qui est mis en avant, ce qui ne va pas dans le sens de l'apaisement des craintes sur la folie de Rand. Les craintes se font de plus en plus prégnantes avec l'approche de Tarmon Gai’don et des signes qui en annoncent l'arrivée, si l'on en croit les prophéties (mais qui se sont plutôt révélés très précises jusqu'à présent). D'autant qu'il est difficile de savoir qui est le pire ennemi de Rand : Cadsuane, les Aes Sedai, les Seanchaniens, Taim, Lews Therin, les Réprouvés ou bien Rand lui-même ? Oui, il en a des ennemis ou alliés douteux à gérer sur ses épaules ce pauvre berger. Heureusement, sans doute, qu'il sait pouvoir compter sur Min... sauf pour ce qui s'agit de lui obéir (mais ça lui rappelle sans doute la maison vu le comportement d'Egwene et Nynaeve).

Du côté de Perrin ça se décante enfin. Fini de compter les jours depuis sa séparation avec Faile, il est temps de recoller les morceaux ou bien de mourir en s'y essayant. Prêt à tout, il a fait alliance avec des alliés peu recommandables. Aussi qui du Prophète, des Seanchaniens ou des Shaido faut-il se méfier le plus ? Arrivera-t-il à tirer son épingle du jeu ?
Et côté Faille, aura-t-elle réussi à survivre le temps que Perrin arrive ? Se sera-t-elle fait la malle avant que son époux ne vienne la délivrer ?
En tout état de cause, vous aurez la réponse dans ce tome.

Mat quant à lui, cherche à honorer sa promesse de ramener sa sans-doute future promise aux Seanchaniens. Oui mais ces derniers lui compliquent la tâche quand il devient manifeste que ceux qui recherchent Tuon ne semblent pas particulièrement lui vouloir le plus grand bien - sans doute en lien avec la subite mort de l'Impératrice et de toute sa descendance, Tuon mis à part. Même en retrouvant la Compagnie de la Main Rouge et avec ses dons en stratégie militaire, saura-t-il combattre les troupes de l'Impératrice à la recherche de Tuon ?
Mieux, saura-t-il se dépêtrer des rets dans lesquels Tuon semble s'amuser à emmêler Mat ?
En tout cas, pour la première fois, on a accès à Tuon en tant que narratrice, ce qui donne un changement de perspective savoureux ainsi qu'un début de réponse sur ses agissements.

Côté Elayne, les choses se décantent aussi. Les alliances politiques se font et se défont et les batailles s'engagent. En tout cas, ça bouge enfin aussi de ce côté, ainsi que du côté de l'ost des Frontaliers.

Un très bon moment s'ouvre à nous avec Egwene. Celle-ci prisonnière, loin de désarmée, mène le combat à sa façon pour tenter de gagner la bataille de la Tour Blanche depuis l'intérieur. Y réussira-t-elle sans y laisser la vie ? En tout cas, elle sait transformer une défaite avec sa capture en une opportunité et on voit à quel point elle a réussi à prendre sur elle le rôle d'Amyrlin, et c'est bien d'égale à égale qu'elle compte se mesurer à Elaida.

Les Manteaux blancs ne semblent quant à eux pas avoir dit leur dernier mot, et on assiste à un tournant qui pourrait les faire revenir dans la danse. Reste à savoir de quel côté ils risquent de faire pencher la balance.

Enfin Taim et ses suivants semblent bien vouloir rentrer dans la danse, et manifestement il n'a pas abandonné ses espoirs d'être lui-même le vrai Dragon Réincarné. Est-ce que former des Asha’man valait le risque qui semble émerger ?

Et pour finir, une ola pour Nynaeve qui avec Lan réussi un superbe coup qui me semble aussi important pour le futur que la montée en grade de Tuon elle-même.

Note

Un 18/20 pour ce onzième tome.
Ça y est, tout se décante, les choses se mettent en mouvement, et c'est du très bon qui nous arrive. Certaines situations se clarifient, d'autres moins, mais les signes ne trompent pas, l'heure de Tarmon Gai’don s'approche et les forces de la Lumière ne semble clairement pas être encore à la hauteur de la tâche qui les attend.
Il n'y a plus qu'à espérer que la suite, faite certes par un superbe auteur et sur les notes de Jordan, saura donner une fin à la hauteur de ce qui a été créé et mis en branle.

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (avis)
  5. Un Lever de ténèbres (avis)
  6. Les Feux du ciel (avis)
  7. Le Seigneur du chaos (avis)
  8. Une Couronne d'épées (avis)
  1. Le Chemin des dagues (avis)
  2. Le Cœur de l'hiver (avis)
  3. Le Carrefour du crépuscule (avis)
  4. Le Poignard des rêves (avis)
  5. La Tempête imminente (avis)
  6. Les Tours de minuit (avis)
  7. Un Souvenir de lumière (avis)
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)

Une Couronne d'épées - La Roue du temps, tome 07 / Robert Jordan

Couverture livre - critique littéraire - Une couronne d'épées, tome 7 de la Roue du temps de Robert Jordan

Récit

Après avoir échappé à la Tour Blanche, Rand a réussi un exploit : obtenir la fidélité de certaines Aes Sedai renégates. Mais il est toujours pris en tenaille entre les Suppôts des Ténèbres et les Seanchaniens, une pression dont il se passerait bien alors qu'il réunit ses forces pour s'attaquer au bastion de Sammael.

De leur côté, Elayne et Nynaeve cherchent un moyen de briser l'emprise du Ténébreux sur le climat. Quant à Egwene, elle conduit une armée vers Tar Valon.

L'Ultime Bataille approche.

Impression

Un tome plus centré politique. Je vous avais parlé de Rand qui jonglait avec ses conquêtes ? Et bien peut-être a-t-il rajouter le couteau de trop. En tout cas, ça donne pas mal de personnage aux intentions plus ou moins claires à gérer. Moi j'adore, mais ça peut perdre certain⋅e⋅s lecteur⋅rice⋅s.

Dans ce tome, on retrouve nos amis Seancheaniens qui ne vous veulent que du bien, pourvu que vous juriez fidélité à l'Impératrice, ce qui n'arrange pas top les affaires de Rand en plein dans sa campagne pour la conquête de l'Illian et de comment débusquer Samael de sa place forte sans y perdre la vie.
Heureusement la venue de Min semble parfois lui redonner le sourire parce que le fait d'essayer de frayer avec les Aes Sedai après s'être fait enfermé et molesté lui est quelque peu difficile. Et l'arrivée de la légendaire Cadsuane dans ce jeu de quille n'est pas pour simplifier tout cela.

Côté filles, Elayne et Nynaeve partent défier le Ténébreux et sa modification du climat. Toujours aussi têtes de mule et mauvaise foi, nous aurons toutefois l'immense bonheur de les voir devoir s'excuser auprès de Mat, et même lui demander un petit coup de main. Dire que ça leur coûte est un euphémisme.
Ah et oui, Lan revient dans le coin.

Egwene, après avoir été élue Chair d'Armylin en exil, cherche avant tout à ne pas se faire manipuler comme le pantin que les Aes Sedai veulent qu'elle soit et accessoirement trouver une armée pour reconquérir la Tour Blanche. Un programme ambitieux que la prise de la seule ville ayant résister aux aiels et même à Arthur Pendrag lui-même.

Enfin, on retrouve Mat, qui comme à son habitude, a le don pour se mettre dans des situations difficiles. Et pour une fois, il semble avoir trouvé quelqu'un à la hauteur de ses talents. Un véritable plaisir (et pas - que - parce que Mat est mon personnage préféré).
Le final du tome le concernant est haletant.

On passera aussi un peu de temps auprès du peuple de la Mer et de ses mystères.

Note

Un 18/20 pour ce septième tome.
Un tome fort réjouissant pour ceux qui n'ont pas du mal à suivre les multiples interlocuteurs. Le final des filles et de Mat est haletant. Celui de Rand beaucoup moins - sans doute parce qu'on l'attend depuis déjà quelques temps. Un très bon tome après un précédent tome par trop statique.

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (avis)
  5. Un Lever de ténèbres (avis)
  6. Les Feux du ciel (avis)
  7. Le Seigneur du chaos (avis)
  8. Une Couronne d'épées (avis)
  1. Le Chemin des dagues (avis)
  2. Le Cœur de l'hiver (avis)
  3. Le Carrefour du crépuscule (avis)
  4. Le Poignard des rêves (avis)
  5. La Tempête imminente (avis)
  6. Les Tours de minuit (avis)
  7. Un Souvenir de lumière (avis)
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)