La Grande Quête - La Roue du temps, tome 02 / Robert Jordan

Couverture livre - critique littéraire - La Grande Quête, tome 2 de la Roue du temps de Robert Jordan

Récit

La Roue du Temps tourne et les Âges naissent et meurent, laissant dans leur sillage des souvenirs destinés à devenir des légendes.

À peine arrivé à la forteresse de Fal Dara, le jeune Rand n’a déjà qu’une idée en tête : fuir les noirs secrets qu’il a appris sur lui-même. Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste.
Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal. Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.

Impression

Toujours dans la High-fantasy avec ce tome 2. Mais on se démarque du Tolkien-like, puisque les personnages principaux ayant été introduit dans le tome 1, l'auteur peut densifier son univers, déjà bien développé, en nous introduisant des éléments spécifiques à l'univers et qui tendent par ailleurs à complexifier la trame d'ensemble - ce qui est agréable tant l'univers se prête à avoir une histoire un minimum tortueuse et faite de rebondissements.
On reste toujours sur le fil rouge de la lutte du Bien contre le Mal... même si on commence à découvrir plus amplement que les méchants ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit, voir ce qu'on croit. Et inversement.

Côté univers, on est très bien servi : le monde complexe déjà présenté dans le premier tome continue de vivre sous nos yeux et l'auteur rajoute de quoi le densifier et joue avec le lecteur en mettant quelques éléments propices aux retournements de situation. Pas d'incohérence, et les éléments supplémentaires s'insèrent dans la trame sans aucun accroc, qu'ils soient là pour consolider nos connaissances de l'univers ou pour apporter de nouveaux enjeux / protagonistes.

Les personnages restent toujours bien fouillés, et on a le plaisir de les voir évoluer - principalement les amis de Rand dont le côté Taveren est mis en valeur au même titre que la place du Dragon Réincarné.

Concernant Mat, Rand et Perrin, on pourra d'ailleurs noter une constante qui se comprend : ils refusent ce qui leur arrivent. Plutôt logique quand on voit ce qui leur tombe sur le coin du nez - surtout qu'on insiste lourdement pour leur faire comprendre qu'ils doivent sauver le monde... et que tout est déjà écrit. Enfin on se comprend : tout est déjà écrit sur ce qu'ils doivent faire. Pas sur le comment, le pourquoi, à quel prix, etc.
Leur refus de leur situation « dirigée » est donc cohérent, et n'évolue pas de la même façon pour chacun d'eux ce qui est agréable.
Il est juste un poil dommage que, sachant qu'ils sont têtus, ça les pousse à faire régulièrement l'opposé de ce qu'il faudrait faire. Cela peut agacer il est vrai, néanmoins si on se rappelle que les héros arrivent tout juste à l'âge d'adulte, qu'ils sont coachés par Moiraine Sedai dont la pédagogie consiste principalement à te dire que tu dois faire ce qu'on te dit et qu'elle n'a pas à se justifier et encore moins expliquer. J'en connais plus d'un⋅e qui réagirait par le rejet.
Ça n'évitera pas de vouloir distribuer des baffes à nos adolescents, comme il se doit, tant les rustres conseils sont tout de même fait avec bon sens (du moins en général).

Un point tout de même, c'est la place des femmes en général chez Jordan : leur attitude montre qu'elles ont toujours raison sur la gente masculine. Ce point en lui même n'est pas spécifiquement bloquant, mais il a tendance à être un poil redondant, ce qui est dommage car peut desservir une position féministe de la High-Fantasy.

Avec tout ceci, on rajoutera qu'il faut toujours en profiter pour décortiquer les phrases prononcées par les Aes Sedai qui ont toujours l'obligation de dire la vérité... enfin « selon un certain point de vue » comme dirait un certain maître Jedi. Tout reste dans la subtilité et il est amusant de chercher à savoir à quel point la vérité a été déformée (ou pas) dans ces propos.

L'écriture de l'auteur est fluide et agréable. Il arrive à la fois à rendre des descriptions précises de son monde, et à le faire vivre au travers de scène plus active.

Ce tome est plus actif que le précédent, l'univers et les personnages étant posés, l'histoire peut donc s'envoler à un rythme moins contemplatif, même si les descriptions restent de mises, mais toujours en apportant des informations sur l'univers, ce qui ne me les rend pas indigestes.
L'ensemble présente toujours un souffle épique, le final étant à la fois sympathique à cet effet, et ouvrant plein de questions pour la suite.

Note

Un 18/20 pour ce second tome.
Jolie suite qui sait conter une aventure, tout en ajoutant de la connaissance sur l'univers, et sans fausse note d'intégration.
Cet ouvrage fait plaisir à lire et j'attaquerai la suite avec plaisir.

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande Quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (déjà lu)
  5. Un Lever de ténèbres (déjà lu)
  6. Les Feux du ciel (déjà lu)
  7. Le seigneur du chaos (déjà lu)
  8. Une Couronne d'épées (déjà lu)
  1. Le Chemin des dagues (déjà lu)
  2. Le Cœur de l'hiver (non lu)
  3. Le Carrefour du crépuscule (non lu)
  4. Le Poignard des rêves (non lu)
  5. La Tempête imminente (non lu)
  6. [Towers of Midnight (non traduit)]
  7. [A Memory of Light (non traduit)]
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)

Issa Elohim / Laurent Kloetzer

Couverture livre - critique littéraire - Issa Elohim de Laurent Kloetzer

Récit

Europe. Demain.

Dérèglements climatiques, terrorisme et guerres confessionnelles secouent les restes d'un ordre mondial en miettes et jettent des millions de réfugiés sur les routes. L'horizon est fluctuant ; le monde se recroqueville face à un futur incertain et menaçant.

Et puis il y a les Elohim — ou prétendus tels. Des êtres exceptionnels, mystérieux, porteurs d'un espoir nouveau, et qui semblent s'incarner sur Terre de manière aléatoire.
Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Que sont-ils ?

Valentine Ziegler est pigiste. Lorsque, depuis sa Suisse natale aussi préservée que sécurisée, elle entend parler de la présence possible d'un de ces êtres dans un camp de réfugiés tunisien géré par l'agence européenne Frontex, elle auto-finance en hâte son voyage dans l'espoir d'un reportage digne d'intérêt.

Valentine est toutefois très loin d'imaginer au devant de quoi elle se précipite, l'étendue de la révolution à laquelle elle va se mesurer. Une possible épiphanie à même de changer sa vision du monde, si ce n'est le monde tout entier…

Impression

Suite à la lecture coup de cœur de l'Anamnèse de Lady Star, j'ai plongé tête la première dans ce récit, avide de découvrir ce que les l'auteur (et oui, cette fois-ci c'est sans sa femme que Laurent a écrit) nous propose autour du concept d'Elohim, êtres si mystérieux dans l'Anamnèse, alors qu'ils en étaient l'un des points focaux.

Et s'il y a une réussite dans cette novella, c'est d'à nouveau avoir réussi à faire un livre ayant pour personnage principal un Elohim... sans en fournir beaucoup plus à leur sujet.
Du coup de la déception, en effet, absolument rien de nouveau n'est fourni et le caractère de notre Elohim est moins... attrayant que celui de Lady Star. Il faut dire que l'enjeu présent dans l'Anamnèse n'est clairement pas là, puisque le Satori n'a pas encore eu lieu et les humains commencent tout juste à découvrir les Elohim (c'est à dire qu'ils en savent encore moins... c'est dire).

Cette novella a plus pour objet de décrire le contraste des réfugiés - ici principalement des réfugiés climatiques, ce qui résonne avec notre actualité - et des sociétés européennes qui tiennent à conserver leur bonheur en évitant l'entrée de ces réfugiés en Europe - là encore d'une triste résonance avec l'actualité politique pré-présidentielle.

Et c'est sans doute là que je n'ai pas accroché. Description certes de sujets polémiques, mais avec l'approche douce et poétique qui transparaissait dans l'Anamnèse. Une critique qui passe parfois proche de l'acceptation.
Rajoutons que côté futur, on est très proche de ce qui se fait aujourd'hui, et on sort assez rapidement de mon rayon de prédilection.

Au final, on reste pour le côté poétique de cette aventure, ce côté un brin naïf je trouve, qui tranche avec ce qui se fait aujourd'hui.
On reste aussi pour essayer de mieux cerner cet Elohim et essayer de découvrir ce qu'il est. Peine perdu certes, mais l'auteur sait comment renverser des situations et, tout en suggestion, laisse au lecteur se faire son avis sur ce qu'est Issa.

Note

Vous l'aurez compris, déçu⋅e de ne pas avoir pu en découvrir plus sur un pan important d'un véritable coup de cœur, c'est la douche froide.

Il n'en reste pas moins que le récit est bien écrit, et que l'auteur réussi de nouveau à construire un récit autour d'un objet quasi pas défini.

Sans véritable révélation, dans une histoire de SF Anticipation trop proche de notre monde actuel, cela n'a pas suffit pour m'emballer.

Une note de 12/20 donc, qui présente un récit qui se lit bien, mais que j'oublierai très vite et qui ne m'a pas fait vibré⋅e.

Le Stratagème du corbeau - L'Univers de l'Hexarcat, tome 2 / Yoon Ha Lee

Couverture livre - critique littéraire - Stratagème du corbeau - Tome 01 de l'Univers de l'Hexarcat - Yoon Ha Lee

Récit

Traître et fou sanguinaire mort depuis des siècles, mais stratège de génie qui n'a jamais perdu une bataille, le général Shuos Jedao a réussi à s'échapper après le massacre de la Forteresse des Aiguilles Diffuses. Il a pris possession du corps du capitaine Kel Cheris et s'est emparé d'un essaim de guerre envoyé en urgence dans la Marche Sectionnée pour repousser une incursion ennemie dans l'Hexarcat.
Mais quelles sont réellement ses intentions ?
C'est ce que va tenter de découvrir le lieutenant-colonel Kel Brezan. Saura-t-il se soustraire à l'emprise de Jedao ? Peut-il faire entièrement confiance à ses supérieurs ? Et que manigancent les six Hexarques des différentes factions ?

Impression

De retour dans cet univers si particulier, mêlant foi, mathématique et effets magique à singularité.

On reprend la suite du tome 1, après la destruction de l'essaim de Kel Cheris et dont manifestement, Shuos Jedao a réussi à s'extirper, se réservant le luxe de faire main basse sur un gros essaim Kel de l'Hexarcat au passage.

Cette fois-ci pas de nouvelle découverte de l'univers en tant que tel. Le premier tome constituait, notamment, une description des postulats de base du fonctionnement des différentes technologies, et ces postulats restent d'utilisation, sans grande découverte majeure à ce propos, mais conservant sa rigueur d'application rappelant la Hard-Science.
On est donc cette fois-ci en terrain connu « mathématiquement parlant », et c'est plus du côté sociologique que l'univers va apporter de nouveaux éléments à intégrer, notamment sur comment se traduit pour le peuple le régime du Haut-calendrier.

Côté histoire, la composante SF militaire reste de mise, mais elle est clairement épaulée par une composante d'intrigues. En effet, tout tourne sur pourquoi Shuos Jedao a pris en otage un essaim Kel ? Que va-t-il en faire ? Et arrivera-t-il à ses fins ?
L'histoire se compose autour de ces trois questions et permet clairement de mieux comprendre le système politique de l'Hexarcat.
Personnellement, j'ai anticipé la plupart des rebondissements - qui était somme toute assez visibles surtout quand on a bien en tête le premier tome - mais la découverte des rouages en jeu dans cette société fait facilement oublier ces facilités.

Les personnages principaux restent denses et bien écrits. Chacun ayant ses désirs et intérêts et traduisant des postures qui ne sont ni archétypales (ce qui pourrait être au regard des familles de l'Hexarcat) ni dénuées de fondements si l'on oublie notre moralité.
Et encore une fois, il y a toujours une dynamique d'évolution des personnages les uns au contact des autres qui est fort plaisante.

L'écriture reste fluide et on n'a plus l'obstacle des notions de base de l'univers à assimiler, ce qui fait que ce tome reste beaucoup plus abordable - on a payé le prix de l'accès au précédent tome.

Note

Un 16/20 pour ce livre.
Ce tome est toujours intéressant par le traitement à la fois de la SF en mode space-fantasy mathématique, mais aussi au travers des dynamiques des personnages et de la découverte des rouages internes de l'Hexarcat.
Si vous avez aimé le premier tome, ce second opus ne vous décevra pas, et il ouvre plein de perspectives possibles concernant le troisième et dernier tome.

Série : L'Univers de l'Hexarcat

  1. Le Gambit du renard (avis)
  2. Le Stratagème du corbeau (avis)
  3. [Revenant Gun (non traduit)]

L'Œil du monde - La Roue du temps, tome 01 / Robert Jordan

Couverture livre - critique littéraire - L'Œil du monde, tome 1 de la Roue du temps de Robert Jordan

Récit

La Roue du Temps tourne et les Âges naissent et meurent, laissant dans leur sillage des souvenirs destinés à devenir des légendes.

C’est la Nuit de l’Hiver dans la contrée de Deux-Rivières et, en ce soir de fête, l’excitation des villageois est à son comble. C’est alors qu’arrivent trois étrangers comme le jeune Rand et ses amis d’enfance Mat et Perrin n’en avaient jamais vu : une dame noble et fascinante nommée Moiraine, son robuste compagnon et un trouvère.

De quoi leur faire oublier ce cavalier sombre et sinistre aperçu dans les bois, dont la cape ne bougeait pas en plein vent…
Mais, quand une horde de monstres sanguinaires déferle et met le village à feu et à sang, la mystérieuse Moiraine devine qu’ils recherchaient quelqu’un : pour les trois amis l’heure est venue de partir. Car la Roue du Temps interdit aux jeunes gens de flâner trop longtemps sur les routes du destin...

Interlude

Pour ceux qui auraient découvert cette saga via la série TV, sachez que même si dans l'ensemble la première saison reste « dans l'esprit » du tome 1, il en diverge assez rapidement (comprendre dès le trailer). Les faits restent globalement les mêmes, mais au-delà des habituelles restrictions liées au portage à l'écran, des éléments parfois important pour la trame de l'histoire sont modifiés, dont certains de manière peu compréhensible pour votre dévoué⋅e contributeur.
Bref, hésitez pas à lire ce livre même en ayant vu la série, non seulement vous comprendrez plein de choses bien mieux, mais des évènements majeurs y différent... de quoi vous conserver de la surprise.

Impression

Bienvenue dans de la High-fantasy à la papa comme on pourrait dire. Dans la droite lignée de Tolkien, on s'offre avec cette saga une plongée dans la high-fantasy dans ce qu'il y a de plus pure.
La lutte du Bien contre le Mal, ici de la Lumière contre les Ténèbres, est clairement le fil rouge de cette saga que débute ce tome. Pour rester dans l'archétype, on suivra les aventure de 5 paysans qui se découvrent un destin pour sauver le monde.
La petite touche originale par rapport au modèle de Tolkien : une foison de personnages dont il est difficile de garantir à qui va leur fidélité.

Côté univers, on est très bien servi : un monde complexe se dessine dans ce premier tome, monde qu'on apprend à connaître en même temps que les personnages principaux, car il faut bien dire qu'ils étaient à l'abri de la plupart des ennuis dans leur village reculé de tout.
Le monde dépeint est grand, et l'auteur prend bien soin d'inculquer des différences ne serait-ce qu'à l'échelle des villages entre eux, où l'on retrouve cette rivalité avec le village voisin qui est complètement « différent », comme de bien entendu... mais où les personnages découvriront bien vite que ces différences ne sont rien par rapport à celles qu'ils découvriront en parcourant le monde.
Pour instaurer cet univers il y a forcément beaucoup de descriptions, mais je n'ai personnellement pas eu à m'en plaindre. La découverte du monde les nécessite d'une part, et elles s'alternent bien avec les séances plus actives, ce qui les rend réellement intégrées au récit.

Les personnages sont bien fouillés, leur psychologie bien décrite.
On y retrouvera principalement nos 5 autochtones à savoir :

  • Rand, Mat et Perrin : 3 amis d'enfances (et ils en sortent à peine). Différent les uns des autres, et pourtant lier par une indéfectible amitié. Ils ont chacun leurs qualités et leurs défauts, qui se complètent (pour le meilleur comme pour le pire).
  • Nynaeve la sage-dame (autrement dit la guérisseuse) : une forte tête (en partie du fait de l'accession à son rôle à un âge fort réduit) qui compte bien guider tout le monde à la baguette et malheur à celui qui ira contre son avis. Un personnage à la fois très appréciable, mais dont le caractère est parfois par trop tranché si je puis m'exprimer ainsi.
  • Egwene, la « promise » de Rand. Personnage que j'aime le moins car très « enfant gâté » je trouve, mais qui a son importance dans le récit.

À tout ceci, on rajoutera la nécessaire Moiraine, Aes Sedaï (magicienne) de son état, qui va venir sauver, ou bien manipuler je vous laisse juge, ces jeunes gens dans un but qui s'éclaircira au fil du récit et son fidèle Champion que l'on nommera Face de pierre, parce que ça lui sied bien. Notez que les Aes Sedaï ne peuvent mentir... Ce qui ne les empêche pas de tordre la vérité selon leur besoin. Il est d'ailleurs assez intéressant de prendre bien soin d'étudier les réponses de Moiraine aux différentes questions... Tout est dans la subtilité.

L'écriture de l'auteur est fluide et agréable. Il arrive à la fois à rendre des descriptions précises de son monde, et à le faire vivre au travers de scène plus active.

Ce tome reste soft dans l'histoire. Elle monte tranquillement en intensité et les forces en présence sont relativement facile à situer entre les Ténèbres et la Lumière, même si les Fils de la lumière viennent d'ores et déjà montrer que les teintes de gris existent clairement... et ce n'est qu'un prémisse du reste de la saga.

L'ensemble présente un souffle épique à la Tolkien, dans un très bel univers à découvrir... et j'avoue que renouer avec un récit dans l'archétype de la High-fantasy fait le plus grand bien (sentiment que j'avais déjà éprouvé avec la saga du Dernier Souffle que je ne peux que vous recommander en passant.

Seule la fin a pour moi un goût de raté : trop rapide, trop gros dès le premier tome... Comme si le tome devait terminer la Saga. Un conseil : oubliez cette fin, gardez le reste et foncer pour lire les autres tomes !

Note

Un 18/20 pour ce premier tome.
Découverte d'un superbe univers, joli high-fantasy et surtout prélude à un univers vaste et plein d'incertitudes. Ce tome n'est qu'une première tranche d'un dessert. Goûtez-y et vous aurez envie d'en reprendre une part... ça tombe bien, il y en 14 autres !

Série : La Roue du temps

  1. Nouveau printemps (avis)
  2. L'Œil du monde (avis)
  3. La Grande Quête (avis)
  4. Le Dragon réincarné (déjà lu)
  5. Un Lever de ténèbres (déjà lu)
  6. Les Feux du ciel (déjà lu)
  7. Le seigneur du chaos (déjà lu)
  8. Une Couronne d'épées (déjà lu)
  1. Le Chemin des dagues (déjà lu)
  2. Le Cœur de l'hiver (non lu)
  3. Le Carrefour du crépuscule (non lu)
  4. Le Poignard des rêves (non lu)
  5. La Tempête imminente (non lu)
  6. [Towers of Midnight (non traduit)]
  7. [A Memory of Light (non traduit)]
  • HS 1. L'Univers de la roue du temps (non lu)

Danseuse de corde - La Lyre et le glaive, tome 2 / Christian Léourier

Couverture livre Danseuse de corde de Christian Léourier, tome 2 de La Lyre et le glaive - critique littéraire -

Récit

Si Kélia n’a pas hérité du don de son père, diseur de mots, elle se découvre très tôt un autre talent : elle sera danseuse de corde. Or, défier les lois de l’équilibre peut se révéler plus risqué qu’on le croie. Tout dépend où aboutit la corde sur laquelle on marche, et de la notion qu’on a de l’équilibre, quand tout se révèle instable.
C’est ainsi que Kélia sera amenée à jouer un rôle décisif dans la bataille qui oppose les adeptes des anciens dieux aux partisans de l’Unique.

Pourtant, elle ne demandait rien d’autre qu’un peu de bonheur auprès de la personne dont elle s’est éprise, comme toutes les jeunes filles de son âge. Mais il est vrai que toutes ne choisissent pas pour amant un dieu de l’Axe-divin...

Impression

Fidèle à ce qu'avait été le premier tome, trois mots président à cette lecture : mais quelle plume !
La plume de Ch. Léourier est juste envoûtante. Des mots qui tombent justes. Des mots qui emportent. Des mots qui continuent à créer un monde plein d'exotisme.
Un pur délice qu'il est fort agréable de retrouver et qui m'a immergé⋅e tout au long de cette lecture.

Côté rythme, sans être trépidant, on a perdu l'aspect comtemplatif du précédent opus. Ce rythme est remplacé par des évènements plus actifs (guerres, etc.) qui permettent de tirer les conséquences géopolitiques de ce que le premier tome avait lentement instauré.

L'histoire en elle-même se rapproche de nos guerres de religions et de la christianisation de l'Europe, mais avec un aspect prophétique accru par l'ensemble de la thématique fantasy de ce dyptique. De ce fait, le déroulé de l'histoire n'est pas spécifiquement original, et pourtant la mélodie des mots parfaitement choisis de l'auteur emporte et nous enjoint à suivre la campagne de christianisation au rythme des mots.

En termes de magie, celle que j'ai tant adorée n'est plus réellement présente, notre Diseur ayant bel et bien disparu, ouvrant la voie à la magie de sa fille, danseuse de corde qui embraye au pouvoir de son père en vue de l'accomplissement d'un cycle dont elle n'a pas conscience.

Côté personnages, les principaux personnages sont très bien dépeints, et on retrouve le charme (mais aussi la difficulté) des noms publique et privé de chacun d'entre eux et qui sont utilisés alternativement par l'auteur selon les situations. Comme dans le premier tome, la confusion n'est que rarement de mise tant chaque personnage est dépeint avec une « saveur » particulière. Rien qu'à la lecture d'un dialogue ou d'un comportement, on sait de suite qui est l'objet du récit.
On pourra par ailleurs mentionner spécifiquement le personnage d'Hòggni qui ressort encore mieux que dans le précédent opus ainsi que celui de Deux-Bigornes que j'ai trouvé touchant malgré ce qu'il représente.

Note

Un 18/20 pour ce livre.
Au final une fidèle suite au premier tome, qui a su faire sa mue pour partir d'un univers de découverte vers la narration d'une histoire permettant d'en clore la trame.
On retrouve la poésie des mots qui étaient le cœur du premier tome et c'est avec un grand plaisir que je peux dire que je n'ai pas été déçu⋅e par le traitement du second tome, malgré un scénario calqué sur la christianisation de l'Europe.

Si vous aviez aimé le premier tome, il vous faut clore ce dyptique, tout simplement.

Série : La Lyre et le glaive

  1. Le Diseur de mots (avis)
  2. Danseuse de corde (avis)

Les Marées de minuit - Le Livre des Martyrs, tome 05 / Steven Erikson

Couverture livre - critique littéraire - Les Marées de minuit, tome 5 du Livre des Martyrs de Steven Erikson

Récit

Après des décennies de guerres intestines, les tribus des Tistes Edur se sont enfin unies sous la férule du Roi-Sorcier des Hiroths. La paix s'est établie, mais à quel prix : un pacte conclu avec un pouvoir secret aux motifs au mieux suspects, au pire meurtriers.

Au sud, le royaume expansionniste de Lether, désireux d'accomplir l'antique prophétie qui le verrait renaître en tant qu'Empire, a asservi tous ses voisins moins civilisés que lui. Tous, sauf les Tistes Edur.
Mais ce n'est qu'une question de temps avant qu'eux aussi ne tombent, qu'ils soient écrasés sous le poids étouffant de l'or ou passés au fil de l'épée. C'est du moins ce que la destinée a décrété.

Pourtant, alors que les deux parties se réunissent afin de conclure un traité crucial dont personne ne veut vraiment, d'anciennes forces se réveillent.
Car le conflit qui couve n'est que le pâle reflet d'une lutte autrement plus primordiale : une confrontation avec la blessure encore à vif d'une vieille trahison qui, plus que jamais, aspire à la vengeance dans son cœur bouillonnant...

Impression

Nouveau tome. Cinquième tome même, soit le milieu de cette décalogie. Vous vous demandez c'est la suite de quel tome cette fois-ci pour ceusses qui connaissent déjà les 4 premiers ? Et bien aucun. On pourrait même dire que c'est le prélude à tout ce beau monde.

En effet plongée dans le passé, pour revenir aux sources de la scission des Tistes Edur (les tistes de l'Ombre) et Tistes Andii (les tistes des Ténèbres). Déchirure fraternelle qui sera l'une des thématiques de ce tome puisqu'on la retrouve au niveau de l'ensemble des protagonistes de ce tome :

  • comme je viens de le mentionner on revient sur la séparation entre l'ombre et les ténèbres chez les tistes et des conséquences sur des temps plus proches (le tome 5 se déroule un peu avant le tome 1 chronologiquement parlant) ;
  • les divergences d'opinion (et de voie) entre les 3 frères d'une grande famille de Lether (Brys, Hull et Tehol);
  • la destinée de 4 frères (Fear, Binadas, Trull et Rhulad) d'une des plus grandes familles côté Tistes Edur.

Au travers de ces effets miroirs de fratries, Steven Erikson nous plonge dans un nouvel environnement avec comme protagonistes :

  • Le royaume de Lether, humains avides d'or et de conquêtes qui veulent accomplir leur prophétie visant à instaurer un empire.
  • Le regroupement tribal des Tistes Edur, rassemblé sous le joug de leur roi sorcier, qui cherche à retrouver la splendeur perdue des Tistes Edur et à recréer leur empire sur ce domaine.

Mais avec Steven rien n'est aussi simple, et ce tome nous fait découvrir les sous-jacents de ces situations. Nous fait suivre les luttes primaires de ces 2 empires en devenir ainsi que les luttes alambiquées des dieux... et des liens entre tout ce petit monde que l'on pourra qualifier de tout sauf d'honnête.

Un récit sombre, addictif et sans concession de ceux qui manipulent les autres en vue d'obtenir leur dû. Un récit de trahisons et de grandeur. Un récit d'honneur et de décisions cornéliennes. Un récit de destinée et de fatalité. Le tout mené de main de maître puisque la trame de l'histoire est encore et toujours conservée. Ce tome s'insérant dans l'univers créé par les 4 premiers tomes, et comme à son habitude vient à la fois consolider cette histoire gigantesque... tout en fournissant d'autres points de vue sur le passé... et de facto sur ce qu'on croyait avoir compris des autres tomes.
Comme d'habitude des moments de pure jubilation quand enfin tout s'assemble à la force de ses neurones (car rien n'est donné, les éléments sont offerts, au lecteur de tout rassembler).

Par-dessus tout ça, nous découvrons principalement de nouveaux personnages (même si Trull Sengar nous était déjà apparu dans le précédent tome et que des références existent à d'autres personnages).
Et parmi tout ce beau monde, de vraies pépites : le duo Tehol et Bugg, où comment intégrer l'absurde et l'humour à une trame si noire.
Une des lames de la Garde pourpre passe aussi par là.
Et j'avoue que la rencontre de certains non-morts est particulièrement exquise.

Ajoutons à tout cela qu'on en apprend toujours plus sur l'univers, le complexifiant dans ses tenants et aboutissants mais nous le rendant toujours plus compréhensible pourtant.

Enfin, une sublime couverture vient parachever cette œuvre. On ne peut que remercier (de nouveau) Marc Simonetti pour la beauté des couvertures qu'il produit pour cette édition. Qu'il continue !

Note

Un 19/20 pour ce tome.

Ce tome, est superbe, prenant, plein de découverte et apportant des personnages très sympathiques.
Alors pouquoi pas un 20 ? Et bien peut être parce qu'il se rapproche plus de la tradition des tragédies classiques sans doute. Même si l'univers est vaste, les volontés de chacun prenant plus de tours et détours que la route du vin, il n'en reste pas moins que je trouve sa structuration plus classique.
Cela dit ne nous trompons pas, c'est juste magistral et il faut absolulement le lire.

Au final, et comme d'habitude, je ne peux que vivement vous encourager à lire cette saga et ce tome. Du plaisir à l'état pur.

Complexe, riche, et ô combien bien construit. Continuez avec moi dans ce superbe univers !

Série : Le cycle malazéen

Le livre des Martyrs

  1. Les Jardins de la Lune (avis)
  2. Les Portes de la Maison des morts (avis)
  3. Les Souvenirs de la glace (avis)
  4. La Maison des chaînes (avis)
  5. Les Marées de minuit (avis)
  6. Les Osseleurs (non lu)
  7. Le Souffle du Moissonneur (non lu)
  8. La Rançon des Molosses (non lu)
  9. Poussières de rêves (prévu 2022)
  10. Le Dieu estropié (prévu 2022)

The Kharkanas Trilogy

  1. [Forge of Darkness (non traduit)]
  2. [Fall of Light (non traduit)]
  3. [Walk in Shadow (en cours d'écriture)]

Novels of the Malazan Empire

  1. [Night of Knives (non traduit)]
  2. [Return of the Crimson Guard (non traduit)]
  3. [Stonewielder (non traduit)]
  4. [Orb Sceptre Throne (non traduit)]
  5. [Blood and Bone (non traduit)]
  6. [Assail (non traduit)]

La Voie de l'Ascendance

  1. La Complainte de Danseur (non lu)
  2. [Deadhouse Landing (non traduit)]
  3. [Kellanved’s Reach (non traduit)]
  4. [The Jhistal / Forge of the High Mage (forthcoming)]

The Witness Trilogy

  1. [The God is Not Willing (non traduit)]
  2. [No Life Forsaken (forthcoming)]
  3. [- (forthcoming)]

Tales of Bauchelain and Korbal Broach

  1. [Blood Follows (non traduit)]
  2. [The Healthy Dead (non traduit)]
  3. [The Lees of Laughter's End (non traduit)]
  4. [Crack’d Pot Trail (non traduit)]
  5. [The Wurms of Blearmouth (non traduit)]
  6. [The Fiends of Nightmaria (non traduit)]
  7. [Upon a Dark of Evil Overlords (non traduit)]
  8. [Goats of Glory (non traduit)]


Mission Proteo - Code Stalingrad, tome 1 / Alexandre Allamanche

Couverture livre - critique littéraire - Mission Proteo, tome 1 de Code Stalingrad de Alexandre Allamanche

Récit

Rivé au hublot du module Colombus, l'équipage de la Station Spatiale Internationale regarde avec stupeur le vaisseau inconnu qui vient d'apparaître à trente mètres des panneaux solaires tribord. Immobile, n'émettant aucun signal et ne renfermant apparemment aucune activité, les Nations Unies décident de tenter une première approche par l'intermédiaire de l'ISS. Trois cosmonautes de la Station effectuent alors une sortie et réussissent à entrer dans l'appareil avec une étonnante facilité, avant de faire une première découverte et de mettre en marche une séquence holographique laissant deviner que les concepteurs du véhicule spatial nous invitent à venir à leur rencontre.
Les systèmes de commandes décodés, le vaisseau est bientôt remis en fonction, et alors qu'il entame une tournée mondiale, Baptiste, un jeune français, espère intégrer l'équipe scientifique internationale qui ralliera la planète d'origine du vaisseau. Mais l'interprétation des images n'a peut-être pas été parfaite, et le premier voyage interplanétaire de l'Humanité pourrait bien la mener à sa perte...

Remerciements

Le pdf de cet ouvrage m'a été offert par l'auteur. Je le remercie de m'avoir fait découvrir ce livre et confier le résultat de son œuvre qu'il autoédite en numérique (et facilement trouvable chez votre revendeur de drogue numérique).

Impression

Ce récit évoque une rencontre du troisième type à la Rama : un vaisseau extra-terrestre arrive en orbite basse terrienne. Ce vaisseau s'avère vide de toute présence et il s'agira de découvrir les secrets et raisons de la présence de cet appareil tout en étudiant l'effet de la révélation de ne plus être seul en cette basse galaxie.

L'histoire en elle-même est assez plaisante mais que j'ai pu trouver par trop idéaliste dans la gestion de ce genre d'événements.
Les rebondissements sont corrects même si l'ensemble reste beaucoup trop manichéen à mon goût (mais j'aime les intrigues à tiroirs) ce qui m'a fait ne pas réussir à m'immerger totalement dans l'histoire. Le rythme est quant à lui bien réussi, maniant phases de découverte du monde avec des explications sur le son fonctionnement, des phases plus d'enquête et enfin d'actions.

Côté écriture, celle-ci ne m'a pas spécialement emballée, même si je ne saurai spécifiquement dire pourquoi. Je n'ai pas relevé particulièrement d'éléments particuliers, c'est plus une sensation d'ensemble, sans doute principalement lié au fait que j'ai trouvé dans l'ensemble la géopolitique mis en place par trop simpliste.
On pourra toutefois noter que j'ai bien accroché à l'ensemble du début des événements, leur description et enchaînement étant je trouve très bien trouvé. On est donc clairement à contre-pied des romans qui peuvent être long à démarrer.

Les personnages sont plutôt bien rendus dans leur psychologie même si j'ai senti un côté d'incrédulité sur ce que ces personnages étaient capables de faire au regard de leurs compétences décrites, mais surtout de celles des personnages secondaires normalement plus à même de le faire.
Autre petit point d'achoppement, j'ai été un peu bloqué sur le fait que l'ensemble de la fine équipe que l'on suit est francophone - alors que l'ensemble de l'action se passe au sein de coopérations internationales. Et ce qui peut sembler être qu'une singularité au début du roman, reste à mon sens bloquant sur l'ensemble du roman. C'est d'ailleurs dommage au regard du fait que l'auteur a volontairement élargi à d'autres nations que la France... mais est resté coincé sur la francophonie (alors que ce n'est nullement l'objet du livre).

Note

Un 12/20 pour ce livre.

Au final, un livre qui ne m'a pas conquis par un univers par trop manichéen et une histoire plaisante mais trop idéaliste.
On peut toutefois noter que l'auteur a su introduire un univers de SF sans se noyer dans des explications, ce qui pourrait sans doute plaire beaucoup plus à des personnes n'ayant pas trop de bagages en SF

Je ne lierai clairement pas la suite mais on est loin du désastre, pour preuve je ne me suis pas forcé⋅e pour terminer la lecture de ce livre.

Série : Code Stalingrad

  1. Mission Proteo (avis)
  2. Objectif Terre (non lu)
  3. Yctalos (non lu)