Trois-fois-morte - La Cuisine des Ogres, tome 1 / Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andreae

Couverture livre - critique littéraire - Trois-fois-morte, tome 1 de La Cuisine des Ogres de Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andreae

Récit

À l'intérieur du mystérieux massif que l'on appelle « La Dent du Chat » vivent des ogres. Fin gourmets, leurs mets délicats se composent néanmoins d'ingrédients quelque peu inhabituels... Lorsqu'une jeune orpheline nommée Blanchette se fait capturer avec d'autres enfants pour être emmenée au cœur du cratère et servir de dîner à ses imposants habitants, le cauchemar s'installe.

Hachée, mijotée, écrasée : celle qu'on surnommera « Trois-fois-morte » met la faucheuse au défi : grâce à son courage (et un peu de chance), elle survit à tous les dangers et obstacles qui s'imposent à elle.

Avec l'aide du jeune korrigan Brèche-Dent, elle va devoir redoubler d'inventivité pour survivre à cet enfer et sauver ses amis.

Impression

Habituellement je ne chronique pas les BD ne me sentant pas légitime pour parler du côté graphisme. Et résumer une BD a une histoire, c'est un poil réducteur à mon goût.
Seulement voilà, cette fois, c'est un énorme coup de cœur me concernant.

Sans doute cette juxtaposition d’un dessin beau et tout en finesse avec la noirceur du récit, et au milieu de tout ça de l’entraide façon très conte de fées.
Des illustrations somptueuses, un récit enfantin mais sombre à la fois. Le tout principalement suggéré sans atrocités dessinées. Un vrai plaisir.

Je ne sais trop que dire de plus, si ce n'est de vous conseiller d'en tenter la lecture.

Note

Un 19/20 pour cette BD qui associe histoire cruelle, jolis dessins et entre-aide.
À lire (et regarder) de toute urgence (selon moi).

Série : La Cuisine des Ogres

  1. Trois-fois-morte (avis)
  2. Une Vie de vaurien (non lu)

Ellana - Le Pacte des Marchombres, tome 1 / Pierre Bottero

Couverture livre - critique littéraire - Ellanda, tome 1 du Pacte des Marchombres de Pierre Bottero

Récit

Seule survivante d’un groupe de pionniers après l’attaque de Raïs, au nord de l’Empire, une fillette est recueillie par le peuple des Petits. Elle grandit dans la Forêt Maison à l’écart des hommes et décide, à l’adolescence, de partir en quête de ses origines.

Sous le nom d’Ellana, elle croise le plus grand des marchombres, le maître Jilano Alhuïn, qui l’initie aux secrets de sa guilde. Son apprentissage est semé d’embûches, de rencontres et d’inimitiés. Au terme d’un voyage jusqu’au Rentaï avec Nillem, autre élève marchombre, Ellana reçoit la Greffe et l’héritage marchombre. Mais des mercenaires du Chaos la traquent…

Avant-propos

Dans le cadre des Suite de la lecture de cette saga à mes enfants, cette chronique se fait donc dans l'optique d'une lecture à des enfants et non pas une lecture adulte.

Impression

Les aventures d'Ewilan / Camille étant terminées (enfin celle des premiers cycles), nous pouvons commencer un cycle dédié à Ellana, la jolie marchombre qui accompagne Ewilan et a réussi l'exploit de corrompre le cœur d'Edwin ainsi que celui de nombreux⋅ses lecteur⋅trice⋅s.

Dans ce tome nous découvrons principalement la jeunesse d'Ellana. Ses parents, son enfance chez les Petits, les diverses expériences de la vie qui lui forgent son caractère ainsi que sa découverte de l'enseignement des Marchombres.
Tout cela permet de combler les lacunes qu'on peut avoir sur ce qui s'est passé avant et qu'Ellana élude gentillement dans les tomes d'Ewilan. Et même si l'on connaît évidemment la fin, on découvre ainsi les bouts de vie qu'elle a réussi à nous cacher jusque là.

Le récit est très agréable. On y redécouvre avec plaisir la plume de Pierre Bottero empreinte de poésie, qui réussit à nous faire sourire bien qu'on suive les aventures de notre entêtée préférée.
Les événements qui ponctue ce livre ne présentent pas de tournants décisifs bien entendu, mais ils n'en restent pas moins très agréables à lire, d'autant plus que la vie d'Ellana est tout sauf un long fleuve tranquille.

Livre pour enfants / jeunes adultes, on y suit la transformation d'une petite fille effrayée en adolescente rebelle au grand cœur. Bien qu'agissant en « adolescente », le caractère d'Ellana ne rend jamais son histoire par trop agaçante. Car si la modestie ne fait pas partie de ses qualités, elle est très fair-play quand son amour propre en prend un coup ou que son maître lui enseigne les choses plus durement que prévu. C'est clairement à destination des enfants, mais en tant que parents, ça se lit très bien.
D'ailleurs, comme d'habitude, le vocabulaire du récit est toujours très instructif et permet à nos enfants de réfléchir à la signification des mots.

Côté personnage, on (re)découvre donc Ellana principalement, mais pour autant tous les personnages qui partagent un morceau de vie à ses côtés sont très bien construits et décrits. On a beau savoir que la plupart resteront secondaires, la psychologie des personnages est fouillée et, pour autant que le permette un livre pour jeunes, les personnages sont tous nuancés quant aux raisons de leurs actions. Si évidemment l'archétype de la recherche de pouvoir existe, tous n'en sont pas affublés et les ambivalences existent.

Une mention particulière par ailleurs pour le côté poétique de la Voie des marchombres. Car si les personnages sont bien décrits, l'ensemble du livre respire de cette recherche de liberté que sous-tend la Voie et qui infuse tout au long de sa découverte par Ellana.

Plus qu'à lire la suite pour découvrir comment tout cela s'imbrique pour arriver à notre Ellana qu'on connaît.

Note

Un 19/20 pour ce livre.
Un livre qui dévoile, doucement, le passé d'Ellana et de comment elle arrive à se qu'elle est devenue. On y croise les malheurs et bonheurs qui ont su la construire et on en profite bien évidemment pour apprendre plus sur la voie des Marchombre.
C'est toujours très clairement orienté jeunesse mais ça reste très bon, voir addictif quand on aime le personnage en venant des 2 premiers cycles d'Ewilan. Et comble du bonheur : le personnage n'est clairement pas dévoyé. On retrouve bien l'Ellana qu'on aime en devenir.

Bref : vite, vite, la suite !

Série : Chroniques d'Ewilan - Univers de Gwendalavir

La Quête d'Ewilan

  1. D'un Monde à l'autre (avis)
  2. Les Frontières de glace (avis)
  3. L'Île du destin (avis)

Les Mondes d'Ewilan

  1. La Forêt des captifs (avis)
  2. L'Œil d'Otolep (avis)
  3. Les Tentacules du mal (avis)

Le Pacte des Marchombres

  1. Ellana (avis)
  2. Ellana : l'envol (non lu)
  3. Ellana : la prophétie (non lu)

L'Autre

  1. Le Souffle de la hyène (non lu)
  2. Le Maître des tempêtes (non lu)
  3. La Huitième porte (non lu)

Romans indépendants

  • Les Âmes croisées (non lu)
  • Le Chant du troll (non lu)
  • Isayama (non lu)
  • Les Aigles de Vishan Lour (non lu)

Servir froid - Terre de sang, tome 1 / Joe Abercrombie

Couverture livre - Terre de sang, tome 1 : Servir froid de Joe Abercrombie

Récit

C'est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la guerre…

Et la guerre peut-être un enfer, mais pour Monza Murcatto, Serpent de Talins, mercenaire célèbre et redoutée que ses victoires ont rendue très populaire, c'est aussi une bonne manière de se faire de l'argent. Toutefois cette notoriété n’est pas du goût de tous ses employeurs, notamment du Grand-Duc Orso qui entend balayer tous les obstacles dans sa lutte pour accéder au trône.
Pour prix de ses services, Monza se voit trahie, jetée du haut d'une montagne et laissée pour morte… ou presque. Bien que son corps soit brisé, son esprit réclame vengeance. Quoi qu’il lui en coûte, sept hommes devront mourir !

Elle aura à ses côtés des alliés hors du commun : un ivrogne charismatique, un empoisonneur fourbe, un meurtrier obsédé par les nombres et un barbare désabusé.
Leurs ennemis : plus de la moitié du peuple. Avec, à sa tête, les sept hommes qu’elle s’est jurée de tuer.

C'est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la vengeance…

Impression

On se retrouve dans le même univers que Premier sang et ses suites - tomes déjà chroniqués dans ce blog - mais de l'autre côté de la frontière, en Styrie. Styrie qui est un beau pays, où manifestement intriguer et guerroyer sont des passe-temps on ne peut plus répandu.

On va suivre la quête de vengeance de Monza Murcatto, mercenaire aux méthodes efficaces et à l'aura un poil trop importante pour son employeur qui va décider de s'en séparer. Bref une rupture de contrat unilatérale, sauf qu'ici, le travail est bâclé et que Monza va y survivre et va engager un recours aux Prud'hommes... Enfin dans le présent cas, plutôt chercher à se faire justice soi-même.
Le personnage est truculent à souhait et on ne saurait trancher entre l'envie de la voir crever devant tant d'égoïsme et l'impression saisissante de bravoure et de persévérance dans la souffrance qu'elle est capable de fournir.

Côté intrigue, on a une grosse rupture avec La Première loi puisque ici, point de politique alambiquée. On suit Monza qui cherche vengeance vis-à-vis d'un politique qui a cherché à éliminer une tête montante de part sa notoriété.
À cette image le roman est clair, net et précis. Cela dit, n'allez pas penser qu'on s'y ennuie une seconde. Car si la direction est évidente, les rebondissements sont présents dans la quête pour arriver à tuer les 7 responsables de sa déchéance. Que ces derniers soient dus au fait de réussir à tuer chacune de ces personnes ou qu'il s'agisse de gérer son « équipe ».
En effet, un des points intéressants du roman, ce sont les interactions de Monza avec son équipe « recrutée » pour sa vengeance. Ces derniers sont loin d'être les profils les plus nets, même aux standards de la Styrie, et les dialogues entre eux sont très bons. Et comme d'habitude, l'auteur développe bien la psychologie de chacun.

Côté écriture, j'aime la plume de Joe Abercrombie. C'est acéré à souhait et le rythme du livre ne fait que conforter ce style d'écriture.

À noter, pour finir, que même si ce tome s'inscrit pleinement dans l'univers de la Première loi, et que bon nombre de références traînent dans ce livre, cela n'a rien de bloquant pour celui qui n'aurait pas lu la première trilogie. C'est surtout même un tome beaucoup plus simple d'accès pour tester si on va aimer ou non l'univers et le style de Joe.

Note

19/20 pour ce livre qui troque la politique alambiquée de la La Première loi pour une histoire plus directe. Néanmoins la qualité des personnages, leurs interactions et les divers retournements de situation mis en place par le scénario en font un très bon livre qui garde le⋅la lecteur⋅trice accroché⋅e aux pages. C'est différent de la précédente trilogie, mais le roman s'accorde pourtant pleinement avec l'univers décrit dans les tomes précédents.
Bref une réussite.

Série : Univers de la Première loi

Première loi

  1. Premier sang (avis)
  2. Déraison et sentiments (avis)
  3. Dernière querelle (avis)

Terre de sang

  • Servir froid (avis)
  • Les héros (non lu)
  • Pays rouge (non lu)
  • Double tranchant (non lu)

L'Âge de la folie

  1. Un Soupçon de haine (non lu)
  2. Le Problème avec la paix (non lu)
  3. La Sagesse des foules (non lu)

La Mort immortelle - La Trilogie des trois corps, tome 3 / Liu Cixin

Couverture livre - critique littéraire - La Mort immortelle, tome 3 de la Trilogie des trois corps de Liu Cixin

Récit

Un demi-siècle après l’Ultime Bataille, l’équilibre précaire dû à la dissuasion de la forêt sombre continue de maintenir les envahisseurs trisolariens à distance.

La Terre jouit d’une prospérité sans précédent due au transfert des connaissances et des technologies trisolariennes.
La science humaine connaît des progrès pour ainsi dire quotidiens, les Trisolariens découvrent avec fascination la culture humaine et l’espoir grandit que les deux civilisations puissent bientôt coexister pacifiquement sans la terrible menace d’une annihilation réciproque.

Mais lorsqu’une ingénieure en aéronautique originaire du début du XXIe siècle sort de son hibernation, elle réveille avec elle le souvenir d’un programme qui menace cet équilibre.

Bientôt, l’humanité aura à faire un choix : partir à la conquête d’autres univers ou mourir dans son berceau.

Impression

À la fin du second tome, le statu-quo est de rigueur. La forêt sombre fait son office et humains et trisolariens semblent coexistés. Mais voilà, il n'y aurait pas de troisième tome si on en restait là. D'ailleurs, le troisième tome, bien que très bon par ailleurs, n'est clairement pas une nécessité au récit.

Que se passe-t-il donc ici ? Et bien, pour une raison qu'il vous faudra lire, la menace de la forêt sombre fait chou blanc et l'humanité se retrouve dans la panade. Comme précédemment, nous allons suivre l'évolution de la société humaine face à ces nouvelles conditions et la clef qui est de chercher à survivre coûte que coûte.
C'est un récit assez brillant sur l'évolution humaine, même si le traitement des événements ressemble pour moi à de grands deus ex machina. Heureusement que l'histoire est prenante car l'auteur joue quand même avec de nombreuses facilités sur le sujet.

Le personnage principal de ce tome, Cheng Xin, sera notre fil rouge sur cette histoire qui s'étend sur une durée gargantuesque. Néanmoins, si suivre sa vie permet d'être au premier plan de l'ensemble des événements importants, on ne pourra m'ôter de la tête que cette dernière reste quand même ultra passive face aux événements, telles une biche hypnotisée par les phares du 35 tonnes qui se rue sur elle. Cela ne fait qu'ajouter à ce côté inexorable de l'histoire et deus ex machina.

Heureusement la grandeur et les rebondissements mis en place par l'auteur permettent de faire en sorte que ça ne soit qu'un à côté, et suivre (même passivement) le déroulé de l'histoire est passionnant de part la profondeur du récit.
L'auteur continue par ailleurs à respecter pleinement les règles mises en place au cours des 2 derniers tomes, tout en nous ouvrant sur une nouvelle dimension dans ce tome. Le tout reste très cohérent et l'auteur arrive à faire assimiler ces éléments sans trop de soucis (s'entend qu'après avoir lu les 2 premiers tomes, on s'attend à ce que le⋅la lecteur⋅trice ait acquis un minimum de choses sur les lois de cet univers). De la bonne hard-science qui se laisse lire donc.

Le final m'a semblé un poil trop naïf et trop « facile » mais clôture complétement le cycle.

Note

Un 15/20 pour ce livre.
Ce troisième tome, dans la droite lignée des 2 premiers, fournit une très bonne histoire bien qu'emprunte de facilités scénaristiques.
Ce tome clôture définitivement ce cycle et est resté fidèle aux règles scientifiques apportées dans cette saga.

Dans l'ensemble une très bonne saga clôturée par un tome un dessous du niveau des 2 autres, mais qui reste très agréable à lire.

Série : La Trilogie des trois corps

  1. Le Problème à trois corps (avis)
  2. La Forêt sombre (avis)
  3. La Mort immortelle (avis)
  • HS 1. Le Problème à trois corps X ou La Rédemption du temps (non lu)

Un Printemps de sang - Le Bâtard de Kosigan, tome 5 / Fabien Cerutti

Couverture - Un Printemps de sang - Le Bâtard de Kosigan, tome 5 de Fabien Cerutti

Récit

1365. Ancien capitaine de mercenaires, assassin et espion, Pierre Cordwain, bâtard de la maison bourguignonne de Kosigan, est un homme redouté et insaisissable.
En pleine guerre de Cent Ans, alors que Français et Anglais se déchirent, il s’introduit dans le comté dont il s’est enfui à la mort de son père. Pour « d’agréables retrouvailles en famille », sans doute…

Au même moment, une délégation française négocie un accord avec le duc de Bourgogne, et Dùnevia Illavaëlle, une aventurière italienne aux pouvoirs de polymorphe, écume le comté d’Albret, alors que pour la première fois depuis des siècles le feu d’un dragon en déchire le ciel.

Quel lien entre tous ces événements ? Qui œuvre à la chute du duc de Bourgogne ainsi qu’à la disparition de la lignée des Kosigan ? Et dans quel but ?

Impression

Ça y'est, c'est fini... Oui, non, je ne pars pas totalement en vrille (encore que). Mais ce tome ouvre un nouveau cycle. Cela dit, nouveau cycle oui, mais qui semble être auto-suffisant.

Précédemment, on a pu découvrir Pierre Cordwain de Kosigan, chef d'une compagnie de mercenaire. Mais il en a aujourd'hui terminé avec ça. La Compagnie revendue, il a pour objectif de revenir au pays, dans le comté de Kosigan. On va ainsi pouvoir découvrir le côté bâtard du Bâtard (une jolie rencontre de famille quoi).
Ce tome va permettre une plongée à la fois dans l'enfance du Bâtard, et de comment il en a été rendu à être à la tête d'une Compagnie de mercenaire, et accessoirement chassé de son comté natal.

Pourquoi ? Dans quel but risquerait-il sa vie ? Je vous laisse le découvrir dans la lecture de ce tome, mais comme d'habitude avec le Bâtard, il y a les intentions, les plans... et ce qui arrive.

Histoire et personnages

La trame du livre se découpe en 2 parties entremêlées, mais cette fois on reste dans le passé. On y suit le Bâtard lui-même, mais aussi son ex-seconde Dùnevia Illavaëlle qui traîne aussi dans les parages (enfin dans le comté d'à côté). Pourquoi ? Dans quel but ? Rohhh, mais lisez donc que diable !

Dans ce tome, on plongera dans le passé (trouble, est-il besoin de le préciser ?) de Pierre. Son adolescence, ses décisions, leurs conséquences...
Une partie très intéressante en termes de background et qui fait clairement le lien avec
le premier cycle, permettant ainsi de savoir comment il en arrive à être le capitaine de la Compagnie et pourquoi donc il est persona non grata dans son comté de naissance.

La seconde partie traite elle du Bâtard, lorsqu'il retourne à son comté d'enfance. La façon dont il risque d'être accueilli (sûr qu'on va lui ouvrir les bras... mais pas forcément que ça) et, s'agissant de puissants de l'époque, dans quel guêpier il va mettre les pieds.

En effet, le premier cycle mettait déjà tout cela en place : le Royaume de France est quand même tiraillé entre les Anglais, les Germaniques et les Bourguignons. Et il va sans dire que notre bon Roy n'est pas de celui qui aime en rester au statu quo, surtout pendant la guerre de Cent Ans.

On reste toujours sur la thématique du « avant il y avait de la magie, mais plus maintenant » et de la découverte de ce qui a bien pu se passer pour qu'elle en arrive à disparaître d'une part et de comment cela se fait-il qu'il ne reste aucune trace de son existence dans le passé (hormis les manuscrits du sieur de Kosigan).

Au passage, joli casting dans ce tome qui fait revenir en force les contes et légendes du passé.

Côté histoire, cette dernière est très prenante.
La découverte du passé du Bâtard est intéressante pour ceux qui ont déjà lu le premier cycle, tout en permettant de situer le personnage pour ceux (honte à eux !) qui ne l'aurait pas encore fait.
D'ailleurs, concernant ce point, la lecture du premier cycle n'est pas indispensable pour se lancer, même si clairement ça apporte beaucoup de choses (rien que pour intégrer réellement la portée du noir sang par exemple). Un bon équilibre donc entre ne pas radoter pour les lecteurs de la première heure et ne pas perdre ceusses qui n'avaient pas encore goûter à la gouaille du Bâtard.

Le présent du Bâtard amène bien les choses : embrouilles, combines et trahisons. Tout est là pour créer de l'aventure et des rebondissements qui rendent haletant de suivre le retour du fils pas spécifiquement prodigue.
Ça bouge bien, on se fait surprendre, c'est du bon Fabien Cerutti.
Le croisement des 2 époques permettent d'introduire facilement les nouveaux personnages, tout en profitant pleinement de continuer l'histoire avec nos anciens protagonistes.

Plume

Côté plume, as usual, l'auteur l'aiguise pour nous conter l'histoire du comté. Les bases historiques du récit que vient mâtiner le côté magie et pouvoir des contes et légendes, rendues toujours aussi plausible. Le fil rouge qui fait le petit plus de cette série en somme.

On conserve par ailleurs toujours la gouaille et le ton acide des récits du Bâtard auquel vient se mêler celui de Dùnevia qui continue de gagner en importance au fil des tomes.

Note

Un 18/20 pour ce livre. Un très bon début de second cycle qui nous laisse plein de promesses pour la suite.
On retrouve notre Bâtard dans des aventures rocambolesques, et on est très heureux⋅ses de le retrouver !
Bref : vite vite la suite !

Série : Le Bâtard de Kosigan

Romans

  1. L'Ombre du pouvoir (chroniqué)
  2. Le Fou prend le roi (chroniqué)
  3. Le Marteau des sorcières (chroniqué)
  4. Le Testament d'involution (chroniqué)
  5. Un Printemps de sang (chroniqué)

Nouvelles

  • Les Secrets du Premier Coffre (non lu) contient :
    1. Légende du Premier monde
    2. Ineffabilis Amor
    3. Le Crépuscule et l’Aube
    4. Fille-de-joute
    5. Le Livre des merveilles du monde
    6. Les Jeux de la cour et du hasard

La Forêt sombre - La Trilogie des trois corps, tome 2 / Liu Cixin

Couverture livre - critique littéraire - La Forêt sombre, tome 2 de la Trilogie des trois corps de Liu Cixin

Récit

L'humanité le sait désormais : dans un peu plus de quatre siècles, la flotte trisolarienne envahira le système solaire. La Terre doit impérativement préparer la parade, mais tout progrès dans les sciences fondamentales est entravé par les intellectrons.

Grâce à eux, les Trisolariens peuvent aussi espionner toutes les conversations et tous les ordinateurs, en revanche ils sont incapables de lire dans l'âme humaine. Parallèlement aux programmes de défense classiques visant à lever des armées spatiales nationales, le Conseil de défense planétaire imagine donc un nouveau projet : le programme Colmateur.
Quatre individus seront chargés d'élaborer chacun de leur côté des stratégies pour contrer l'invasion ennemie, sans en révéler la nature. Ils auront à leur disposition un budget presque illimité et pourront agir comme bon leur semble, sans avoir besoin de se justifier. Livrés à eux-mêmes, ils devront penser seuls, et brouiller les pistes.

Trois des hommes désignés sont des personnalités politiques de premier plan et des scientifiques éminents, mais le quatrième est un parfait anonyme. Astronome et professeur de sociologie sans envergure, le Chinois Luo Ji ignore totalement la raison pour laquelle on lui confie cette mission. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il est désormais l'un des Colmateurs, et que les Trisolariens veulent sa mort.

Impression

Suite au premier tome, on le sait : l'invasion de la Terre par les Trisolariens est en cours, et va mener à l'éradication - à moyen terme - de l'espèce humaine. Reste 400 ans avec l'arrivée de ces joyeux lurons, plus une génération à vivre donc. Ambiance.
Ajoutons que les Trisolariens ont bloqué tout développement de la physique fondamental (acquisition de nouveaux concepts théoriques) à l'espèce humaine, et vous pouvez vous imaginez l'état d'esprit de l'Humanité au début de ce tome.

Dans ce dernier, nous suivrons l'évolution sur environ 200 ans de cette humanité, tant dans le domaine scientifique et militaire, que dans le domaine sociétal. Car outre les efforts que va devoir déployer l'Humanité pour se défendre, tout l'aspect sociologique de « Comment réagir face à une menace d'extinction, mais qui arrive que dans 400-500 ans ? ».
Un récit brillamment mené, retraçant, parfois un peu vite, parfois de manière trop appuyée, ces différentes phases de prise de conscience, de peur et d'espoir qui découlent de tout cela, ainsi évidemment que la course effrénée à l'armement.

À côté de cela, on suit principalement l'histoire des 4 Colmateurs, personnages désignés pour essayer de mettre à mal le plan des Trisolariens dans le cas où le développement technique humain ne suffirait pas en utilisant leur principal point faible : leur méconnaissance de l'esprit humain et leur incapacité à fourvoyer un adversaire.
Les personnages associés sont plus ou moins intéressants en tant que tels, mais décrivent des stratégies et tactiques intéressantes, non seulement pour la trame de l'histoire, mais aussi dans l'exploration de la sociologie humaine ou du « jusqu'où peut-on aller et est-ce que la fin justifie tous les moyens ».
On suit aussi l'histoire de Zhang Baihai, mon préféré, sans doute parce que la clef qui gouverne ses actions est fourni dès le début de sa rencontre, mais sans indice complémentaire. Ce n'est qu'en agrégeant les éléments que la chose éclate au moment opportun.

Côté déroulement de l'histoire, l'auteur prend (souvent) un poil trop son temps. Ça peut donner un côté poétique à la narration, en contre-point avec le sous-jacent hard-science, mais ça fait surtout que ça tire un poil en longueur, un peu à la Peter F. Hamilton, surtout que les actions de la partie adverse sont toujours connues avec une bonne marge de temps de réaction, ce qui retire la montée rapide en tension dans une très grande partie du livre.

Côté sciences, le sous-jacent hard-science est clairement respecté. L'ensemble des évolutions et manœuvres décrites se basant sur l'application des lois scientifiques ou sur ce qui est indiqué comme tel pour les parties dépassant notre science actuelle.
Néanmoins, y a quand même un gros bémol, pas tant sur la science, mais sur l'utilisation de cette dernière par les militaires humains.

En effet, pour une planète se vouant à la guerre, les manœuvres militaires sont totalement ubuesques. Je veux dire, j'entends le sentiment de supériorité qui est présent à ce stade, mais sous-estimé son ennemi ne veut pas dire exposer l'ensemble de son armada à une défaillance de mode commun. Surtout quand on n'a pratiquement aucune info sur son ennemi alors qu'on sait que lui suit en quasi temps réel ce qui se passe chez vous.
Et surtout si tout le monde ne dépend pas d'un seul et même commandement.

Pour une civilisation supposée bien plus rusée que l'autre, on tombe bien trop facilement dans le panneau. En tant que lecteur⋅trice, j'ai hurlé en entendant les ordres émis...

Par ailleurs le titre de ce tome, La Forêt sombre, fait référence à une théorie qui fait froid dans le dos... et qui reste plausible au regard de nos connaissances actuelles. Cette théorie, bien que très amorale et qui peut clairement être discutée, n'en est que plus effrayante.

Note

Un 18/20 pour ce livre.
Suite d'un coup de cœur, ce livre, toujours très hard-science, continue très bien la lancée du premier tome.
Les théories exposées et les évolutions sociétales et technologiques décrites sont très intéressantes. L'histoire traîne un peu en longueur, mais n'empêche pas d'apprécier pleinement ce livre qui, si on n'est pas allergique à la hard-science, vaut vraiment le coup.

On se revoie pour la suite ?

Série : La Trilogie des trois corps

  1. Le Problème à trois corps (avis)
  2. La Forêt sombre (avis)
  3. La Mort immortelle (avis)
  • HS 1. Le Problème à trois corps X ou La Rédemption du temps (non lu)

Les Tentatules du mal - Les Mondes d'Ewilan, tome 3 / Pierre Bottero

Couverture livre - critique littéraire - Les Tentacules du mal, tome 3 des Mondes d'Ewilan de Pierre Bottero

Récit

Avec ses amis, Ewilan poursuit son périple vers Valingaï afin de rendre Illian à sa famille, retrouver ses parents et contrer la méduse qui envahit l’Imagination.

Parvenus à Hurindaï, cité-état qui subit les assauts de l’armée de Valingaï et la magie des prêtres d’Ahmour, ils manquent y être tués.
Ils reprennent leur voyage jusqu’à Valingaï, la mystérieuse cité où ils sont emprisonnés.

Sur le sable de l’arène, les destins d’Ewilan, de ses compagnons et de la Sentinelle félonne Eléa Ril’ Morienval sont-ils scellés ?

Avant-propos

Suite de la lecture de cette saga à mes enfants, cette chronique se fait donc dans l'optique d'une lecture à des enfants et non pas une lecture adulte.

Impression

À la fin du second tome, on apprend qu'Ewilan est la dernière à être en aptitude de dessiner, et on sent bien qu'arrivera rapidement le duel entre la façon de dessiner de Gwendalavir et celle de ce continent. Est-ce la force brutale et implacable ou la délicatesse, la souplesse et la beauté qui saura s'imposer ?
Cruel dilemme pour mes enfants.

Ce tome conclue ce second arc en résolvant les différents éléments encore en place.
Le dénouement final avec Eléa, ainsi que les différents éléments expliquant son aversion particulière pour Ewilan.
La fin pour nos différents héros, ainsi que leur devenir (plus ou moins sombre).
Et bien évidemment le triomphe du Bien sur le Mal, ça va sans dire, on n'est pas dans le Dark Fantasy, aucun mystère là-dessus.

La plume de Pierre Bottero est toujours aussi belle, et le final dans l'arène amène à des dépassements de soi de la part de nombre de protagonistes, qui s'ils convenus dans le cadre d'un final de série, offrent de beaux effets et des situations qui restent dans la mémoire.

Un tome qui reste dans le convenu d'une fin de cycle High Fantasy pour enfants, mais qui le fait d'une très belle manière, et surtout accordant sa place à chacun des protagonistes, y compris Artis - ce qui n'était pas joué d'avance au regard de ses compétences.
Chacun aura sa fin, plus ou moins spectaculaire, mais une fin dans tous les cas.

Un petit point sans réelle importance dans le récit, mais qui m'a bien marqué⋅e, c'est la découverte des Fils du vent en une complémentarité avec la voie des Marchombres telle que décrite par Ellana et qui fait régner un vent de liberté et d'insouciance malgré les enjeux.

Note

Un 18/20 pour ce livre.
Une jolie fin, convenue mais convaincante, dans l'esprit de la High-Fantasy pour enfants. Cette fin clos le cycle et la majorité des questions soulevées depuis le premier tome de la saga.

Il va sans dire que j'ai été convaincu⋅e par ce cycle et qu'il me tarde de découvrir le Pacte des Marchombres qui devrait nous faire découvrir la vie d'Ellana et des Marchombres.

Série : Chroniques d'Ewilan - Univers de Gwendalavir

La Quête d'Ewilan

  1. D'un Monde à l'autre (avis)
  2. Les Frontières de glace (avis)
  3. L'Île du destin (avis)

Les Mondes d'Ewilan

  1. La Forêt des captifs (avis)
  2. L'Œil d'Otolep (avis)
  3. Les Tentacules du mal (avis)

Le Pacte des Marchombres

  1. Ellana (avis)
  2. Ellana : l'envol (non lu)
  3. Ellana : la prophétie (non lu)

L'Autre

  1. Le Souffle de la hyène (non lu)
  2. Le Maître des tempêtes (non lu)
  3. La Huitième porte (non lu)

Romans indépendants

  • Les Âmes croisées (non lu)
  • Le Chant du troll (non lu)
  • Isayama (non lu)
  • Les Aigles de Vishan Lour (non lu)