Le Testament d'involution - Le bâtard de Kosigan, tome 4 - de Fabien Cerutti

Couverture - Le Testament d'involution - Le bâtard de Kosigan, tome 4 - de Fabien Cerutti

Récit

Et si l’origine du plus grand lac de la région de Cologne avait un rapport avec une prophétie réalisée en 1341 ?
Et si cette même année, le chevalier de Kosigan avait réveillé des forces qui le dépassent ?
Et si le destin de sa postérité se jouait cinq siècles plus tard dans la cave voûtée d’un bistrot parisien ?
Et si les secrets révélés dans ce livre étaient dangereux ? Et qu’en les découvrant, vous deveniez complice…

Impression

Dernier tome de ce cycle (mais les événements laissent la place à la possibilité qu'un second cycle puisse suivre), ce livre clos la saga en prenant place directement après la fin du tome 3, où l'on retrouvait nos 2 Kosigan en de bien mauvaises postures.

La trame du livre se découpe donc toujours en 2 parties entremêlées, celle se passant fin XIXème et celle de son descendant au début du XXème siècle.

Kergaël de Kosigan (XXème)

Dans cette partie, nous trouvons enfin les explications de ce qui a pu se passer, et de comment cela c'est passé, pour que la magie disparaisse de notre vie.
Une partie intéressante en termes de background puisque pour le coup, on va, à tout le moins dans les grandes lignes, apprendre les tenants et aboutissants de la lutte de ceux qui prônent la magie, de ceux qui veulent la voir réduite au silence... À tout le moins pour les autres.

Le gros bémol toutefois, c'est que plusieurs éléments sont quand même plus qu'évidents, et du coup toute la partie d'enquête sur la fortune de Kergaël m'a semblé soit trop longue soit trop peu complexe.
En bref ça manque d'enjeux, même si on est plus que ravi de voir nos déductions se voir confirmer ou non.

L'ensemble garde toujours la force de sembler possible, à défaut de probable pour ce qui concerne l'intégration de la magie dans notre Histoire.

On notera par ailleurs que la fin de cette trame est particulièrement truculente. En tout cas, j'ai adoré comment l'auteur a su réintégrer l'ensemble du récit et des actions dans notre histoire actuelle, mine de rien, tout en subtilité.

Pierre Cordwain de Kosigan (XIVème)

De son côté Pierre Cordwain de Kosigan poursuit ses activités consistant principalement à intriguer avec tout le monde, remuer le tout et voir quels sont les marrons qu'il peut sortir du feu.
Comme d'habitude me direz-vous, certes, mais là on est vraiment au niveau supérieur : entre 3 à 4 partitions à jouer autour des mêmes éléments centraux, avec tout de même 2 points cruciaux à gérer, à savoir le devenir du monde d'une part (une paille comme on dit), et sans doute le plus important pour le Bâtard, son histoire à propos de sa mère et de ce qui tourne autour de ce qu'il est.
Les enjeux sont donc particulièrement enlevés, et les joueurs particulièrement retors. Le Bâtard a-t-il trouvé ses limites dans ce dernier tome ?
Une seule façon de le savoir : lire ce livre (oui je suis mesquin).

En tout état de cause, un joli final pour le Bâtard qui fait autant appel à la dextérité de son bras d'épée qu'à celle de sa langue.

Le seul bémol que je pourrai émettre, c'est une fin à base de beaucoup d'ellipses temporelles. C'est dommage car ça donne l'impression de vouloir clore le cycle, sans vouloir aller jusqu'au bout. En effet manifestement il y a beaucoup de matière encore à exploiter, et cette fin semble dire que peut-être que l'auteur en restera là avec ce monde... Ce qui est bien dommage à mon sens.
Après cela permet aussi de bien recoller les deux trames temporelles, mais on n'était pas non plus à un mystère non résolu prêt.

Côté personnages, on reste dans la suite directe du précédent tome, puisqu'il en est la continuation directe.
En somme, de Kosigan est égal à lui-même en termes de tortuosité, au point de risquer de perdre ses propres collaborateurs. Ses proches lieutenants conservent leur épaisseur et se révèlent plus ou moins décisif dans l'aventure. En tout état de cause, ils servent réellement.

Enfin, on conserve ce mélange de récit historique mêlée de magie et du pouvoir des contes et légendes. Toujours aussi plausible, d'autant plus avec le final de la trame du XXème siècle.
La qualité la plus importante de ce cycle à mon sens et qui a le mérite d'être constamment là, mise en lumière, mais sans empiéter sur l'histoire. Du grand art en somme.

Note

Un 16/20 pour ce livre, qui termine la saga de manière plus qu'honorable. Il est juste dommage que la trame du XXème me soit apparu si facile à deviner et cette façon de conclure pour la fin du XIVème ; même si clairement le final de cette trame temporelle est plus que classe.
Un joli final, même si je le trouve fondamentalement moins bon que les autres opus. Cela dit rien de bien dramatique... Et en espérant avoir l'occasion de lire les parties passées sous ellipses de notre bâtard à la langue pendue.

Série : Le Bâtard de Kosigan

  1. L'Ombre du pouvoir (chroniqué)
  2. Le Fou prend le roi (chroniqué)
  3. Le Marteau des sorcières (chroniqué)
  4. Le Testament d'involution (chroniqué)

Le Marteau des sorcières - Le bâtard de Kosigan, tome 3 - de Fabien Cerutti

Couverture - Le Marteau des sorcières - Le bâtard de Kosigan, tome 3 - de Fabien Cerutti

Récit

1341, sur les traces de son passé, le Bâtard de Kosigan et sa compagnie s’enfoncent dans les profondeurs de l’Empire germanique, d’un puissant seigneur du Rhin.
Les mystères s’épaississent, mêlant complots, magie et religion, sur fond de chasse aux sorcières. Le chevalier devra naviguer avec prudence sur des eaux redoutables où l’Inquisition rôde et où il est parfois difficile de distinguer amis et ennemis.

À quelques siècles d’intervalle, Kergaël de Kosigan tente d’élucider les interrogations soulevées par les écrits de son ancêtre. Mais remuer les secrets de l’Histoire s’avère périlleux et la vérité a toujours un prix.

Joutes verbales, combats épiques, séduction et manipulations ; on retrouve avec grand plaisir la fougue et le panache de la maison de Kosigan.

Impression

Troisième tome de cette série qui en compte 4, je vous préviens dès à présent : commencez en la lecture uniquement si vous avez le 4ème sous la main (ou peu s'en faut).
Autant les
tomes 1 et 2, tout en s'inscrivant pleinement dans une trame visant à découvrir l'histoire du Bâtard de Kosigan et de son héritier, relataient chacun une histoire qui se suffisait à elle-même, autant ce tome 3 finit sur un cliffhanger pour chacun des deux protagonistes. Et clairement le tome 4 n'est que la suite directe de ce tome 3. D'ailleurs le début du tome 4 ne s'en cache pas puisqu'il l'indique en toutes lettres :

Attention, cet ouvrage fait directement suite au tome 3 et ne devrait pas être lu indépendamment.
Ça a le mérite d'être clair et confirme mon impression qu'il s'agit plus de la première et seconde partie du tome 3 que des tomes 3 et 4 stricto sensu.
Vous êtes donc prévenus.

La trame du livre se découpe toujours en 2 parties entremêlées.

Kergaël de Kosigan

La première concerne le descendant du Bâtard et voit sa trame se passer fin XIXème - début XXème siècle.
Cette partie gagne enfin ses lettres de noblesse. Car même si les éléments sont relatés via des échanges épistolaires - ce qui est rarement source d'actions soutenues -, ils n'en gagnent pas moins en actions, rebondissements, et surtout l'on voit enfin poindre ce qui se cache derrière tout cela.
Le tout est raconté tel le déroulé d'une enquête scientifique, et plus cette dernière approche de la situation « actuelle » du Bâtard dans la seconde trame narrative, plus on a la certitude que tout n'a pas dû se dérouler aussi bien que de Kosigan le prévoyait.
D'autant plus que l'enquête moderne éclaire d'un autre point de vue les risques plus ou moins calculés que prend de Kosigan.
Un vrai plaisir que de voir émerger ce sentiment qu'on va enfin comprendre pourquoi de nos jours la magie n'est plus.

Pierre Cordwain de Kosigan

De son côté Pierre Cordwain de Kosigan (ledit Bâtard), raconte sa vie au XIVème siècle, et on quitte le sol de la France pour se diriger de l'autre côté du Rhin dans les jolies contrées du Saint Empire Germanique.
Mais cette fois-ci il va lui falloir jongler avec plusieurs marrons sur le feu, ou comment concilier objectifs personnels, son employeur local - raison officielle de sa venue - et les détentrices des réponses à ses questions - un cercle de sorcières dont la réputation laisse supposer qu'elles ne seront pas spécialement tendres avec lui... encore qu'avec le Bâtard, la tendresse peut prendre diverses formes -.

Encore une fois intrigues politiques, luttes de pouvoir sont à prévoir pour le plus grand bénéfice du Bâtard... s'il arrive à gérer tout cela.

Côté personnages, de Kosigan fait toujours montre de gouaille et d'astuce, mais encore plus que dans le second tome, on voir émerger ses proches lieutenants qui ne servent plus que de faire-valoir, mais gagnent en épaisseur et en importance.
On pourra regretter du coup un tome avec un humour moins marqué, mais l'échange est très équitable pour ce qui est de nous tenir en haleine.

Côté background, on retrouve comme univers ce mélange de récit historique mêlée de magie et du pouvoir des contes et légende. Ce mélange qui me fait dire « Et si c'était vrai ? Et si en fait c'était comme ça que cela c'était passé ? ».
Car sous la plume de Fabien Cerutti et son bagage d'enseignant en histoire, c'est un monde détaillé, tant dans les us et coutume de l'époque, que dans les jeux de pouvoirs que nous nous retrouvons, avec une couche de magie si bien ajustée qu'elle parait pouvoir faire complètement partie de notre vraie Histoire.

Au final actions rocambolesques, humour et traits d'esprit, trahisons et contre-trahisons se retrouvent de nouveau dans ce tome, même si l'objectif personnel du Bâtard tend à mâtiner tout cela d'un peu plus de sérieux dans sa quête... et lui laisse moins les coudées franches.

Note

Un 18/20 pour ce livre, qui dans la continuité du second tome s'améliore en donnant une atmosphère plus intime aux objectifs du récit côté XIVème ainsi qu'en accroissant la densité des personnages entourant le Bâtard.

De plus, l'histoire côté XIX-XXème gagne en actions et rebondissements, ce qui dynamise cette trame que je trouvais par trop présente au regard de ce qu'elle apportait dans les précédents tomes, et qui ici ne se retrouve à la traîne que parce que la gouaille de de Kosigan n'a pas son pareil.

Je lirai rapidement la suite, parce que, s'arrêter ainsi au 3ème tome doit être une torture pour ceux qui n'ont pas la chance d'avoir le 4ème tome sous le coude.

Série : Le Bâtard de Kosigan

  1. L'Ombre du pouvoir (chroniqué)
  2. Le Fou prend le roi (chroniqué)
  3. Le Marteau des sorcières (chroniqué)
  4. Le Testament d'involution (chroniqué)

Le fou prend le roi - Le bâtard de Kosigan, tome 2 - de Fabien Cerutti

Couverture - Le fou prend le roi - Le bâtard de Kosigan, tome 2 - de Fabien Cerutti

Récit

1340, au cœur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France.
Une enquête surprenante et extrêmement dangereuse, mêlant trahisons et forces obscures, dans laquelle l’ascendance surnaturelle du Bâtard, habituellement son plus grand atout, pourrait bien se muer en talon d’Achille.

Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

Fabien Cerutti signe à nouveau un roman de fantasy historique, à cheval entre un Moyen Âge empreint de magie et un XIXe siècle scientifique et rationnel.

Combats de masse et subtiles investigations, poursuites à en perdre le souffle et réparties habiles, négociations serrées et manipulations ; on y retrouve le panache habituel de la lignée des Kosigan dans un univers qui ne cesse de gagner en richesse et en cohérence. De toute évidence, les secrets et les héros délicieusement irrévérents de cette série n’ont pas fini de nous surprendre !


Impression

Faisant suite au
premier tome, on suit de nouveau notre cher Bâtard et son lointain descendant.

L'histoire concernant le descendant, se passe fin XIXème siècle et fait directement suite au premier tome. Même si cette partie n'emporte toujours pas un très grand enthousiasme de ma part, je la trouve tout de même beaucoup plus entraînante que dans le premier tome.
Sans doute parce qu'on commence un peu mieux à cerner pourquoi le Bâtard a laissé des objets pour sa descendance et pourquoi tant de choses se passent autour de la découverte de l'héritage du Bâtard.
Cela permet de donner à tout le moins un lien plus tangible entre les aventure du Bâtard et ce qui arrive à son lointain descendant.

Du côté de Pierre Cordwain de Kosigan (le Bâtard), on le retrouve aux prémisses de la guerre de Cent Ans. Et pour le coup, du changement il y en a. Contrairement au premier tome où le Bâtard était à l'initiative, gérant son plan et avançant ses pions, on le retrouve plutôt dans une sale posture.

En effet, employé par les anglais, il se voit contraint de travailler pour la France... au risque de mettre en péril son premier employeur.
Le Bâtard devra réussir à mener avec brio ses 2 missions... qui se retrouvent mêlées à de sombres desseins.
Bref, chutes d'intrigues politiques emmêlées à prévoir... ainsi qu'une histoire pleine de rebondissements.

Côté « héros », le Bâtard a perdu son côté James Bondien. Peut-être est-ce la perte du contrôle de la situation qui le sort de sa zone de confort, ou bien l'auteur qui a voulu rectifié ce côté caractérisant le premier tome, mais clairement on est loin du « je m'en sors sans une égratignure ». Et moi, ça me plait. À noter que de Kosigan fait toujours montre de gouaille et d'astuce... pour notre plus grand bonheur.

Côté background, on retrouve l'univers du premier tome, la magie en plus discrète (mais non pas absente), puisque nous nous situons sur les terres du roi de France, qui désire plutôt l'éradication de l'ancien monde.
L'atmosphère se fait donc moins emprunte de magie et de poésie comme pouvaient l'être les terres de Champagne, mais on en apprend beaucoup plus sur l'ancien monde et les forces qui y siégeait.
On ne souffre donc pas de ce fait.

Un autre point d'amélioration sont les personnages secondaires qui sont clairement plus prégnant tant du point de vue utilité à l'intrigue, que du point de vue développement des personnages.
Fini le « de Kossigan-centrisme », place à plus d'âme chez les Loups du Bâtard que l'on peut réellement découvrir.

Enfin, comme le précédent tome, ce livre est un véritable page-turner : actions rocambolesques, humour et traits d'esprit, trahisons et contre-trahisons. Cela va sans dire, on ne s'ennuie pas une seule minute.
Encore une fois, la fin appelle impérativement à la lecture du troisième tome... Ça tombe bien, il vient de sortir récemment.

Note

Un 19/20 pour ce livre.
De belles amélioration comparativement au précédent tome sur l'aspect James Bondien du personnage principal et sur la densité des personnages secondaires, tout en conservant une ambiance mystique, des enchainements d'actions, des intrigues politiques à foison...
Bref je suis heureux !

Je lirai la suite sans aucun soucis... voire même j'y suis obligé.

Série : Le Bâtard de Kosigan

  1. L'Ombre du pouvoir (chroniqué)
  2. Le Fou prend le roi (chroniqué)
  3. Le Marteau des sorcières (chroniqué)
  4. Le Testament d'involution (chroniqué)

L'ombre du pouvoir - Le bâtard de Kosigan, tome 1 - de Fabien Cerutti

http://www.livraddict.com/biblio/livre/le-batard-de-kosigan-tome-1-l-ombre-du-pouvoir.html

Récit

Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.
En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis.

À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…


Impression

Tombé par hasard en face du sieur Cerutti, l'auteur m'a vendu son livre alors que mon budget était déjà dépassé. Mais la belle couverture et le pitch de cette histoire, ont su l'aider à me convaincre d'échanger quelques sous contre ce livre.

Et au final bien m'en a pris, car sans être sublime, il s'agit d'une lecture très sympathique.

Ce livre se base sur la réalité historique du XIVème siècle, auquel a été ajouté le fait que la magie et les être du folklore féérique existent bels et bien, même si persécutés dans nombre de régions que constituent le terrain de jeu de ce livre à savoir la perfide Albion, le Royaume de France et le Duché de Bourgogne (principalement).

On y suit l'histoire de Pierre Cordwain de Kosigan, bâtard d'une grande lignée des bourguignons et qui vit comme mercenaire.
Pourquoi ce livre n'est pas sublime ? Principalement, je trouve, à cause de son héros, très "James Bondien". J'entends par là que l'on suit ses aventures où de Kosigan fait montre de gouaille et d'astuce, mais toujours avec une façade de charmeur et de "tout était déjà prévu", ce qui fait qu'on ne s'en fait guerre pour lui. Il est évident que le personnage principal s'en sortira, et plutôt sans égratignures (là, vous devriez vous imaginez James Bond, sortant de son combat à base de tank en devant uniquement retirer la poussière de plâtre du smoking).

Les personnages secondaires ne sont clairement présents que pour soutenir de Kosigan et le sortir des impasses dans lesquelles ses machinations le fourvoient.

Dit comme ça, on pourrait penser que la lecture n'a que peu d'intérêt, mais ça serait très réducteur. Car malgré cet handicap, ce livre est un véritable page-turner : actions rocambolesques, humour et traits d'esprit, trahisons et contre-trahisons. Cela va sans dire, on ne s'ennuie pas une seule minute (on a juste jamais peur pour le héros).

Par ailleurs, l'atmosphère du comté de Champagne est particulièrement bien décrite, enchanteur même. La présence de la féérie y est distillée avec tact et justesse. Clairement, cela ne s'oppose pas à l'Histoire telle qu'on nous l'a enseignée... hormis sur la réalité de nos "légendes". Terriblement immersif donc.

Un point par contre qui me laisse assez dubitatif, c'est qu'on suit par ailleurs l'histoire d'un héritier de de Kosigan. Certes, c'est grâce à lui et à ses investigations que l'on peut faire connaissance avec notre mercenaire et son histoire, mais son importance en termes de nombre de pages dans le livre est, à mon sens, trop forte au regard de ce que cela apporte réellement à l'histoire. Un point qui trouvera sans doute réponse dans le second tome, mais qui a le défaut de casser le rythme de la lecture.
Car si l'histoire de Pierre Cordwain de Kosigan est entrainante et addictive, celle de l'héritier est beaucoup plus lente, surtout qu'elle se fait via des échanges épistolaires, ce qui n'a pas pour mérite de faire aimer (ou non) le dit héritier. Du coup, on a plus envie de passer vite fait l'histoire de l'héritier pour en revenir à celle du bâtard.
C'est dommage car la partie sur l'héritier met en exergue tout de même un fait important qui s'est produit entre les 2 époques (et que je ne précise pas plus avant, je vous laisse lire le livre pour savoir de quoi il s'agit), et dont on ne cesse de se poser la question de savoir si le bâtard y est pour quelque chose ou non... Et à quel point cela est si vrai que ça (déformation suite aux complots présentés dans l'histoire sans doute ^^).

Par contre, la fin appelle impérativement à la lecture du second tome... Trop de choses restant en suspens à la fin de celui-ci.

Note

Un 17/20 pour ce livre. Bien que présentant quelques défauts (héros par trop archétypal, casse du rythme avec l'héritier,...), l'ambiance, l'enchainement des actions, le désir de découvrir à quoi rime toutes ces manigances font que ce livre se lit très bien.
Porté par un auteur qui visiblement connait la réalité historique sur laquelle il se base, on est vraiment happé par cette lecture sans prise de tête ni subtilité psychologique.
Je le conseille si vous n'êtes pas allergique aux héros tout en archétype et à l'absence de contre-poids de ce dernier.

Je lirai la suite sans aucun soucis.

Série : Le Bâtard de Kosigan

  1. L'Ombre du pouvoir (chroniqué)
  2. Le Fou prend le roi (chroniqué)
  3. Le Marteau des sorcières (chroniqué)
  4. Le Testament d'involution (chroniqué)

Même pas mort - Rois du monde, première branche (tome) de Jean-Philippe Jaworski

Même pas mort - Rois du monde, première branche (tome) de Jean-Philippe Jaworski

Récit

Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s’agit de rois de tribus rivales… Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.

Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort. 


Impression

Je ne vous cache pas que je suis un grand fan de Jean-Philippe Jaworski, de sa plume, de sa gouaille et de sa capacité à nous plonger dans le livre qu'il écrit.
Vous le connaissez peut-être d'après Janua Vera et Gagner une guerre ? Et bien ici trêve de l'inspiration vénitienne et ses complots assassins, nous voici plongés chez les celtes.
Et qui dit celtes, dit guerres, bagarres, honneur et magie druidique.
Et bien tout cela, vous l'aurez bien... mais d'une manière un peu inattendue il faut l'avouer.

Le monde que nous décrit Jaworski est effectivement dur et sanglant. L'honneur y guide les vies et les abrègent ou les sauvent selon l'humeur des dieux. Les combats sont de la partie, ainsi que les morts qui lui incombent.
Et pourtant, Jaworski arrive à instaurer un rythme lent, un récit emprunt de la magie druidique, bardique et divine qui parsème son récit.
Ce livre nous envoûte littéralement en réussisant à marier avec tant de naturel le côté guerrier et honneur au côté mystique, onirique et quête d'initiation. Un véritable bijou du genre !
De plus, le vocabulaire spécifique employé (le dictionnaire m'a été d'une belle aide au début), permet vraiment de s'immerger dans l'époque, et de rendre plus palpable le côté étranger plein de mystère, qui se marie si bien aux celtes et leurs légendes.

Plus prosaïquement, il s'agit ici du premier tome (première branche) d'une trilogie. Nous y découvrons la jeunesse de Bellovèse, le personnage principal et narrateur, et à travers sa jeunesse, nous apprenons les codes et la façon de vivre des celtes. Ce qui est plutôt bien, étant totalement inculte de cette époque.
C'est clairement un tome d'introduction qui prend son temps pour poser un univers riche. Ceci dit, prendre son temps ne veut pas dire sans action ni sans intrigue... bien au contraire.

Le mode de récit est un peu particulier : il mêle à la fois présent, passé et des scènes "hors du monde". Cet aspect décousu, mélangé entre le présent, le passé, et les rêves (mais en sont-ils vraiment), donne au récit un air d'authenticité un peu brouillon... qui apporte même l'impression que la magie sourd des pages qui se tournent sous nos doigts.

Note

Un 19/20 pour ce livre. Enchanteur, envoûtant, ce livre réussit à nous immerger totalement dans ce monde qui m'était inconnu : celui des celtes. Un vrai délice que je ne peux que vous conseiller si vous aimez la torture de l'attente des prochains tomes.

Série : Rois du monde

  1. Même pas mort, première branche (avis)
  2. Chasse royale, deuxième branche I - De meute à mort (non lu)
  3. Chasse royale, deuxième branche II - Les grands arrières (non lu)
  4. Chasse royale, deuxième branche III (non lu)
  5. La Grande Jument, troisième branche (non paru)