Pourquoi dans les grands bois, aimé-je à m'égarer de Karim Berrouka

Couverture livre - critique littéraire - Pourquoi dans les grands bois de Karim Berrouka

Récit

Marc-Aurèle Abdaloff et Premier de la Classe sont sur une nouvelle affaire : envoyés dans les monts d’Arrée, ils doivent enquêter sur de curieux meurtres perpétrés à l'épée par un homme accompagné d'une armée d'écureuils sanguinaires.


Impression

Ayant déjà lu Fées, weed et guillotines du même auteur, j'ai entamé la lecture de cette nouvelle vu qu'elle se passe dans le même espace-temps (on fait suite au premier tome, même si ça n'a qu'une importance mineure : le groupe d'enquêteur est juste déjà réuni et se connait), d'autant plus que le titre, comme bon nombre de ceux des ouvrages de cet auteur, m'a bien plu.

Cette nouvelle met donc en scène une enquête à réaliser suite à la découverte macabre de plusieurs macchabées, découpés en morceaux à l'aide d'une arme médiévale (l'épée), ainsi que le témoignage d'une survivante parlant d'une attaque d'écureuils.

Et globalement, si le thème de cette enquête est bien barré et assez drôle, ça ne s'arrête que là.
Je n'ai pas pu retrouver l'humour du tome que j'ai lu... Enfin si en fait, mais celui du « creux » du précédent opus.
Et comme sortie de la situation coquasse, on rit plus jaune que franchement, et bien ça veut pas vraiment.

Nouvelle oblige (j'imagine), l'auteur a réduit (très) fortement le côté psychologique. Alors oui, dans une nouvelle, on n'a pas de place pour pondre un personnage bien brossé (encore que), mais là, on a vraiment à faire à des personnages en carton-pâte.
Et cela est encore pire quand on connait les personnages dépeint dans Fées, weed et guillotines (qui pour le coup étaient dépeints hauts en couleurs).
Ça fait plus que gâcher l'ouvrage...

Note

Un 09/20 pour ce livre.
Pour finir la situation amuse les 5 premières minutes... puis lasse, et rien ne permet de faire éclore un intérêt manifeste.

Cela dit, ne vous y trompez pas, je pense que c'est principalement le côté nouvelle qui a nuit tant Fées, weed et guillotines, sans être parfait, était une vraie tranche de rigolade.
Bref, ne tenez pas ce texte comme représentatif des écrits de l'auteur, et à tout le moins, passez votre chemin sur cet ouvrage (même pour un prix aussi modeste que celui-là).

La Face obscure du soleil de Terry Pratchett

Couverture livre - critique littéraire - La Face obscure du soleil de Terry Pratchett

Récit

L'affaire se passe sur la planète Reverseau. Dom Sabalos est l'héritier de toute une planète, de la première Banque de Sirius et de la fortune colossale qui va avec. Il doit aussi devenir le président du Conseil planétaire.

L'ennui, c'est que quelqu'un cherche à le tuer. C'est bien dommage, parce qu'il s'intéresse à des tas de choses dans la vie, Dom. Il aime dompter des siroccoques qui feulent au crépuscule dans le lagon.
Et puis il aimerait élucider l'énigme des Jokers qui ont semé des artefacts étranges dans tous l'univers. Comme la Tour qui se dresse dans la mer et se perd dans la couverture nuageuse de Reverseau. Ou de gigantesques Chaînes d'Étoiles...

Quelqu'un n'a pas envie qu'il découvre le Monde des Jokers. Mais qui ?
Un adepte du Calcul des Probabilités, sans doute. Ce même Calcul des Probabilités qui l'annonce avec une probabilité de plusieurs millions contre une : Dom mourra assassiné le jour de son premier anniversaire, c'est-à-dire demain. Dommage, dommage...

Impression

Habitué à l'humour britannique via la saga du Guide du routard galactique (H2G2 pour les intimes) de Douglas Adams, le Peuple du tapis et les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett lui-même, j'ai été tenté pour voir comment il se débrouillait dans l'espace.
Et bien je dirai comme ça qu'il s'y est perdu.

Antérieur aux premiers tomes des Annales, ce tome porte les prémices d'un personnage de ces dernières à savoir Rincevent, dont on peut retrouver le caractère « chanceux » et les probabilités sur 1 million qui se réalisent 9 fois sur 10 - la couardise et l’absence de réflexion en moins... Encore qu'ils semblent partager un goût commun pour les activités sans intérêt.
Et autant j'aime beaucoup le personnage de Rincevent, autant ici Dom me laisse ni chaud ni froid.

Peut-être est-ce dû à la construction du livre qui fait que pour suivre, il faut se laisser porter... ce qui laisse le lecteur observateur du livre, mais sans y participer.

Question scénario, on est sur un truc qui part en tête-à-queue dès le début du livre, ce qui était attendu. Mais faute d'identification ou à tout le moins d'intérêt pour le personnage principal, l'humour ne prend pas.

Difficile de dire grand-chose d'autre à mon sens. Quand on n’accroche pas, on n’aime pas... Et manifestement, on est relativement nombreux en ce sens.

Note

Un 08/20 pour ce livre.
Une lecture que j'oublierai très vite et que je ne conseille pas, même aux fans de l'humour british que l'on peut retrouver dans les Annales ou dans de Bons présages chez Pratchett, ou bien chez Douglas Adams (H2G2, un Cheval dans ma salle de bain).

En tout état de cause, ce n'est pas par là qu'il faut commencer à découvrir un auteur comme Terry Pratchett.


L'anamnèse de Lady Star de Laurent et Laure Kloetzer

Couverture livre - critique littéraire - Anamnèse de Lady Star de Laurent et Laure Kloetzer

Récit

Futur proche.

Un attentat à Islamabad a provoqué une pandémie terrifiante. Les trois quarts de la population mondiale ont disparu. L'arme utilisée : la bombe iconique. Les coupables ont été retrouvés, jugés et exécutés. Mais certains se sont échappés.

Parmi eux, une femme, leur inspiratrice, leur muse. Sa simple existence est un risque : tant qu'elle vit, la connaissance menant à la bombe reste accessible.

Elle a disparu, n'a laissé aucune trace, pas l'ombre d'une ombre. Des hommes disent pourtant l'avoir rencontrée : savants, soldats, terroristes, ermites... Ont-ils rêvé?

Voici le récit d'une enquête, de l'Asie à l'Europe, des terres dévastées jusqu'aux sociétés hypertechnologiques de l'après-catastrophe. Un jeu de pistes, doublé d'une plongée dans les archives digitales de notre futur, avec le plus fou des enjeux : refermer la boîte de Pandore.

Impression

Pour commencer, parlons de cette superbe couverture. Personnellement je la trouve envoutante. Le regard se perd et les couleurs attirent vraiment l'œil.
En plus, il se trouve qu'une fois la lecture du livre terminée, vous pouvez de nouveau la regarder, et pour le coup, elle est extrêmement juste et représente très bien toute la trame de cette histoire.
C'est rare. En tout cas, on comprend que les auteurs ont réussi leur coup en bataillant pour avoir cette illustration.
La beauté au service de l'histoire... et l'histoire au service de la beauté somme toute.

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai choisi ce livre... chose rare car la couverture n'est souvent pas une raison d'acheter pour ce qui me concerne (mais plus une raison de ne pas acheter).

Pour entrer dans le vif du sujet, cette histoire consiste en suivre une enquête cherchant à retrouver une personne ayant participé à un attentat (évènement nommé le Satori), attentat qui a conduit à décimer une grande partie de l'humanité et réorganiser entièrement le mode de vie de l'humanité survivante.
Amateur de thrillers, vous devriez être conquis.

Mais commençons par avertir le futur lecteur alléché : ce livre est exigeant.
Un peu à l'instar du
Déchronologue, on a un mélange d'époques qui s'enchaînent au fur à mesure que l'enquête nous permet d’explorer des pistes, de retrouver des « traces » de la personne recherchée.
Cet enchaînement de périodes, non linéaire dans le temps demande un effort de concentration pour rassembler les différents éléments, ainsi que de reconstituer l'histoire dans notre tête, avec les différents liens entre eux.

Car en second lieu, on est lâché dans le récit, sans clef. Au lecteur de faire l'effort de découvrir les règles du jeu, de comprendre les tenants et aboutissants, d'accepter de ne pas tout connaître et de découvrir l'univers au fur et à mesure des éléments filtrants du récit.
C'est éprouvant... mais au combien agréable, de sentir l'univers prendre pied. De le sentir prendre sa place.
Personnellement je suis fan du procédé, même si cela implique de naviguer à l'aveugle au commencement.

Mais tous ces efforts valent le coup. Car pour récompense, on se retrouve à découvrir un univers post-apocalyptique (pour la période post Satori), mais qui n'en est pas moins dépourvue de poésie, bien au contraire. Comme un retour aux sources de l'humanité - quand cette dernière ne parcourait pas encore la Terre sans craindre de mauvaises rencontres. Dans un univers hostile et empli de choses non maîtrisées ou mal comprises.
Cette poésie est portée principalement par une description très fragmentée de ce monde, de notre monde plus exactement dans un futur pas trop (?) lointain. Cela laisse ainsi pleinement au lecteur la possibilité de remplir les trous à sa convenance et de ce fait de ne pas être trop déboussolé car très proche de notre monde actuel.

Un des points majeurs de cette histoire, en plus de la création d'un monde post-apo plein de poésie, est la gestion de la mémoire, de la réalité, des données. L'enquête slalome au sein de concepts particulièrement intrigants et bien traités - mais qui confèrent une couche supplémentaire de complexité, surtout si on a pas l'habitude de traîner ses guêtres dans le merveilleux monde de la science-fiction.

Côté histoire, celle-ci est très bien construite. Au fil de la lecture, on comprend pour commencer l'objet de cette recherche, de cette traque, ses enjeux.
Puis on en apprend sur les divers protagonistes, et plus les renseignements s'accumulent, moins les choses sont tranchées. Les méchants peuvent ne plus l'être tant que ça. Les gentils également. Les fous ne pas l'être tant que ça. Un merveilleux canevas de personnages, d'interactions entre eux, et d'évolution du motif conduisant à des changements de perspectives tout en subtilité.
Un véritable bijou de construction de personnages.

Et puis il y a les Élohims.
Et là je pense que chaque lecteur aura sa grille de lecture sur ce qu'ils sont.
Certains parlent d'extra-terrestres, moi je les ai conçus comme des condensations d'archétype de la psyché humaine (psychosphère) générée par les pensées humaines. Ce qui, à mon sens, explique bien mieux certains de leurs besoins et de leurs capacités, ainsi que leur compréhension de notre mode de pensée.
C'est une notion que j'ai rencontré dans la série Les Futurs Mystères de Paris de Roland Wagner (série que je vous encourage à lire) et dans laquelle l'apparition des élohims me semble bien s'insérer - le côté loufoque en moins par rapport à la psychosphère wagnerienne.
Toujours est-il que les élohims, véritables énigmes ambulantes, et pourtant au centre de l'histoire sans y être vraiment, sont une véritable réussite et un point d'accroche que j'ai beaucoup aimé.

Bref comme vous le voyez, difficile de parler concrètement de ce livre sans se perdre, et pourtant quel bohneur à lire.
À préciser enfin que l'écriture de l'ensemble est très bien faite, les auteurs arrivant à instiller différents styles d'écriture aux différents protagonistes avec brio.

Note

Vous l'aurez compris, un véritable coup de cœur pour ce livre, qui décroche un 19/20.
Pourquoi pas 20 me demandez-vous ? Peut-être parce que ce livre est vraiment exigeant à la lecture, ce qui parfois, peut nous faire sortir un peu du livre. Rien de grave, donc.

Si la peur de devoir lire de manière attentive, en prenant son temps et de découvrir un univers qui ne se livre que par petits morceaux, ne vous fait pas peur... Foncez !
Sinon... vous devriez essayer quand même.

La stratégie des as de Damien Snyers

Couverture livre - critique littéraire - La stratégie des as - Damien Snyers

Récit

Pour vivre, certains choisissent la facilité. Un boulot peinard, un quotidien pépère. Mais très peu pour moi. 
Alors quand on m'a proposé ce contrat juteux, je n'avais aucune raison de refuser.
Même si je me doutais que ce n'était pas qu'une simple pierre précieuse à dérober.
Même si le montant de la récompense était plus que louche.
Même si le bracelet qu'on m'a gentiment offert de force risque bien de m'éparpiller dans toute la ville.

Comme un bleu, j'ai sauté à pieds joints dans le piège. L'amour du risque, je vous dis. Enfin... c'est pas tout ça, mais j'ai une vie à sauver. La mienne.


Impression

« Sympathique mais anecdotique ». Une phrase faite par Xapur, mais que je ne peux que reprendre tant elle traduit le sentiment que m'a inspiré cette lecture.

Côté bons points, on peut compter l'action, qui ne se pose jamais complètement, avec des rebondissements qui s'enchaînent et ce même si ce livre a pour objet la préparation et la réalisation d'un casse - ce qui amène nécessairement à des phases plus légères en terme d'action et plus orientée stratégie .

On peut aussi tabler sur la superbe couverture, qui sait attirer l'œil représentant à la fois les personnages et la ville dans laquelle tout ce petit monde va évoluer.

Par contre, plusieurs bémols pointent le bout de leur nez.
Le scénario est relativement simpliste. Les événements s'enchaînent, certes, mais selon un schéma des plus classiques. Ce livre est souvent comparé à Ocean Eleven, mais même ce film a une structure plus complexe avec un jeu de tromperies entre les personnages qui n'est pas présent dans ce livre, si ce n'est de manière anecdotique.

Les personnages ont certes un « but » dans la vie, que l'on apprend au cours de la lecture, mais ça ne m'empêche pas de les trouver plats.
Pour moi, des personnes évoluant dans le monde de la cambriole se doivent d'être un peu plus complexe que ce qu'on nous sert... surtout quand on nous vend le personnage principal comme un embobineur de première.

Après, mon jugement est peut-être sévère, mais au regard de l'histoire, je ne peux que voir une comparaison avec les épopées des Salauds Gentilshommes... Et là pour le coup, le match ne fait pas un pli.

Note

Un 12/20 pour ce livre.
Un livre qui sans être mauvais, ne m'a pas du tout emballer tant par le côté simpliste du scénario que par ses personnages que j'ai trouvé plat.
Si vous voulez lire des livres traitant d'entourloupes et de casse impossible, je ne peux que vous orientez vers les aventures de Locke et ses Salauds gentilshommes qui sauront vous faire vibrer bien plus fort, et avec des intrigues bien plus... palpitantes.
Jetez donc un œil à mes chroniques à leur sujet... vous verrez par vous même la différence.


Et pour quelques gigahertz de plus... d'Ophélie Bruneau

Couverture livre - critique littéraire - Et pour quelques gigahertz de plus... d'Ophélie Bruneau

Récit

Un vaisseau proche du cimetière des astronefs…
Un équipage incomplet et hétéroclite…
Un système inexploré à la veille d’une guerre interplanétaire…
 

Pour Jean-Frédéric Serrano, commandant du Viking, la meilleure solution serait de quitter le secteur avant le début des embrouilles ! 
Sauf, bien sûr, si les autochtones impliquent de force les Terriens dans leur conflit.
 

Pris entre deux feux, privés du soutien de la planète-mère, les soldats du Viking joueront à la roulette russe… à leur façon !
Dans l’espace, personne ne vous entendra bluffer.


Impression

Suite à la lecture de critiques plutôt très bonnes dans la blogosphère, je me suis lancé⋅e dans la lecture de ce livre.
Je tiens à confirmer que ce n'était pas pour la couverture du livre que je ne trouve ni belle ni intrigante, mais qui en plus ne s'appuie pas sur l'histoire (enfin si, j'ai comme théorie qu'il s'agisse d'une représentation d'un des personnages principaux qui se fait interfacer... mais franchement c'est encore moins évident que la signification du titre).
D'ailleurs, suis-je la⋅le seul⋅e à me poser la question du rapport du titre avec l'histoire ? J'imagine bien quelque chose, certes, mais ce n'est clairement pas ce qui illustre le contenu du livre... Si vous avez des propositions, je suis ouvert⋅e à les connaître.

D'un point de vue contenu, ce petit space-opéra français part avec de bons atouts.
Pour commencer, un bel humour, varié, qui se renouvelle, allant du fin au brutal, jouant tant sur les mots que sur les situations. C'est très agréable à découvrir.

En second lieu, on a une trame d'histoire. L'humour présenté ci-dessus n'est pas le cœur du livre, mais bien un accompagnement à une histoire, avec ses moments de découvertes (première rencontre d'un nouveau peuple extra-terrestre) et ses rebondissements.

Mais voilà, contrairement à bon nombres de blogueurs, je n'ai pas du tout été emballé⋅e. Même si la trame est loin d'être rachitique, je la trouve creuse. Un mélange d'intrigue assez peu retorse et convenue avec une bonne dose de trame à laquelle je n'ai pas pu croire.
Au final, je n'ai vraiment pas adhéré à l'histoire, qui sans être mauvaise, ne m'a pas inspiré⋅e du tout.

Ajoutons à cela les personnages de l'histoire qui, si on retire les sarcasmes et l'humour associés à leurs interactions, sont dépeints de manière très sommaire. Comme une impression de personnage en carton-pâte.

Et je passe sur les quelques éléments dérangeants pour l'amateur⋅rice de SF-militaire que je suis et qui ne sont clairement pas le cœur du problème, mais qui ne poussent pas dans le sens de crédibiliser l'univers.

Enfin, peut-être aussi que ce space-opéra est par trop proche de notre réalité, ce qui est sans doute d'une grande aide pour celles et ceux qui n'ont pas l'habitude de lire de la SF et qui seront dès lors beaucoup moins dépaysés, mais cela renforce l'aspect « carton-pâte » déjà mentionné.

Note

Au final, un 10/20 pour ce livre.
La lecture de ce livre n'a pas été mauvaise en soi, ce qui explique qu'on reste au niveau de la moyenne, mais je n'ai clairement pas été emballé⋅e par ce roman, le trouvant par trop superficiel dans le traitement de ses personnages ainsi que dans la crédibilité de l'univers mis en place.

On note tout de même une très bonne maîtrise de l'humour dans le roman (ce qui n'est pas chose aisée), ainsi que la gestion d'une trame d'histoire qui, à défaut d'être fouillée, n'en reste pas moins cohérente et fournissant découvertes et rebondissements.

Bref, je n'ai pas aimé ce livre, mais il n'est pas non plus raté.
La note de 10/20 reflète mon état d'esprit : je ne le recommande évidemment pas... mais je n'irai pas jusqu'à vous dire de ne pas le lire.

Druide de Olivier Péru

Couverture livre - critique littéraire - Druide - Olivier Péru ou Oliver Peru

Récit

1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l'acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. 

Leur immense forêt millénaire est un royaume d'ombres, d'arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. 
Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l’œuvre monstrueuse d'un mal ancien, d'autres usent du drame comme d'un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. 

Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu'une nouvelle guerre n'éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l'un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l'énigme sanglante qu'il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n'ont pas de réponses.

Impression

Pour commencer, parlons couverture. Celle-ci est superbe d'une part, mais par ailleurs, ayant été faite par l'auteur lui-même, elle cadre parfaitement avec le récit. Regardez-là. Si elle vous inspire, c'est sans doute que l'atmosphère du livre va vous plaire.

Ce récit est une sorte de « policier », sauce dark-fantasy. On commence par l'envoi d'un druide et ses 2 disciples pour aller enquêter sur les meurtres de 49 soldats perpétrés au sein d'une citadelle. Et c'est le suivi de cette enquête, pour en découvrir les auteurs qui nous mènera, comme un fil rouge, vers la découverte d'un monde particulièrement travaillé, d'un passé riche et d'un présent anxiogène.

Un des grand atout de ce livre est de savoir mêler un rythme que j'ai trouvé relativement lent, en lien avec le temps de la haine, des intrigues, et autres préparatifs guerriers, avec des évènements rapides et intenses qui parcourent l'ensemble de cette histoire.
Le tout se combinant d'une manière parfaitement ajustée.

Un autre point c'est qu'il s'agit clairement de dark-fantasy. Âme sensible s'abstenir. Entre meurtres et combats, les descriptions servies par l'auteur sont... « chatoyantes ». Personnellement, j'adhère, d'autant plus que rien n'est gratuit, et tout s'inscrit complètement dans l'histoire. Mais ça peut demander d'avoir un estomac un minimum bien accroché.

Côté personnages, on est superbement servi : personnages tout en gris, convictions et croyances différentes selon les protagonistes. Un grand travail de profondeur psychologique pour chacun des personnages importants. Du dense et du cohérent donc. Parfait pour mener une histoire bien ficelée.

Le côté qui m'a beaucoup moins séduit, par contre, c'est le côté prévisible de bon nombre d'évènements. Peut-être qu'à trop fouiller les personnages, j'en arrivais à déduire un certains nombre de choses, mais il faut dire aussi que parfois, c'est quand même téléphoné 15 pages à l'avance.
Et pour le coup, ça fait perdre beaucoup à l'atmosphère qui a su se faire par ailleurs oppressante.
Un grand dommage pour moi qui adore les intrigues.

Côté écriture, je l'ai trouvée très envoutante. On plonge dans les décors, on ressent l'ambiance dans laquelle progressent les différents protagonistes... On retrouve le lien avec la couverture, qui je trouve, fournit un peu de cet effet.

Note

Un 16/20 pour ce livre qui a de très bonnes qualités tant niveau ambiance que densité des personnages, mais qui perd beaucoup du fait de la facilité avec laquelle une grande partie de l'histoire se devine. C'est vraiment dommage, cela dit, cela est resté un plaisir à la lecture et ça augure du bon pour le reste de ses œuvres (ce qui peut se confirmer avec mes chroniques sur sa série
Martyrs)




L'étoile du matin de David Gemmell

Couverture livre - critique littéraire - L'étoile du matin

Récit

Comment un sinistre voleur, bandit, escroc peut-il devenir un héros, une légende, juste à cause d'une parole ? 
Une parole qui devient action, une action qui devient légende et un sombre bandit qui devient un héro "à l'insu de son plein gré". 

Venez découvrir la véritable histoire de l'étoile du matin, et comparez la légende aux faits, et comment un destin peut être créé d'un simple mot.

Impression

Lu dans le cadre de la
lecture commune organisée par Cassie 56, vous me trouverez ici à découvrir mon premier Gemmell. Enfin c'est faux, c'est mon premier de monsieur en fait.
Cette lecture commune ayant pour avantage de me faire découvrir cet auteur avec un livre seul, sans entrer dans une série à rallonge (ce qui est toujours un tantinet gênant quand on ne connait pas l'auteur).

L'histoire tient de la légende à la fois car narrant une légende (ou plus exactement narrant la réalité derrière la légende), ainsi que du fait de l’apparente simplicité de l'écriture. J'ai presque eu l'impression de lire un conte tant l'écriture est fluide et les descriptions fournies sont juste au niveau nécessaire pour que l'on s'imagine le monde mais pas plus.

Par contre, contrairement à un conte, il s'agit d'un belle histoire avec de vrais rebondissements et des personnages (presque tous)très intéressants, y compris pour les personnages secondaires (et qui sont assez nombreux). Un style très épuré donc, digne d'une légende qu'on se raconte au coin du feu.

Côté histoire, celle-ci n'est pas d'une complexité inouïe, mais alliée au style épuré, remplit parfaitement sa fonction et contente le lecteur.
Le rythme, alliant temps fort et temps de réflexion est parfaitement dosé, et les 400 et quelques pages du roman s'envolent très vite.

Le point fort de cette histoire est indubitablement les protagonistes qui savent conserver leur part de légèreté tout en maniant beaucoup de gris et s'appuyant sur une grande profondeur de caractère, à l'instar de l'Étoile du matin, devenant héros malgré lui (ou alors en accord avec son seul subconscient) ou d'Owen, le barde qui nous conte cette histoire.
Ce premier m'a d'ailleurs beaucoup fait penser à Han Solo : contrebandier au grand cœur qui tout en clamant ne pas y toucher, plonge la tête la première :-) Si vous vous souvenez que je suis fan de Star-Wars, vous ne pouvez que le prendre pour un compliment.

Note


Un 17/20 pour ce livre.
Un livre entrainant, fluide et agréable à lire qui est bien plus que ce qu'il laisse penser au premier abord. Malgré une histoire sans grande prétention, cette dernière soutient parfaitement une brochette de personnages tout en nuances et chacun avec sa sensibilité et sa vision du monde.
Une très bonne note du fait de ce côté "magique" de réussir à lier légèreté et densité.

Une chose est sûre, c'est un style d'écriture très agréable que je découvre et qui ne fait que confirmer tout le bien que j'ai pu entendre de l'auteur.

Nota : s'agissant d'une lecture commune, vous pouvez retrouver les chroniques faites par mes co-liseuses / co-liseur : Gilwen, Avenael, Tautillon, Gribouille et Cassie.

Transition de Iain M. Banks

Couverture livre - critique littéraire - transition.html

Récit

Une fable apocalyptique pour des temps troublés. Un monde constitué d’une infinité de mondes. Un monde entre euphorie et tragédie. Un monde figé dans l’ombre du terrorisme et emporté par une crise financière globale. 
Un tel monde n’a-t-il pas besoin de fermeté et d’une lumière pour le guider ? C’est l’objectif du Concern, une organisation puissante à l’influence grandissante, dirigée par un génie malveillant dont les nombreux agents invisibles sont dotés d’incroyables pouvoirs.

Impression

Mon goût immodéré pour cet auteur - et principalement pour son cycle de la Culture - m'a fait jeté mon dévolu sur ce tome.
En effet, voir cet auteur se dépêtrer des récits de mondes multiples n'était pas pour me déplaire.

L'histoire se base sur la théorie des mondes multiples où à chaque moment, chaque décision, une multitude de possibilités existent et qu'à chaque changement, des versions de notre monde divergent - plus ou moins -  et se créent en quelque sorte. Si vous avez l'habitude des récits où des pouvoirs de précognition existent, vous voyez ce qu'il en est.
Sauf qu'ici, on n'est pas juste sur les embranchements possibles, mais sur le fait que chaque possibilité existe. Un monde défini n'étant que l’effondrement des possibles, il existe donc une infinité de mondes.

L'histoire nous permet de suivre différents protagonistes appartenant à une organisation - le Concern ou l'Opportunisme selon les versions des mondes - dont le but est de faire en sorte d'amener chacun de ces mondes vers un avenir meilleur.
Ainsi, dans ce livre, on parle politique, philosophie et uchronie selon les versions des mondes sur lesquels le Concern intervient.
C'est très intéressant comme filigrane à cette lecture. Je reste juste moyennement convaincu du fait que le nombre de possibles rend juste cette tâche herculéenne et il me semble difficile à croire qu'une organisation tiendrait vraiment des siècles durant avec une telle sensation de petitesse devant la tâche à accomplir.

L'histoire consiste aussi en un thriller politique, où l'on découvre 2 factions du Concern, ayant quelques divergences d'opinion sur le rôle et la gouvernance du Concern.
C'est cette trame qui va guider l'ensemble de l'histoire.

Côté personnage, nous suivons certains protagonistes en particulier. L'introduction dans leur vie est plutôt brute de décoffrage, puisque nous découvrons au fil du texte qui ils sont, ce qu'ils font, ainsi que leurs désirs comme si nous venions de prendre place dans leur tête, côté passager - ce qui n'est pas sans rappeler certains éléments du livre, c'est donc agréable par certains aspects.
Cela fait en sorte que le lecteur doit s'efforcer de faire le lien entre les différents protagonistes comme un grand (même si ce n'est pas d'une très grande complexité).

Le rythme du récit est plutôt vif et rapide, bien que cela soit variable suivant les personnages et leur tranche de vie.
Tous les personnages sont, à mon sens, bien caractérisés avec chacun leur propre vie et desiderata, mais tous n'ont clairement pas le même poids dans l'histoire. Pour un personnage, je me demande même vraiment pourquoi il est aussi détaillé car il n'amène rien à la trame de l'histoire (bien que les passages concernant ce personnage sont assez addictif je trouve, tellement ce personnage est intéressant en tant que tel).

Le thriller en lui-même est plutôt simple et assez manichéen, mais il permet de servir une histoire agréable à lire et où l'auteur prend un malin plaisir à nous dévoiler ses mondes que touche par touche - ce qui suffit à donner l'envie de lire.

Côté plume, comme toujours, elle est très agréable, vive, précise et a même le mérite d'introduire très facilement des concepts de SF ainsi que de philosophie, sans que cela soit compliqué à comprendre.

La fin semble toutefois assez précipité, ce qui est un peu dommage, mais n'enlève rien à l'entrain que l'on a de connaître la fin du livre.
Note
Un 14/20 pour ce livre.
Un livre entrainant et agréable à lire. Même s'il n'est pas révolutionnaire et souffre de défauts. Il fait très bien son office sans qu'on soit particulièrement gêné à la lecture.

Toutefois, il n'est pas représentatif de l'excellence de son cycle de la Culture - cycle que je ne peux que vous conseiller à la lecture en premier lieu pour découvrir cet auteur.

Les traqueurs d'Antoine Bombrun

Couverture livre - critique littéraire - les-traqueurs.html

Récit

Trois bannis jetés dans une quête impossible,
où vengeance et salut s'entremêlent.
Les yeux blancs, l'âme noire.

Un nécromancien,
dont la folie n'a d'égal que la puissance.

Vole, vole, vole et virevolte ;
ma mémoire tangue comme une
barque sur les flots !


Remerciements

Pour commencer, ce livre a été lu dans le cadre d'un partenariat
Livraddict / L'Attelage.
L'Attelage est un site d’édition pour auteurs indépendants issu d'un regroupement d’auteurs indépendants spécialisés dans les univers Fantasy et SF. L'accès aux production des ces auteurs se fait sur la base d'un abonnement donnant accès aux versions numériques des productions, fournies par chapitre, chaque auteur devant fournir au moins une production par mois d'après ce que j'en ai vu.
Dans le cadre de ce partenariat, il s'agit de chroniquer le premier livre édité au format papier par ce site d'édition.
Je tiens donc à remercier sincèrement les personnes qui m'ont permis de participer à ce partenariat, d'autant plus s'agissant d'une petite structure.

Impression

Puisqu'il s'agit d'une chronique dans le cadre d'un partenariat, intéressons nous à la première impression : la couverture.
La première de couverture (cf. ci-dessus) est vraiment très attractive et a de plus le bon goût de mettre en valeur les 3 "héros" de ce livre. Très appréciable pour la lecture de ce livre.

Fées, weed et guillotines de Karim Berrouka

http://www.livraddict.com/biblio/livre/fees-weed-et-guillotines.html

Récit

La dernière fois que Jaspucine a mis un pied dans le monde des hommes, elle en a littéralement perdu la tête : la Révolution française n’a pas été une période très profitable pour les créatures féeriques. Sauf pour Zhellébore, l’enfoirée qui l’a envoyée à l’échafaud. La vengeance étant un plat qui se mange froid, Jaspucine est bien décidée à retrouver la traîtresse. Même si pour cela elle doit s’attacher les services d’un détective. Mais à force de remuer ciel et terre, c’est sur une conspiration bien plus grande que la fée et l’enquêteur vont tomber.

Impression

Principalement choisi pour son titre qui m'a fait sourire et les bonnes critiques qui l'accompagne, ce livre est tombé dans ma PAL, en me disant pourquoi pas.

L'histoire en elle-même est un simili-policier en environnement féérique. Simili-policier, dis-je, parce que même si je connais peu les policiers, l'intrigue, bien que sympathique, n'est pas spécialement tarabiscotée je trouve. Elle sert de fil conducteur pour guider le livre du début à la fin, mais ce n'est clairement pas le cœur de cet ouvrage (ou alors les intrigues en Fantasy / SF sont plus alambiquées qu'une enquête, ce dont je doute toute de même).

Car cet ouvrage a deux points forts.

En premier lieu il s'agit de l'humour. L'ensemble de la féérie et de l'humanité y est traité avec humour. Plutôt déjanté, et qui permet d'associer finalement sans aucun problème les scènes "dures" du policier et la vision particulière des fées sur notre monde et la place de l'Homme.
La place des fées et autres créatures est traitée elle aussi avec beaucoup d'humour, tranchant vivement avec ce dont on a l'habitude s'agissant de ces dernières.
Cet humour sert aussi à passer quelques critiques de notre façon de vivre (toujours trop vite, toujours à penser au court terme), bien qu'en mettant par ailleurs en exergue certaines qualités de notre mode de vie par opposition à celui de la féérie par exemple.

Un humour très sympathique et qui ne lasse pas, même si ce dernier a une qualité variable au cours de la lecture (avec un semblant de "creux" en milieu de livre).

Le second point fort concerne les personnages, tous hauts en couleur, quelque soit leur provenance.
Entre les fées... et leur vision féérique des choses, le détective en manque d'adrénaline et de nouveauté, l'inspecteur en quête de normalité et le fameux Premier de la Classe... Tout un programme que ce dernier protagoniste, qui est clairement mon personnage préféré... Tellement déconnecté de la vie... Et pourtant...

Le tout mené par une intrigue, qui même si elle ne risque pas de coller une migraine, permet de garder une certaine cohérence à l'ensemble.

Note

Un 16/20 pour ce livre. Un livre qui a le mérite de sortir des sentiers battus, en apportant humour et personnages de choix dans une histoire déjantée.
Malgré une intrigue pas très tarabiscotée, je lui attribue la note de 16, notamment pour ce côté décalé et qui change de ce dont on a l'habitude de lire, et l'excellent traitement des personnages et de l'humour qui est fait dans ce livre.

Des milliards de tapis de cheveux d'Andreas Eschbach

Couverture livre - critique littéraire - des-milliards-de-tapis-de-cheveux.html

Récit

Quelque part aux confins de l'empire se niche une planète que seule une curieuse coutume distingue de ses consœurs : depuis des temps immémoriaux, les hommes, tisseurs de père en fils, y fabriquent des tapis de cheveux destinés à orner le palais des étoile de l'empereur.
Pourtant, certains, tel cet homme au passé nébuleux qui prétend venir d'une lointaine planète, racontent que l'empereur n'est plus. Qu'il aurait été tué par des rebelles.

Mais alors, à quoi - ou à qui - peuvent donc servir ces tapis ?


Impression

Voici un livre dont le titre m'a, pour je ne sais quelle raison, toujours attiré. Il a, toujours pour je ne sais quelle raison (bien que pas la même), trainé un bout de temps dans ma PAL avant de finalement tomber sous mes yeux avides.

À la lecture de ce livre, le premier point qui ressort c'est son aspect poétique. À la poursuite du mystère des tapis de cheveux, nous nous efforçons de démêler cette histoire, qui part d'un simple tisseur de tapis de cheveux pour nous mener aux confins de l'univers.

Le rythme du récit est très agréable. On a presque l'impression de consulter un dossier d'enquête, où l'on déroule des pelotes de vies, amenant à s'interroger de plus en plus sur la raison de ces tapis de cheveux et où cela peut bien se terminer au fur et à mesure que l'affaire se complique et les faits se tricotent.

De ce fait, l'histoire est emprunte d'humanisme, puisqu'elle ne se base que sur des récits entrecoupés de vies plus ou moins malheureuses, soumises à des règles, à des conditions de vie, que l'on découvre au détour de ces récits. Et toujours le mystère des tapis de cheveux qui s'épaissit, tandis que pourtant, nous faisons des pas vers la résolution du problème.

En corolaire, nous avons aussi une variété de points de vue importante sur les différentes personnes rencontrées ou à rencontrer. À chaque passage de navette, le point de vue change, ce que l'on pensait acquis ne l'est plus totalement, et la toile se complexifie par l'entremêlement de ces vies sur l'écheveau du temps.

Seuls quelques personnages sont récurrents, à savoir ceux qui, quelque part, mènent cette enquête sur la raison de cette étrangeté.
Ces personnages permettent d'ailleurs de découvrir l'univers tissé par l'auteur, à coups rapides et précis. Personnellement, je lui reprocherai d'être du coup, très caricatural, mais cela s'explique par le fait que le centre de l'ensemble de cette histoire n'est pas l'univers, mais bien le tapis. Le reste n'étant présent que pour mettre en valeur cette énigme... capillotractée ?

Personnellement la structuration de ce livre m'a beaucoup plus, mais il est vrai que cela peut dérouter de voir que cette histoire n'a pas de personnage principal, pas de héros, seulement la vie des gens et les tapis comme fil conducteur.
Mais qu'est-ce que cela apporte en termes de poésie à l'ouvrage.

Un autre point que j'ai beaucoup aimé, c'est que malgré cette ébauche rapide de l'univers, l'énigme est parfaitement cohérente avec ce dernier... Et que clairement, même si j'ai deviné un certains nombre de choses, le cœur de l'énigme m'est resté opaque jusqu'à la fin, même en ayant les éléments à l'avance.

Note

Un 17/20 pour ce livre qui est un coup de cœur pour moi quant à la structuration du récit et la poésie qui s'en dégage.
Mon moins se situant sur un univers complexe, mais à peine décrit et des évènements / interactions que j'ai trouvés très caricaturaux et simplistes du fait qu'ils ne sont pas le centre d'intérêt du livre.

Au final un livre assez court, que je conseillerai fortement pour qui veut se laisser guider sans chercher à aller trop vite et découvrir cette histoire au rythme imposé par le maître tisserand qu'est l'auteur.

PS : oui je m'excuse pour mes allusions au tissage du tapis, mais c'est trop tentant après la lecture de cette œuvre.

Rêves de Gloire de Roland C. Wagner

Couverture livre - critique littéraire -  Rêves de gloire

Récit

Le 17 octobre 1960 à 11 h 45 du matin, la DS présidentielle fut prise sous le feu d’une mitrail­leuse lourde dissimulée dans un camion à la Croix de Berny. Le Général décéda quelques instants plus tard sur ces dernières paroles : «On aurait dû passer par le Petit-Clamart. Quelle chienlit…»

De Gaulle mort, pas de putsch des généraux, pas d’OAS, pas d’accords d’Évian, pas de réfé­rendum, et Alger reste française. De nos jours, à Alger, l’obsession d’un collec­tionneur de disques pour une pièce rare des années soixante le conduit à soulever un coin du voile qui occulte les mystères de cette guerre et de ses prolongements...


Impression

Difficile de faire la chronique de ce livre tant il est spécial.

En effet, la réussite de ce livre tient principalement à l'atmosphère qui s'en dégage. Cette impression de revivre une histoire qui aurait pu être est tellement dense qu'on se surprend souvent à se dire que l'Histoire n'est pas loin.
Le pitch ? En 1960, le Général de Gaule meurt dans un attentat et sa DS ne lui sauve pas la vie. Il en découle que les accords d'Evian n'ont pas lieu... et l'indépendance de l'Algérie s'en trouve modifiée.
À travers différents personnages, des témoins d'évènements ou bien des personnes faisant parti des rouages, cette Histoire modifiée nous est comptée, à la manière dont la découvrirait un historien, à travers des témoignages qui éclairent (ou non) certaines zones de l'Histoire.
En tant que fil rouge, on suit l'histoire d'un collectionneur de disque qui est à la recherche d’un disque dont l'histoire de sa production se mélange avec l'Histoire. C'est donc en suivant cette quête que cette uchronie nous est révélée. Petit bout par petit bout.
Et on entre ici dans la force de ce livre. Des personnages humains. Dont les motivations sont diverses et variées. Du fasciste au nostalgique, du rêveur au militant, on y découvre une kyrielle de personnages plus vrais que nature. Pas de héros, pas de salauds. Juste des gens qui voulaient vivre leur vie, selon leurs préceptes (plus ou moins moraux, mais c'est une autre question).

À travers cette peinture humaine, on y découvre un roman humain, qui nous parle des utopies, du racisme, de la violence, de l'envie de vivre et de comment tout cela interagit et évolue... pour le meilleur... ou pour le pire.

Un roman humain donc, mais aussi de géopolitique. Un essai sur l'utopie et son évolution.

Certaines critiques parlent de la musicalité de ce livre. Alors clairement il y en a. Mais je rassure tout un chacun, je ne m'y connais pas plus que ça, et ça ne m'a pas dérangé pour un sou.
Au final il en ressort que la musique est un moyen, parmi d'autres, de transmettre une vision de la vie, de faire changer les choses.
Mais nullement obligé d'être un fan de musique pour se laisser immerger dans ce roman. Il a sa musicalité propre.

Note

Un 19/20 pour ce livre.
Ambiance, valeurs humaines, immersion... Ce livre est à lire pour un voyage vers une France et une Algérie qui aurait pu être, et qui, quelque part, nous en apprend beaucoup sur celles qui sont.


Un livre que je conseille à tous, y compris ceux pour qui la SF n'est pas quelque chose qu'ils apprécient... Ici elle ne se voit que par les changements que l'Histoire a effectué par rapport à notre version de la réalité.

Le déchronologue de Stéphane Beauverger

Couverture livre - critique littéraire - Déchronologue

Récit

Au XVIIème siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d'impitoyables perturbations temporelles. Leur arme : le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps. Qu'espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un galion espagnol ? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde ? Assurément pas croiser l'impensable : un Léviathan de fer glissant dans l'orage, capable de cracher la foudre et d'abattre la mort ! Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d'aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l'Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait : qu'importe de vaincre ou de sombrer, puisque l'important est de se battre !

Impression

Hardi moussaillon ! Tu veux de l'aventure ? Tu veux de l'Histoire ? Tu veux su sang ? Tu veux une histoire de pirate ?
Et bien, tu as postulé sur le bon navire. Embarque donc à bord du Déchronologue où le capitaine Villon t'offriras une croisière qui, contre vents et marées, se gaussera du temps et de ses critères si élastiques ^^.

Trêve de plaisanterie, ce récit est beau et poignant, et nous allons le découvrir ci-après.

Que dire de ce récit donc ?

Et bien en premier lieu, et avant tout le reste, il s'agit d'un beau récit de flibuste, où l'on suit la vie de pirates dans les Caraïbes.
Si vous aimez les récits d'aventures maritimes, vous serez servis.
Le back-ground, les personnages, le style d'écriture sont présents pour monter cette histoire vers le grand plaisir qu'elle est.
Rajoutez-y de la science-fiction sous forme de tempêtes temporelles d'où débarquent des êtres et technologies venues d'une autre temps, et vous avez une superbe histoire sous la main.

Pour ne rien gâcher, les personnages construits sont séduisants. Bien que l'on suive des "pirates", ces derniers ne sont clairement ni bons, ni mauvais. Ils ont leurs bons et mauvais côtés... Et cela est vrai pour l'ensemble des personnages qu'on y croise.

Le seul bémol que je donnerai, c'est le caractère exigeant de cette lecture.
En effet, l'histoire se basant sur une rupture de l'écoulement du temps, les chapitres de la vie de notre pirate sont mis dans le désordre.
Cela se marie très bien avec l'histoire, en ajoutant un côté "brouillage temporel", mais en contrepartie, le début de chaque nouveau chapitre nous fait plonger, en avant ou en arrière, de plusieurs "chapitres" de la vie du capitaine Villon.
Autant on est clairement imprégné dans l'histoire par ce mécanisme, autant il est dur de raccrocher les wagons et de situer où on se trouve, et ce d'autant plus que, navigation en mer oblige, la notion du temps est assez approximative... Ce que les tempêtes temporelles n'arrangent pas.

Côté plume, rien à redire. Elle porte de manière agréable et efficace l'histoire. Pas ou très peu de fioritures, l'ensemble des éléments servant à la compréhension ou à l'avancée de l'histoire.

Note

Un 19/20 pour ce livre.
Ambiance, personnages, style d'écriture s'associent en parfaite harmonie pour nous servir une histoire captivante.
Une très bonne entrée en matière pour ceux qui voudraient découvrir de la bonne SF, tout en gardant un pied dans le récit d'aventure classique.
Attention tout de même à l'exigence de cette lecture en terme d'attention, faute de décrocher de cette histoire pourtant passionnante.

Challenge

Ce  livre a été lu dans le cadre du challenge
"Destockage de PAL en duo".
Vous pouvez trouver les critiques du livre que j'ai choisi pour ma partenaire :
Les autres critiques sont disponibles sur la page de suivi du chalenge.
Chalenge Déstockage PAL en duo

Où est passée ma combinaison spatiale de Daniel Wilson

Où est passée ma combinaison spatiale de Daniel Wilson

Récit

Nous sommes au XXIe siècle et, soyons honnêtes, notre environnement est plutôt décevant. En dépit de toutes les prédictions des visionnaires qui se sont succédés, nous sommes loin de vivre le futur qu'ils nous promettaient. Nous étions supposés être libérés des microbes et des codes vestimentaires, nous déplacer en modules volants, partir en vacances sur la Lune et avoir à notre service une armée de robots. Dans ce livre humoristique, Daniel Wilson nous présente ces technologies du futur qui nous font rêver, où les trouver ou, à défaut, comment les réaliser soi-même. Lorsqu'elles n'existent pas encore, il nous explique pourquoi. De la téléportation aux systèmes de traduction automatique, ce petit guide nous parle du monde tel que nous aurions voulu qu'il soit.

Impression

Ce livre part d'une bonne intention : réaliser un état des lieux entre ce que nous présentaient la SF de Papa et Maman et la réalité.
L'idée m'a bien plu, notamment, me disais-je si une explication des éléments bloquants était donné.

Hélas, la lecture s’apparente plus à un catalogue à la Prévert où l'auteur nous assène régulièrement des blagues pas très drôles sur les clichés de la SF. Pourtant partisan de l'humour pourri, je dois dire qu'à la longue, c'est lassant.

Côté thème, on fait effectivement un vaste tour des promesses de la SF. Le choix s'est principalement focalisé sur des technologies qui sont globalement à portée, mais loin d'être mature. Un parti pris, qui évite de faire une vraie enquête sur l'état réel des choses.
Car il faut bien le dire, si nous sommes très en retard sur les voitures volantes, a contrario, on est sacrément plus avancé sur la partie informatique par exemple.

Plutôt que de prendre objet par objet, il aurait été plus intéressant de s’appesantir sur des champs de la science, en faisant ensuite un focus sur certains éléments.

Heureusement, que l'ensemble est très bien illustré, dans un style épuré.

Note

Un 06/20 pour ce livre. Je n'ai pas trouvé grand intérêt à ce livre, dont l'humour au ras des pâquerettes est très vite lassant, car présent sur l'ensemble du livre. Les recherches faites sont somme toute peu intéressante à part pour quelques objets... bref, une grande déception.

Le Réveil des hommes blancs de Christian Léourier

Le Réveil des hommes blancs de Christian Léourier

Récit

Éclairée par trois soleils, la planète Teirstern connaît de fortes variations climatiques au fil des siècles. 
C’est cependant sur cet astre que les humains ont implanté une colonie, une première génération avant un peuplement plus important. La vie y est inhospitalière, les plantations peinent à pousser, mais tout semble aller dans la bonne direction. Sauf que… les humains ne sont pas seuls sur Teirstern. Tout laisse à croire qu’une autre race l’habite…

Impression

À mes heures perdues, je suis tombé sur cette nouvelle. Ne connaissant l'auteur que de nom, je me suis laissé tenté afin de découvrir son style.
Malheureusement, cette lecture ne m'a pas marqué particulièrement, ce qui va réduire significativement la longueur de cette critique.

Sans être mal écrit, le scénario de cette nouvelle est relativement aisé à comprendre. Le seul mystère étant principalement comment ces hommes blancs ont-ils réussis à "dormir".
De ce fait, l'attrait pour cette nouvelle était relativement faible, si ce n'est découvrir le style de l'auteur. Ce dernier ne m'ayant pas paru déplaisant, je testerai à l'occasion son cycle des Lanmeur, univers dans lequel cette nouvelle prenait place.
Une certaine déception donc.

Note

Un 10/20 pour ce livre. Bien que la lecture ne m'ait pas particulièrement enthousiasmée du fait de la faiblesse du scénario (peu de suspens, le titre de la nouvelle donnant la teneur de cette dernière), elle n'a pas non plus été rebutante, et le style d'écriture, somme toute clair et simple, m'a fait terminé cette lecture sans problème.

Manhattan à l'envers de Peter F. Hamilton

Manhattan à l'envers de Peter F. Hamilton

Récit

Pourquoi une espèce extraterrestre supposée non intelligente s’est-elle attaquée aux colons humains sur Menard, l’un des mondes accueillant les citoyens du Commonwealth intersolaire ? 
Comment expliquer un acte de terrorisme futuriste, dont l’auteur possède un alibi insoupçonnable et qui cache des manipulations aussi bien politiques que philosophiques à l’échelle planétaire ? 
Peut-on gagner l’immortalité en voyageant dans le temps ?
Voici certaines des énigmes que devra résoudre Paula Myo, la célèbre enquêtrice génétiquement modifiée du Conseil intersolaire des crimes graves…
À travers ces sept nouvelles, dont cinq inédites, réunies pour la première fois, découvrez l’univers foisonnant et la verve unique de l’un des plus grands noms de la science-fiction moderne.


Impression

Première fois que je découvre cet auteur que j'adore sous forme de nouvelles. Je craignais un peu l'expérience. En effet, si vous êtes coutumier de cet auteur, dire qu'il ne sait pas écrire de petit roman est une litote... Alors s'attaquer à des nouvelles...

Et bien, je n'avais pas tout à fait tord. En effet certaines de ces nouvelles sont particulièrement longues. Par exemple En regardant pousser les arbres ne fait pas moins de 127 pages de l'édition poche. On se rapproche presque plus du petit roman que de la nouvelle.

Passé cela, dans l'ensemble ces lectures m'ont bien plu. Mais, il faut quand même que je précise que ce qui m'a bien plu, tient sûrement plus dans le fait que je connais très bien l'univers créer par Peter F. Hamilton, étant fan de ses écrits, et du fait de retrouver tantôt Paula dans ses enquêtes, ou de trouver des explications / compléments à l'univers de ses romans.

Rapidement nouvelle par nouvelle nous avons :

En regardant pousser les arbres

Superbe enquête à travers le temps. J'ai vraiment été enthousiasmé par l'atmosphère et la tournure de cette enquête. Et même si le "coupable" m'a semblé évident très tôt, la découverte du motif était très intéressante. Cela étant dit, la longueur de cette nouvelle fait que Peter a pu poser une atmosphère comme il sait si bien le faire. Sans doute la nouvelle qui rend le mieux hommage à ses qualités d'écrivain.

Un électorat qui marche

Sans doute la nouvelle qui m'a le moins plu où l'on suit une famille qui se déchire entre espoir et conviction. La chute est belle, mais le récit n'a pas su me transporter.

Si du premier coup…

Voyage temporel dans cette nouvelle très bien amenée. Nouvelle pour le coup courte qui laisserait place à beaucoup de développement, mais le cœur de l'histoire y est, et réussi à nous raconter cette histoire en allant droit au but. Libre au lecteur d'imaginer les différents aspects supplémentaires autour de cette colonne vertébrale.

Le chaton éternel

Pour le coup, une vraie nouvelle courte, avec une structuration classique. Très touchante et bien amené.

Le piège à démons

Une enquête de Paula Mio qui se suffit à elle même. Bien que la limitation d'une nouvelle enlève une partie de la force de l'enquête, elle débouche sur des éléments que j'ai trouvé fort sympathique et est un bon complément à l'univers de l'Étoile de Pandore.

Manhattan à l’envers

De nouveau une enquête de Paula Mio. Pour le coup, le "décor" se passe réellement après l'Étoile de Pandore. J'ai bien aimé cette enquête, un peu désaxée par rapport à ce qu'on a l'habitude d'avoir avec Paula dans les parages. Par contre, il est clair que l'on passe à côté de l'ensemble de la nouvelle sans avoir lu a minima la tétralogie de l'Étoile de Pandore, voire la trilogie du Vide qui songe, car la nouvelle se base clairement sur la psychologie de Paula... qui n'est pas / ne peut pas être résumé en quelques lignes.

Béni par un Ange

Encore plus que la précédente, cette nouvelle ne peut pas être comprise sans la lecture de la trilogie du Vide qui songe. En effet, cette nouvelle n'est que la description d'un événement qui est vaguement connu dans cette trilogie. De fait, sans cette lecture, les notions de Protectorat, de culture avancée et haute ne peuvent être comprises. Pis, la fin est un véritable clin d’œil aux lecteurs de la trilogie. Sans ces clefs, impossible de l'apprécier à sa juste valeur. C'est clairement une nouvelle dédiée aux fans et qui ne fonctionne que pour eux.

En résumé

Somme toute, une lecture agréable, même si elle se situe clairement un ton en dessous de ce que nous propose habituellement cet auteur. Clairement le « manque d'espace » se ressent pour cet auteur qui prend toujours son temps à poser un univers avant de faire démarrer réellement l'intrigue.
À conseiller pour ceux qui veulent compléter la découverte de l'univers créer par Peter, mais clairement pas comme une première entrée en matière. La moitié du plaisir que j'ai eu à lire ces nouvelles serait alors inopérant faute de background.

Note

Un 14/20 pour ce livre. Un grand plaisir à retrouver l'univers déjà créer par Peter F. Hamilton, ainsi que quelques nouvelles où il a su poser une atmosphère agréable. Reste qu'une grande partie de ce plaisir impose la lecture de la tétralogie de l'Étoile de Pandore et de la trilogie du Vide qui songe sinon les clefs de compréhension / références manquent cruellement. Pas un livre pour entrer dans l'univers de Peter F. Hamilton, mais bien en complément.

Janus de Alastair Reynolds

Janus de Alastair Reynolds

Récit

En 2057, Janus, une lune de Saturne, quitte soudain son orbite. 
Unique vaisseau alentour, le Rockhopper, propriété d’une compagnie minière qui exploite la glace des comètes du système solaire, est le seul véhicule spatial capable d’intercepter la course du satellite avant que ce dernier ne quitte définitivement le système solaire. 
En acceptant d’interrompre sa mission de routine pour effectuer une courte exploration de Janus, le capitaine Bella Lind et son équipage s’embarquent dans une aventure qui mettra à rude épreuve leur cohésion.Car, en réalité, Janus n’est pas une lune, mais un artefact extraterrestre qui leur réserve bien des surprises…

Impression

Pour commencer, sachez que je suis un inconditionnel de cet auteur de Hard-Science, bien que je l'ai toujours jugé difficile d'accès dans ses précédents écrits.

Mais tout d'abord, pour ceux et celles qui connaissent de réputation cet auteur, qu'ils se rassurent. En effet contrairement à ses autres livres où l'aspect scientifique est extrêmement poussé, et nécessite de très bonnes connaissances en sciences, ici l'auteur s'est rendu bien plus accessible.
Ne vous attendez pas non plus à un roman sans sciences.

Bien au contraire, fidèle à son habitude, l'ensemble du livre se base sur des concepts physiques. Toutefois ici, ils sont très bien expliqués, ce qui les rendent bien plus accessibles.
Toutefois, il me semble profitable d'avoir quelques bases en sciences, ou à tout le moins de pouvoir s'y immerger un peu, car certains concepts clefs de ce livre se basent dessus.
Ainsi des connaissances (de base) sur le principe d'action / réaction, sur la relativité du temps aux vitesses relativistes sont à mon sens nécessaires. Cela dit, la consultation d'un article de wikipédia sera amplement suffisante. Mais si toutefois cet effort vous semble insurmontable, passez votre chemin, sinon vous manquerez de comprendre certains points clefs, et vous sentirez parachutés dans l'histoire.
Pour résumer, il s'agit d'un livre Hard-Science, mais très accessible.

Maintenant que ce premier aspect a été abordé, plongeons nous dans l'histoire.
Ce livre se rapproche assez d'un 2001 l'odyssée de l'Espace, dans le sens où on part en exploration, vers l'inconnu (et au delà).

Nous sommes dans le futur (je n'ai plus la date en tête, mais peu importe), où la technologie actuelle a été suffisamment développée pour que la conquête du système solaire puisse se faire, mais pas plus.
Prenez la technologie actuelle, extrapolez un peu à ce dont vous auriez besoin pour faire voler des vaisseaux, et hop, vous ne serez absolument pas dépaysés. Pas de capacités surnaturelles attribuées à l'humanité par le développement d'une nouvelle technologie essentielle, etc. Non, on se retrouve en terrain "presque" connu et ça fait du bien :-)

Le début de l'histoire est simple : le Rockhopper (vaisseau spatial destiné à l'exploitation des comètes) et son équipage doivent se détourner de leur mission première pour aller explorer, le peu de temps qu'ils pourront, Janus, une des lunes de Saturne, qui vient de prendre la tangente.
Huit-clos sur fond d'étoiles. Exploration d'un "nouveau monde". Drames et découvertes. Ambitions et cohésions. Voila ce qui rythme les pages de ce roman. Une véritable expédition, digne des aventures de Christophe Colomb dans l'espace à la découverte de Janus et de ses secrets.
Psychologie des personnages fouillée, ambiance particulière, survie nécessaire. Un très bon cocktail qui font que ce livre se déguste page par page au fil des différents rebondissements qui s'y opèrent.

Note

Un 18/20 pour ce livre proposant de la Hard-Science accessible. Exemple même d'aventure et d'exploration, ce livre est envoutant. Ne prenez pas peur de la grosseurs de ce livre, il se lit bien et vite.

La voie des furies de David Weber

La voie des furies de David Weber

Récit

"Tu es en train de mourir, murmura la voix, et j’en ai appris davantage sur la mort que je n’aurais cru possible. Alors dis-moi… es-tu sérieuse ? Serais-tu réellement prête à tout donner pour te venger ? — Tout ! hoqueta Alicia. — Pèse bien le pour et le contre, petite. Je peux t’offrir ce que tu veux… mais le prix en sera… toi-même. Es-tu disposée à payer aussi cher ?" 
Ainsi le capitaine Alicia DeVries, du Cadre impérial, survit contre toute raison à la destruction de son monde natal et au massacre de sa famille au cours du raid de mystérieux pirates. Et elle ne vivra plus que pour la vengeance. 
Mais qui l’a sauvée ? 
Pour quelle rétribution ? 
Dans la longue quête qui doit la mener aux têtes pensantes d’un gigantesque complot contre l’Empire, mise au ban de la Flotte, confrontée à des trafiquants de tout poil, Alicia découvrira ce qu’il en coûte d’emprunter la voie des Furies.

Impression

Il faut croire qu'en ce moment, la mythologie me rattrape même quand je ne l'attends pas.
En effet, après le diptyque d'
Ilium / Olympos de Dan Simmons, la voie des furies fait elle aussi apparaître un personnage mythologique qu'est la furie Tisiphone (la furie de la Vengeance).
Alors, évidemment, rien à voir avec ces précédents livres, si ce n'est que la présence de Tisiphone.

Ce livre débute au staccato des mitraillettes... et le rythme sera ainsi martelé tout le temps du livre. Peu de temps mort, alternance d'action, de politique et d'infiltration. On s'y accroche, et on n'en démord pas.

Ce livre commence par une attaque pirate "sans foi ni loi", comprendre que viols, exactions, et massacres sont de mises.
Seulement voilà, Alicia DeVries, une de nos trois héroïnes, va quasiment voir se faire massacrer sa famille. Manque de bol pour les pirates, elle appartient au Cadre impérial, sorte de forces spéciales de l'Empire allaités aux augmentations bio et cybernétiques.
Toutefois, malgré son entrainement, et vu qu'elle est prise au dépourvue, dérouillé les 25 pirates à elle toute seule, ça passe... mais en y laissant la vie au passage.

Et c'est là qu'intervient Tisiphone, demi-déesse de la Vengeance, qui attirée par la soif de vengeance (justement) de la mourante lui passe le deal de la faire survivre pour réaliser sa vengeance... au prix de son âme (ou quasiment).

On suivra donc la quête d'Alicia pour retrouver les responsables de ces actes barbares.
Et il s'avère que les pirates ne sont pas forcément ce qu'ils paraissent, entrainant cette quête de vengeance dans des situations de plus en plus explosives dans la mesure où la politique y va de sa petite pâte.

Pour les fans de David Weber et d'Honor Harrington, vous aimerez sans aucun problème.
SF militariste, règles d'engagement et possibilités techniques sont de mises, même si la technologie et l'univers ne sont pas ceux de celui d'Honor. Amis rétifs aux explications technologiques, abordez ce livre avec précautions. Pas d'explication nécessitant un bagage scientifique particulier, toutefois les conséquences des quelques principes présentés sont le cœur même des combats spatiaux... ce qui en fait un élément à comprendre pour bien appréhender la tournure du livre (comme c'est le cas dans l'univers d'Honor Harrington somme toute).

Ajoutez y une touche d'humour (principalement dans les échanges entre les différents habitants d'Alicia) et cela s'avale tout seul.

Au final, une très bonne lecture même si l'histoire se déroule de manière assez linéaire. Toutefois l'idée de base du roman est intéressante et bien exploitée.

Note

Un 17/20 pour ce livre qui nous accroche et ne nous relâche plus jusqu'à la fin. Du rythme, de l'humour, pas de longueur. Avec un petit bémol pour le scénario qui se déroule de manière assez linéaire.
Toutefois on y croit et cela reste une très bonne lecture.

L'accroissement mathématique du plaisir de Catherine Dufour